Les menteurs se donnent rendez-vous à Québec

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Québec sera le théâtre, du 27 au 29 mars, de la Grande fin de semaine de la menterie, une compétition publique.

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(Québec) Les journalistes sont habitués aux demi-vérités, aux omissions, aux mensonges blancs, à se faire mener en bateau, même. Mais comment se fier au propos de son interlocutrice quand elle est la reine des menteuses? Surtout quand elle dit qu'il «faut en prendre et en laisser» en riant? Hum. Commençons par nous en tenir aux faits : Québec sera le théâtre, du 27 au 29 mars, de la Grande fin de semaine de la menterie, une compétition publique.

Yolaine retournera cet été défendre son titre. ... (Photo Alistair Hair) - image 1.0

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Yolaine retournera cet été défendre son titre.

Photo Alistair Hair

L'événement existe depuis cinq ans, semble-t-il, mais il n'a jamais eu cette ampleur. «C'est la première fois qu'on passe une fin de semaine à beurrer épais», explique Yolaine, conteuse de son état, reine du mensonge et, accessoirement, organisatrice de ce happening.

Dix conteurs s'affronteront dans des joutes contées, des concours de menterie et autres fausses chroniques [un genre bien connu de la gent journalistique...] pour gagner le trophée du meilleur menteur décerné par les juges et le public. Les politiciens sont écartés d'emblée pour cause de dopage. Le coup d'envoi sera donné vendredi, à 20h, de la salle la Galerie d'art Baron Lafrenière (66, rue du Sault-au-Matelot).

Démystifier les performances du conteur

Le concours se déroule d'ailleurs pour la première fois en salle, victime de sa popularité (il se tenait avant dans un bar). «On a réalisé que le public et les médias s'intéressaient plus à la menterie. Il y a un côté plus léger, qui ne fait pas peur. Il y a des gens qui ont beaucoup de préjugés par rapport au conte. Ils ont peur que ce soit plate, que ce soit lourd, que ce soit le gars en chemise de chasse qui nous fasse encore La chasse-galerie avec un accent de bûcheron.»

Yolaine ne s'en cache pas, une telle activité peut servir à démystifier les performances du conteur. «Ça permet d'aborder la chose de façon plus légère, mais sans que ce soit strictement un spectacle d'humour.» Ce qui démontre leurs capacités à captiver un public et à interagir avec celui-ci. On s'en doute, les athlètes du mensonge se laissent une bonne marge, à des degrés divers, pour se nourrir des réactions. Contrairement au théâtre, il n'y a pas de quatrième mur.

«Laisser place à l'improvisation, ça fait partie du jeu. Ça dépend de l'expérience et de la personnalité du conteur. Ce qu'on maîtrise, c'est la structure. On sait qu'on s'en va de tel endroit à tel endroit et il y a tels éléments qui se passent en chemin. Le reste est flexible. Ce n'est pas du par coeur. Ça évolue et ça fait partie de la magie de ce jeu-là.»

Ceux qui ne se laissent pas de marge de manoeuvre risquent de le payer cher. Dans le tournoi de la Grande fin de semaine de la menterie, ils sont cinq à chaque épreuve à tenter de conquérir le coeur de la foule, mais pas celui des juges qui, selon la légende, n'en ont pas.

«Ceux qui fixent trop leurs choses, s'il y en a un qui tricote beaucoup plus avec les réactions du public, l'autre arrive et c'est un plus grand défi parce que les gens peuvent être chauffés à répondre. Mais on ne peut pas tout prendre, il faut trier. Des fois, il y en a qui pousse des choses et c'est "heu, non, ça je ne vais pas le relever", mais d'autres fois, c'est vraiment le fun parce que toutes sortes de choses peuvent se passer dont on va se servir pour agrémenter la prestation», explique Yolaine.

Maître menteur couronné

Donc, les juges choisiront les quatre meilleurs fabulateurs lors des demi-finales qui se dérouleront samedi et dimanche, en après-midi. Ceux-ci auront une carte blanche pour la soirée de clôture, dimanche soir, qui couronnera le maître menteur. «On les récompense en les faisant travailler plus», rigole Yolaine.

Malheureusement, la reine des menteurs 2014 ne participera pas. Ses tâches à l'organisation, «c'est suffisant». Parce que même si c'est une partie de plaisir pour tout le monde, on ne s'improvise pas affabulateur. L'histoire est remplie de menteurs qui se sont fait prendre les culottes à terre, au propre comme au figuré...

En passant, j'espère que vous n'avez pas cru qu'on vous révélerait réellement toute la vérité sur la menterie!

Pour les détails sur la programmation : www.lesamiesimaginaires.ca. Pour vrai.

Le roi des menteurs est une reine

A beau mentir qui vient de loin, dit-on. Surtout quand on est une fille de Québec au Festival international de menteries à Moncrabeau. Yolaine s'est fait passer pour une métisse. Elle a tellement bien emberlificoté les académiciens qu'elle a été élue sur le trône l'an passé. Et les Français étant ce qu'ils sont, la conteuse hors pair a obtenu le titre de... roi des menteurs!

«Ils ne s'attendaient vraiment pas à ce que ce soit une femme», ironise-t-elle. Vrai qu'il y a presque exclusivement des menteurs dans la confrérie [sans commentaire]. Mais Yolaine n'avait pas trop d'attentes non plus. La compétition originale se déroulait entre sa participation à deux festivals. Elle s'y est inscrite pour suivre les pas d'Éric Michaud, premier non-Européen à triompher en 2010, et de Lucie Bisson, qui a terminé deuxième un peu plus tard...

La clé : faire douter

Tout un exploit quand on sait que la conteuse est arrivée à la menterie seulement en 2013. «J'avais l'impression que je n'y toucherais pas. Ça me faisait peur. C'est un concours de degré de divertissement. La clé, c'est de faire douter. Je me suis fait passer pour une métisse, ce que je ne fais pas au Québec, ce n'est pas crédible. Mais en France, ils sont tellement contents d'en voir une qu'ils y croient», rigole la femme de 38 ans.

Le Festival se déroule depuis une quarantaine d'années. Mais son vote répond à un rituel du XVIIIe siècle : chaque académicien, muni d'une salière et d'une cuillère en bois, verse deux à dix cuillères de sel en fonction de sa perception de la menterie. Le sel recueilli est remis aux «Ingénieurs des poids et mesures» pour la pesée. Celui qui récolte le plus de poids de sel est sacré roi des menteurs de l'année.

Yolaine retournera cet été défendre son titre. À quel point est-elle bonne? Elle s'est servie de son expérience comme guide touristique, dans une autre vie, pour rendre plus crédible son mensonge d'excursion en bateau. Après sa prestation, des Français sont venus lui demander de l'avoir comme guide pour leur prochain voyage au Québec... «C'est fascinant de voir jusqu'où on peut pousser la note et il y a des gens qui nous croient encore.»

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