CRITIQUE

Usages: dérapages incontrôlables

Le portrait de la pièce est dévastateur et... (Photothèque Le Soleil)

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Le portrait de la pièce est dévastateur et il serait désespérant sans l'humour corrosif d'Amélie Bergeron, qui signe texte et mise en scène.

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(Québec) Un samedi soir. Un bar. Trois jeunes âmes en peine. On sait que ça va mal finir. Pas dans la tragédie. Non, dans les petits drames des abus et des dérapes incontrôlés et incontrôlables exacerbés par l'alcool et le désir. Avec Usages, Amélie Bergeron plonge dans un hyperréalisme intense et cru, parfois très drôle, qui met à nu la grande solitude de ceux qui ne font pas partie de la «gang».

Trois adulescents, donc. Kevin (Simon Lepage), le douchbag amoureux de la blonde de son meilleur chum. Olivier (Marc Auger Gosselin), geek pathétique qui passe trop de temps à jouer en ligne. Et Michelle (Monika Pilon) qui rêve d'être pétard d'un soir dans sa petite robe sexy

Ils ne sont pas sur le party, loin de là. Ils se font carrément chier. Mais comme tout le monde a l'air de s'amuser, ils vont s'entêter. Pour se prouver qu'ils existent. Oublier la monotonie de leur vie.

Le portrait est dévastateur et il serait désespérant sans l'humour corrosif d'Amélie Bergeron, qui signe texte et mise en scène. Elle expose toutes les petites bassesses de la condition humaine, celles qui reposent sur les mensonges, les moqueries, les bêtises, le machisme, les stéréotypes intégrés, mais qui cachent souvent un mal de vivre.

Amélie Bergeron renoue avec un bar, dans un tout autre genre et un tout autre registre que Jusqu'à la lie, sa première pièce. Pas d'affrontement ici, au contraire : les protagonistes monologuent à tour de rôle, bien que leurs voix se répondent et se superposent parfois. Ils évoluent dans le même huis clos, se voient parfois, mais ne se parlent pas - Usages est surtout une pièce sur l'incommunicabilité et le mal-être qui en est à la source.

Le lieu s'y prête avec sa musique boum-boum qui empêche toute conversation  (mise en sourdine pendant que les acteurs parlent). La scène est d'ailleurs une simple piste de danse, avec trois portes de toilettes.

La mise en scène est simple et efficace, axée sur le texte et le rythme de celui-ci, qui faiblit rarement. Mis à part un numéro de danse lascive de Monika Pilon absolument hilarant dans son usage des clichés de danseuse. D'ailleurs, le trio d'acteurs fait des étincelles. Ils en font parfois un peu trop, mais leur interprétation est dans la note de cette comédie dramatique qui ne met pas de gants blancs.

La finale, un peu trop scatologique à mon goût, s'avère un peu décevante, sans gâcher l'ensemble. Bergeron verse parfois dans l'excès, mais sa démonstration est éloquente. La langue, à grands coups de sacres et de fuck, est vulgaire, mais vivante. Il y a clairement une filiation entre son théâtre et celui de Fabien Cloutier. Pas seulement dans l'usage du vernaculaire de ces jeunes, mais aussi dans la volonté de mettre en scène le vrai monde (comme chez Michel Tremblay). Le genre qui ne laisse pas indifférent.

La pièce Usages demeure à l'affiche jusqu'au 2 mai, à Premier Acte.

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