La déprime: polaroïds de vie

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«Ce sont de petites scènes popcorn, comme un gros plat de bonbons dans lequel on pige», dit Bernard Fortin, au sujet des moments croqués dans une gare qui servent de trame à La déprime.

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Les gares sont des creusets d'humanité. Dans l'ennui et l'attente, on a tous déjà observé à la dérobée des inconnus. «Souvent, on capte des moments, mais on n'entend pas tout. Dans la théâtralisation de La déprime, on les entend, ces moments, on les isole. Ça devient des timbres, des polaroïds de vie», résume Bernard Fortin.

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En ramenant à l'affiche cette pièce qu'il a écrite dans les années 80 avec un collectif formé par Julie Vincent, Rémy Girard et Raymond Legault, Denis Bouchard a ressuscité une formule chorale appelée à se renouveler sans cesse. «Ce sont de petites scènes popcorn, comme un gros plat de bonbons dans lequel on pige, une grande cafétéria pour tous les goûts. On est à la fois dans Tennessee Williams, dans La petite vie, dans Ionesco...» compare Bernard Fortin.

La pièce a été écrite dans les années 80, dans une certaine morosité postréférendaire. «C'est pour ça qu'ils ont appelé ça La déprime. Mais il n'est pas question de déprime du tout, il est plutôt question de la vie de plein de monde en transit au terminus d'autobus Le voyageur, à Montréal», raconte le comédien. «On pourrait faire ça à l'urgence, n'importe où il y a plein d'êtres humains. Ce qu'il y a de bien, c'est de capter ces gens-là quand ils sont de passage, sachant qu'ils ont une vie à eux, mais dont on capte seulement un instantané.»

On y croise entre autres le destin d'un jeune homme qui doit se marier dans l'après-midi à Arvida, et qui rate son autobus; celui d'un oncle qui cherche son neveu à travers le terminal; celui d'un chauffeur d'autobus Montréal-Gaspé qui a perdu son emploi; et tant d'autres qui s'entrecroisent, le temps d'un adieu ou d'un bonjour.

Plutôt que d'actualiser la pièce, Denis Bouchard a décidé de la laisser baigner dans l'esthétique des années 80. Ce qui était à l'époque un portrait de la vie ordinaire, avec ses modes et ses coutumes, se teinte aujourd'hui d'une certaine nostalgie. «Il y a un côté vintage, album photo. Le jeu est plus moderne, la mise en scène a été revampée, mais on est dans le même ton que ces années-là. C'est le fun pour les plus jeunes aussi. On ne se l'imagine plus, mais ils n'avaient pas de cellulaires, à l'époque! Dans La déprime, il y a un personnage qui en a un gros, qui cherche des ondes à travers le terminal!» s'amuse Bernard Fortin.

Un vrai marathon

Le grand défi de La déprime, c'est la quantité impressionnante de personnages à incarner, parfois pendant quelques instants à peine. Bernard Fortin partage la scène avec Anne-Élisabeth Bossé, Pascale Desrochers et Éric Paulhus, et ils incarnent à quatre près de 65 personnages, encore plus que dans la version originale.

Denis Bouchard a rafraîchi et rajouté certains sketchs. Avec les techniques de mise en scène d'aujourd'hui, il pouvait se le permettre. «À l'époque, ils n'avaient pas d'habilleuse derrière la scène, c'était donc très laborieux. Les nouvelles techniques de costumes et les nouveaux matériaux permettent des changements ultra-rapides. C'est plus chorégraphié», précise Fortin. Ainsi, il passe parfois d'un personnage à l'autre en moins de 30 secondes, en courant dans les coulisses. «Je dois me changer facilement 60 fois pendant le show, je ne vois pas le temps passer!»

Surtout qu'il ne s'agit pas que de changer de costume, il faut aussi changer de personnage. «C'est comme si on changeait d'instrument, on ne joue pas du tuba comme on joue du picolo. Et il ne faut jamais amener l'énergie de la coulisse sur scène», renchérit Bernard Fortin. «C'est un show tonique!» Adieu, la déprime!

À l'affiche

Titre : La déprime

Texte : Julie Vincent, Denis Bouchard, Rémy Girard, Raymond Legault

Mise en scène : Denis Bouchard

Interprètes : Anne-Élisabeth Bossé, Pascale Desrochers, Bernard Fortin et Éric Paulhus

Salle : Albert-Rousseau

Dates : 1er et 2 mars

Synopsis : En 1983, dans un terminus d'autobus, la déprime quotidienne des chauffeurs, employés d'entretien, clochards, serveuses et voyageurs se transforme en véritable bouffée d'air frais.

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