L'importance d'être Constant: intelligente vacuité

Constant Worthing (Maxime Denommée, à droite) visite son... (Photo Yves Renaud)

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Constant Worthing (Maxime Denommée, à droite) visite son ami Algernon Moncrieff (Vincent Fafard), à Londres, avec l'idée de demander la main de sa cousine, dont il est follement amoureux.

Photo Yves Renaud

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Rarement aura-t-on parlé aussi intelligemment - et paradoxalement - de la vacuité. Yves Desgagnés a recréé avec une bonne dose de folie le classique d'Oscar Wilde, L'importance d'être Constant.

Dès que le rideau s'ouvre, le message est clair : sur fond de tapisseries antiques aux motifs surdimensionnés, une gigantesque tasse de porcelaine, nous dirions même une ostentatoire cup of tea, trône en reine. C'est elle qui sera le point central (et tournant) du spectacle, promontoire qui se transforme au gré des scènes avec des objets usuels (cubes de sucre, biscuits Social Tea), eux aussi surdimensionnés.

Les comédiens, quand ils se pointent sur scène, ont l'air d'être passés au rayon laser de la machine du film Chérie, j'ai réduit les enfants. Mais ils semblent très à l'aise, dans ce monde délibérément factice. 

C'est qu'au rayon des apparences, tout un chacun pense savoir tirer son épingle du jeu dans cette société victorienne aux conventions tirées à quatre épingles. Quand Constant Worthing (Maxime Denommée) visite son ami Algernon Moncrieff (Vincent Fafard), à Londres, il a en tête de demander la main de sa cousine, Gwendoline (Anne-Élisabeth Bossé), dont il est follement amoureux. Or, Algernon a débusqué la supercherie : Constant ne s'appelle pas vraiment Constant, c'est plutôt Jack, un homme droit qui vit à la campagne et s'occupe d'une pupille, Cecily Cardew (Virginie Ranger-Beauregard), mais utilise un pseudonyme pour venir s'amuser en ville. 

Algernon, lui aussi, se révèle alors le spécialiste de la double vie : il utilise lui-même un faux ami malade pour s'échapper des obligations mondaines auxquelles l'astreint sa sévère tante, Lady Bracknell (Henri Chassé), la mère de Gwendoline. Algernon poussera l'idée un peu trop loin, en se présentant au domicile de campagne de Jack, lui aussi sous le pseudonyme de Constant... où Cecily, la jeune pupille de 18 ans, tombera dans ses bras...

Le quiproquo, évidemment, enfle jusqu'à éclater. Les doubles vies, ce n'est pas fait pour durer toujours... Et les masques finissent par tomber. 

Dans cette nouvelle version imaginée par Yves Desgagnés, la traduction de Normand Chaurette s'impose comme une grande force. Il a fait un travail extrêmement habile, pour rendre la pièce fluide et intelligible, comme si elle avait été écrite dans notre langue, tout en gardant son charme british par la conservation de quelques mots anglais ici et là.

D'une certaine façon, la traduction ajoute une autre couche de sens à cette mascarade de gens qui s'inventent une nouvelle peau, ce qui accrédite le jeu exubérant. Même si les personnages, entre eux, tentent de se duper, ils n'essaient pas de nous duper, nous. Nous sommes au théâtre, et tout ce qui est devant nous n'est que représentation, savamment décriée par Wilde lui-même à travers la construction de son texte. 

Si l'enveloppe de L'importance d'être Constant est légère, et qu'on s'amuse beaucoup, il reste quand même une pointe de critique sociale qui rend le tout plus fin qu'une simple comédie de moeurs. 

La pièce L'importance d'être Constant était présentée lundi soir à la Salle Albert-Rousseau.

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