CRITIQUE

Le prénom: habile crescendo

Patrice Robitaille et Isabelle Vincent évoluent au sein d'une... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Patrice Robitaille et Isabelle Vincent évoluent au sein d'une solide distribution, dirigée efficacement par le metteur en scène Serge Denoncourt.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Tout débute par une mauvaise blague dans un souper de famille. Puis ça s'envenime, ça dérape, les vérités et les insultes fusent, jusqu'au point de non-retour. Le prénom est une comédie grinçante construite en crescendo, portée par une solide distribution et une direction d'acteurs efficace de Serge Denoncourt.

Le texte, déjà, est explosif. Il a beau être signé par les Français Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, on entend surtout l'adaptation québécoise de Maryse Warda. Les noms, les lieux et les références culturelles ont été changés avec beaucoup d'à-propos.

Cinq personnages entrent en piste pour ce qui ressemble, du moins au début, à une soirée tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Pierre (Christian Bégin) et Élizabeth (Isabelle Vincent) reçoivent à souper leur ami Claude (Gabriel Sabourin).

Patrice Robitaille, plein d'assurance, agit d'abord comme narrateur, avant d'endosser le rôle de Vincent, le frère d'Élizabeth, qui décide de faire réagir l'assemblée en annonçant qu'il appellera son fils à naître Adolphe. Le beau-frère entend Adolf (Hitler), s'insurge et piaffe. Christian Bégin se permet même quelques pointes d'hystérie, qui lentement font monter la tension.

On argumente, sans lourdeur, sur l'importance des apparences, du conformisme, en osant faire des références littéraires et historiques qui ne sont pas systématiquement tournées en ridicule. Bref, on ne prend pas le public pour un con.

La blague du faux prénom semble anodine, inoffensive, mais elle est pourtant l'élément déclencheur de l'impressionnant déversement de fiel qui suit l'entrée en scène d'Anna (Catherine-Anne Toupin), la future mère.

Il y a tant de vérités à taire et de tensions étouffées dans une cellule familiale... Les choix de l'un, les défauts de l'autre. Jusqu'à ce que la discussion entraîne les protagonistes dans des zones minées et plus profondes.

Le gentil Claude, dont ils s'amusent férocement, fait des révélations qui bousculeront toute la famille, alors qu'Élizabeth, ménagère pleine de contrôle, explose dans une monumentale crise qu'elle retient depuis plus de 10 ans, une de ces crises à la Albertine dans Thérèse et Pierrette à l'école des Saint-Anges qui suscite presque automatiquement des applaudissements.

Malgré les nombreuses représentations déjà données, les comédiens ont conservé une vérité et un entrain qui permettent d'accepter les réactions plus caricaturales en fin de spectacle. On y voit des écarts plausibles en situation de crise, l'effet logique d'un crescendo habilement mené, qui nous laisse avec quelques idées à mijoter en sortant de la salle.

La pièce est à nouveau présentée mercredi soir à la salle Albert-Rousseau.

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