Méphisto Méliès: fantastique épopée

Au fil de vignettes habilement reliées, Elena et... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Au fil de vignettes habilement reliées, Elena et Méphisto recousent la courtepointe de la vie d'un homme entièrement consacré à son art, ardent créatif qui désire atteindre l'immortalité à travers son oeuvre.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Georges Méliès était un visionnaire. En inventant par hasard le trucage cinématographique, il a défriché avec une créativité sans borne l'univers du fantastique, un genre qui perdure encore aujourd'hui. Les théâtres Pupulus Mordicus et Motus lui ont concocté un bel hommage sous la forme d'une épopée imaginative et sensible.

Méphisto Méliès est un petit bijou où la forme et le fond se nourrissent de façon étonnante. L'idée de faire un spectacle mêlant marionnettes et personnages en chair et en os met en exergue avec brio le rapport à l'image, le vrai et le faux, l'illusion et la magie qui ont caractérisé la vie et l'oeuvre de Méliès.

Tout commence au début du XXe siècle. Elena Kobelkof, fille d'un illustre homme-tronc, retrouve de vieilles boîtes du théâtre forain de son père. Elle renoue avec des souvenirs de Georges Méliès, qui a fait des affaires avec son paternel et qu'elle admirait ardemment quand elle était petite. Quand elle tombe sur le vieux kinétographe, invention du réalisateur français, et qu'elle l'actionne par accident, un petit diablotin surgit de nulle part. C'est Méphisto Méliès, le personnage fétiche de l'artiste. 

La jeune femme et le diablotin remonteront le cours de la vie de Méliès, et de son amitié avec Nicolaï Kobelkof, le père d'Elena, qui fut un des premiers à intégrer les vues animées au programme de son théâtre forain où régnaient en maître les soeurs siamoises et autres freak shows.

Au fil de vignettes habilement reliées, Elena et Méphisto recousent la courtepointe de la vie d'un homme entièrement consacré à son art, ardent créatif qui désire atteindre l'immortalité à travers son oeuvre. Patrick Ouellet incarne avec brio un Méliès entier et sincère, mais aussi bouillant et dévoré par l'ambition.

À travers ce cheminement créatif amusant et poétique, Pupulus Mordicus et Motus déploient eux aussi une créativité remarquable. L'univers visuel est à la fois sobre et riche, constitué de quelques vieux coffres qui se métamorphosent au gré d'illusions scéniques artisanales. Le tout forme un superbe écho à la signature visuelle de Méliès. 

Théâtre noir, ombres chinoises, jeux d'échelles dans des maquettes filmées en direct et projetées sur un rideau... Les artifices déployés avec habileté par la troupe entraînent le spectateur dans une poésie qui émerveille et réveille quelque chose de notre imaginaire d'enfant. 

Quelques réserves toutefois sur la fin qui s'étire, et où cette magie visuelle s'estompe pour laisser place à un sentimentalisme un peu trop appuyé. Ce n'est pas l'invraisemblance qui agace, parce qu'elle teinte tout le spectacle de son mystérieux attrait. C'est plutôt que l'étincelle qui s'était animée en même temps que le kinétographe en début de spectacle s'éteint soudain, laissant le charme un peu brisé. 

Malgré tout, on retiendra Méphisto Méliès comme un fabuleux voyage visuel et poétique, non pas dans la Lune, mais au coeur d'une époque où tout était encore à inventer.

La pièce «Méphisto Méliès» est présentée jusqu'au 31 janvier au Périscope.

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