CRITIQUE

Le Journal d'Anne Frank: une oeuvre lumineuse

Mylène St-Sauveur, que l'on voit ici avec Paul... (Photo fournie par Yves Renaud)

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Mylène St-Sauveur, que l'on voit ici avec Paul Doucet, rend à merveille le personnage d'Anne Frank.

Photo fournie par Yves Renaud

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(Québec) Morte à 15 ans en 1945, la Juive Anne Frank a laissé derrière elle un héritage immense. Un journal intime dans lequel elle raconte ce qu'elle a vécu alors qu'elle se cachait des Allemands. Déjà adaptée au théâtre et au cinéma, l'histoire de l'adolescente est tombée cette fois dans les mains habiles de l'auteur Eric-Emmanuel Schmitt, qui en a fait une version scénique bouleversante, présentée lundi à la salle Albert-Rousseau.

L'auteur français a fondé son propre théâtre de 400 places à Paris, le Théâtre Rive Gauche, pour créer Le journal d'Anne Frank en septembre 2012. C'est dire à quel point ce projet lui tenait à coeur. On sent à travers son écriture toute l'affection qu'il porte à cette adolescente sensible, naïve, ambitieuse, arrogante et insolente à ses heures, disparue il y a 70 ans.

Des images en noir et blanc projetées sur un écran au fond de la scène et la musique, composée par Jorane, nous replongent dès les premiers instants dans l'esprit de l'époque. Des années tristes, grises.

Rentré d'Auschwitz sans sa femme, Otto Frank se présente chaque jour à la gare dans l'espoir de revoir ses filles, Anne et Margot. Il finit par apprendre qu'elles sont mortes du typhus, il y a quatre mois, dans un camp d'extermination nazi. «Deux petites croix sur une liste», illustre-t-il.

Sa secrétaire Miep lui remet alors le journal intime qu'Anne a commencé à écrire à 13 ans. Elle y raconte ce qu'elle a vécu pendant les deux années où elle se cachait des Allemands avec sa famille et des amis dans un petit local au coeur d'Amsterdam qu'elle baptise L'Annexe.

Elle couche d'abord sur papier sa joie d'être en sécurité, sa façon de réussir à être heureuse même si l'horreur est partout autour d'elle, puis son envie de liberté, d'air pur, sa relation froide avec sa mère, l'amour qu'elle porte à son père, ses premiers désirs d'adolescente. Au fil des pages, la misère et la peur prennent le dessus sur son innocence, même si elle dit toujours croire à la beauté des hommes.

La voix comme arme

Le décor de la pièce divise la scène en deux étages, ce qui permet de séparer efficacement les époques. Il dynamise aussi la mise en scène de Lorraine Pintal puisque la pièce se déroule essentiellement en huis clos.

Malgré la tristesse de l'histoire, Eric-Emmanuel Schmitt a réussi à faire du Journal d'Anne Frank une oeuvre lumineuse, humaine. L'humour est présent, surtout grâce au couple flamboyant d'Augusta et d'Hermann Van Pels, joué avec brio par Marie-Hélène Thibault et Jacques Girard.

Mylène St-Sauveur rend à merveille le personnage d'Anne, un rôle fort par la portée qu'il a encore aujourd'hui. Son père dira d'Anne qu'elle a laissé une arme efficace, douce, humaine, rayonnante : sa voix.

Présenté au Théâtre du Nouveau monde à Montréal en début d'année, Le journal d'Anne Frank n'était à Québec que pour un soir. La pièce poursuit sa tournée à Valleyfield, Drummondville, Gatineau et Terrebonne.

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