Disparaître ici: de la pop acidulée au cauchemar

Édith Patenaude et Jocelyn Pelletier dans Disparaître ici... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Édith Patenaude et Jocelyn Pelletier dans Disparaître ici

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Disparaître ici puise dans un univers précis, celui de Bret Easton Ellis, l'auteur d'American Psycho et des Lois de l'attraction. C'est aussi la rencontre de deux univers, ceux d'Édith Patenaude et de Jocelyn Pelletier, et de leurs compagnies de théâtre, Les Écornifleuses et TectoniK_.

«Oui, on a des univers différents, mais qui peuvent converger», lance Édith Patenaude. «Pour moi, travailler sur l'oeuvre de Bret Easton Ellis offre une zone où nos deux univers se juxtaposent d'une certaine façon. On a tous les deux des intérêts dans la création, des moteurs, des pulsions qui sont semblables, mais on a aussi des qualités comme créateurs qui sont différentes, autant pour la mise en scène qu'à l'écriture, qui faisait qu'on était complémentaires», poursuit-elle.

Cette première aventure de cocréation est née d'un désir commun d'adapter l'oeuvre de Bret Easton Ellis au théâtre. «Je savais que c'était audacieux et que je ne pourrais pas m'en tirer tout seul avec ça. J'en ai parlé à Édith, et elle a vite allumé», raconte Jocelyn Pelletier. «Cet univers-là, ça joue tellement sur le narcissisme, l'individualisme et le rapport à soi, que de travailler à deux, c'est comme si tout de suite on se mettait en porte à faux par rapport à cette idée. On trouvait ça intéressant, d'autant qu'on a un point de vue féminin et un point de vue masculin», complète Édith Patenaude dans un même élan. «Étonnament, ça crée énormément de liberté. C'est fascinant. À deux, on avait la force de porter nos idées plus audacieuses», renchérit son partenaire.

S'ils sont partis du corpus de l'auteur, les deux comédiens de Québec ont construit leur propre intrigue, en utilisant les récurrences dans l'oeuvre. «On a extirpé les codes, les mécanismes dramatiques de l'oeuvre, qui est très cohérente. On a appliqué ça à un monde qui est plus proche de nous, mais auquel on a quand même donné une petite couche de brillance», explique Patenaude. «Ce sont ses thèmes, ses obsessions, mais via notre filtre et appliqués dans une autre trame que ses romans», ajouter Pelletier.

Vrai que les histoires de Bret Easton Ellis se passent dans un monde plutôt clinquant, dans des milieux riches où les jeunes dévergondés évoluent dans une société plutôt noire. «On a vraiment pogné un high à travailler sur ce projet-là. Quand on pense à Bret Easton Ellis, on pense toute de suite à quelque chose de trash, et oui, ça va loin dans certaines zones sombres, mais c'est extrêmement jouissif à travailler. Il y a vraiment un genre de plaisir pervers», soutient Édith Patenaude. «C'est vraiment de la pop acidulée. Ce n'est vraiment pas hermétique», promet son comparse.

Dans Disparaître ici, une bande de 10 amis, jeunes adultes, évoluent dans la société en tentant tant bien que mal - et surtout plutôt mal, en fait -, de trouver un sens à leur vie. Ils s'étourdissent dans le divertissement, mais font bientôt face à une série de mystérieuses disparitions, qui suivent la réception d'un snuff movie, devenu viral, dans leurs boîtes de courriels.

«Dans l'oeuvre de Bret Easton Ellis, l'intrigue génère un suspense très important, mais est somme toute assez simple, et tout n'est pas dénoué. À travers cette intrigue-là, il y a du brouillard qui s'installe», poursuit Édith Patenaude. «Ça flirte avec le fantastique, l'horreur, le gore, le rêve, le cauchemar, tout en étant un texte réaliste», ajoute Jocelyn Pelletier.

***

=> En un mot

Snuff movies › «Les snuff movies sont des vidéos, souvent pornographiques, où l'importance est surtout mise sur la violence, où il y a de la torture qui peut même mener jusqu'à la mort. L'espèce de flou qui existe autour de ces films-là, c'est que la victime n'est pas supposée être un acteur. Ces vidéos circulent donc dans des zones troubles de la société et ça coûte très cher se procurer ce matériel-là, parce qu'il s'agirait de vrais crimes», explique Édith Patenaude.

=> Vous voulez y aller?

  • Titre : Disparaître ici
  • Texte : Édith Patenaudeet Jocelyn Pelletier
  • Mise en scène : Édith Patenaude et Jocelyn Pelletier
  • Interprètes : Caroline B. Boudreau, Philippe Durocher, Gabriel Fournier, Laurie-Ève Gagnon, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Valérie Marquis, Guillaume Perreault, Lucien Ratio, Alexandrine Warren
  • Salle : Périscope
  • Dates : mardi jusqu'au28 mars
  • Synopsis : Une bande d'amis évolue dans une société où le divertissement est roi. Ils font bientôt face à une série de mystérieuses disparitions, qui suivent la réception d'un snuff movie, devenu viral, dans leurs boîtes de courriels.

La pièce «Disparaître ici» sera également présentée à Montréal, à La Chapelle Scènes Contemporaines, du 31 mars au 4 avril. 

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