Ève Landry: fille de clans

Partout où elle va, Ève Landry sait s'entourer.... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Partout où elle va, Ève Landry sait s'entourer. C'est un art, mais aussi un besoin pour celle qui a dû s'éloigner de sa précieuse famille pour vivre du métier qui la fait vibrer.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) C'est dans la peau de Jeanne Biron, une dure à cuire d'Unité 9, que les Québécois l'ont connue... et adoptée. Le succès fulgurant du téléroman a propulsé Ève Landry dans le club sélect des chouchous du public, une promotion qui ne s'est pas passée sans heurts. Le Soleil a discuté célébrité, famille et théâtre avec la native de Saint-Pascal-de-Kamouraska, qui sera de passage à Québec sur les planches du Trident dans Dans la république du bonheur, une pièce de Martin Crimp qui risque de ne pas laisser indifférent...

Quand Le Soleil a croisé Ève Landry, en route vers le rendez-vous pour l'entrevue, elle était arrêtée en plein coeur de Saint-Roch, en discussion avec une amie comédienne de Québec, croisée là par hasard avec son conjoint et leur bébé dans une poussette. Le rendez-vous, lui, était donné au restaurant Patente et Machin, que le frère d'un ami d'école a bien voulu nous ouvrir le temps de l'entrevue.

Partout où elle va, Ève Landry sait s'entourer. C'est un art, mais aussi un besoin pour celle qui a dû s'éloigner de sa précieuse famille pour vivre du métier qui la fait vibrer.

«J'ai choisi d'habiter à Montréal, et c'est ce que je veux. Je n'ai pas le choix pour mon métier. Mais tu n'as pas idée à quel point c'est dur pour moi. Là, ça va encore, parce que mes parents ne sont pas très vieux. Mais le jour où mes parents seront plus âgés et que je voudrai m'occuper d'eux... je n'ose pas penser à ce moment-là. Mes parents étaient certains que j'allais revenir après mes études, parce que je suis une fille qui s'ennuie énormément. Au secondaire, je ne dormais même pas chez mes amies parce que je m'ennuyais trop...» confie en souriant la comédienne.

Le Bas-du-Fleuve, Saint-Pascal-de-Kamouraska pour être plus précis, ce n'est pas à la porte quand on habite Montréal. Si Ève Landry aimerait finir ses jours dans sa région natale, pour l'instant, pas question de revenir en arrière, même si l'éloignement lui pèse. C'est qu'elle a su recréer, dans la grande ville, un esprit de communauté qui lui plaît.

«Le côté "petite place", je le retrouve même plus à Montréal qu'à Saint-Pascal», renchérit-elle. «À Saint-Pascal, tu connais tes voisins, tu connais tout le village. Mais la vie de quartier, je l'ai plus à Montréal. Je connais le gars du dépanneur, le gars de la boulangerie, le gars qui me fait mon café. Je suis très sociable, c'est vrai, mais j'aime ce petit côté-là qui me vient de mon village. J'aime connaître les gens autour de moi», continue-t-elle.

L'habitude est profondément ancrée. Elle date des étés d'enfance où la jeune Ève se promenait à vélo au camping de Saint-Roch-des-Aulnaies. «J'avais un sentiment d'appartenance, je connaissais les petites rues. C'était une ville à ma grandeur d'enfant. Je me promenais là-dedans à vélo et j'avais un sentiment de fierté et d'appartenance très fort. Et j'ai toujours essayé de reproduire ça partout où je suis allée après. Moi, du moment que je connais les raccourcis d'une ville, j'ai l'impression de retrouver le même sentiment que j'avais dans mon terrain de camping.»

C'est à Sainte-Thérèse, d'abord, où elle est débarquée à l'orée de l'âge adulte pour commencer ses études théâtrales au cégep Lionel-Groulx, qu'elle a recréé son terrain de camping; puis dans différents quartiers de Montréal où elle a habité pendant ses études au Conservatoire d'art dramatique, terminées en 2007, et depuis le début fulgurant de sa carrière professionnelle. «À Montréal, ça m'a pris plus de temps, parce que c'est plus grand, mais c'est rendu ça. J'ai accepté d'être loin de ma famille, mais il fallait que je recrée quelque chose à Montréal. Je m'accroche au fait qu'éventuellement je vais y créer une famille, avec mon amoureux», explique-t-elle.

La Jeanne d'Unité 9 enfilera pour le prochain mois les habits de Madeleine, dans la pièce Dans la république du bonheur, de Martin Crimp, mise en scène par Christian Lapointe au Trident. Un premier contrat professionnel dans la capitale pour celle qui y a de nombreux amis et qui compte en profiter pour voir sa famille plus souvent, dont sa soeur enseignante qui habite la Rive-Sud.

À Québec aussi, donc, elle commence également à «avoir ses petites places» et à «connaître son monde». «C'est essentiel, sinon je ne suis pas heureuse.» C'est à pied qu'elle parcourt le chemin qui la sépare de son logement du Grand Théâtre. «J'adore marcher, j'aime faire la transition. Ça me permet de passer d'un projet à l'autre, de réfléchir», précise-t-elle.

Déjà, après quelques semaines de répétition en décembre, elle s'était fait de nouvelles marques dans le paysage, notamment dans le quartier Limoilou, où elle habite. Dans Saint-Roch, elle a ses habitudes au café Nektar, rue Saint-Joseph, et se promettait aussi de profiter du Hosaka-Ya Ramen, tout près de là. «Je suis une fan de soupe miso ramen, quand j'ai su qu'il y en avait là... Je sens que je serai là souvent dans les deux prochains mois», lance la grande brunette à la coupe garçonne.

Cinq bonheurs d'Ève Landry

Elle se dit extrêmement prévoyante, et surtout comblée de pouvoir travailler autant. «Je suis dans le rush, mais je n'ai pas l'impression de travailler. Je suis brûlée, mais je tripe tellement! Avoir la chance qu'on me fasse confiance pour des rôles comme ça, ça me fait capoter. Comme disait Janine Sutto, ce n'est pas de monter haut qui est difficile, c'est de rester là. Je ne veux pas être au top tout le long, mais je veux être dans le métier tout le long.» Dans le domaine artistique, Ève Landry est une touche-à-tout à qui tout semble sourire. Voici cinq de ses bonheurs professionnels.

L'improvisation

Ève Landry n'a jamais délaissé son premier amour, l'improvisation. Fidèle joueuse de la Ligue d'improvisation de Montréal (LIM), puis de la Ligue nationale d'improvisation (LNI) - elle fait partie des Jaunes, cette année -, elle pense pourtant de plus en plus à passer son tour... «La LNI, c'est du gros bonbon, mais je commence à être un peu essoufflée en impro. Ça fait 12 ans que j'en fais, quand même. J'ai envie d'avoir d'autres passe-temps que l'impro, j'ai envie de lire plus, j'ai envie de me remettre au volley-ball. Il faut que je me fasse de l'espace dans mon horaire pour ça. En plus, je me juge plus que je me jugeais avant. Je me regarde trop jouer.»

La télévision

La sorcière gothique Liliwatt prendra vie cet automne sur les écrans des 5 à 7 ans, à Radio-Canada, dans le monde de Salmigondis. Jeanne Biron, elle, continuera son dur combat contre ses démons dès le 13 janvier, à l'Unité 9. Si elle adore jouer les bagarreuses, une chose qu'elle ne peut jamais faire dans la vraie vie, Ève Landry annonce qu'il y a des moments très durs à venir pour son personnage. «Des grosses scènes tristes, il y en a plusieurs qui s'en viennent. Ça me demande du jus et une concentration sans nom», raconte son interprète, qui sait que ce personnage marquant lui collera à la peau pendant un bout de temps. «Ce sera à moi de refuser les rôles qui ressemblent trop à Jeanne pour casser le moule», constate-t-elle simplement. «Dans l'avenir, j'aimerais jouer une maman», ajoute-t-elle avec envie. «J'ai vraiment cette fibre maternelle en moi, ce pour quoi j'ai très hâte d'avoir des enfants, d'ailleurs. Ça m'habite depuis longtemps. J'aimerais aussi jouer une femme d'affaires très décidée.»

Le théâtre

Avec son succès à la télévision, Ève Landry aurait pu décider de se consacrer au petit écran. Pourtant, faire du théâtre reste «primordial» pour la comédienne. «Ce n'est pas du tout la même chose. Il y a une rigueur en télé, et il y a une rigueur au théâtre; ce sont deux rigueurs complètement différentes. À la télé, il faut arriver très préparé, avoir travaillé beaucoup à la maison. Au théâtre, il faut que tu sois là, tout le temps. Il faut que tu sois allumé. Il y a vraiment un vertige à mettre le pied sur la scène et se dire: "Si je ne parle pas, il ne se passe rien." Parfois, tu prends conscience de ça, et c'est vraiment épeurant. Il y a vraiment un vertige que je n'avais pas avant, et j'ai parlé à des acteurs plus âgés qui m'ont dit : "C'est de pire en pire, c'est plus épeurant de spectacle en spectacle. C'est pour ça qu'il y en a qui arrêtent d'en faire."» Outre Dans la république du bonheur, au Trident, Ève Landry sera de la distribution de J'accuse, au Théâtre d'aujourd'hui, ce printemps, à Montréal.

La musique

On l'a vue dans le rôle de Purple, une prostituée du choeur dans Le chant de Sainte Carmen de la Main, une pièce de théâtre musicale basée sur l'oeuvre de Michel Tremblay. Elle est aussi passée à Belle et bum, à Télé-Québec. Certains l'ont même peut-être vue sur une scène en compagnie des Marjo's, il y a quelques années, quand elle chantait des chansons de Marjo a capella avec des amies. «J'adore chanter. J'avais appris en regardant Star Académie, j'avais vraiment des faux plis», lance Ève Landry en riant. Des leçons au conservatoire l'ont aidée à peaufiner sa technique, mais elle estime qu'il lui en manque encore beaucoup. «M'écouter chanter, j'haïs ça pour mourir! J'ai toujours l'impression d'être la fille qui met du Céline Dion et qui se dit: "Je chante pareil!" J'ai tout le temps l'impression d'être meilleure que ce que je suis en réalité», ajoute la comédienne, qui poussera aussi la note dans Dans la république du bonheur.

La mode

Son look est souvent plus androgyne, mais Ève Landry se décrit comme une vraie «fifille». Elle est d'ailleurs la nouvelle égérie de la griffe québécoise Cokluch, une association toute naturelle pour celle qui a travaillé à la boutique Belle et rebelle pendant un an, pour éviter de se tourner les pouces entre deux contrats. «C'était super de mettre une robe sur un cintre sans penser à quoi pense la robe. Dans notre métier, on est tout le temps dans les émotions», rigole-t-elle. «Je suis vraiment une fashion victim, je le dis ouvertement. Je change ma garde-robe à tous les mois. Mais je ne vais plus magasiner, sinon ça me coûte une fortune. J'essaie d'aller dans les friperies. Ce que je porte aujourd'hui, ça vient de la friperie où ma grand-mère a travaillé à Saint-Pascal. J'essaie d'y aller chaque fois que j'y vais. Les madames qui travaillent là connaissent mes goûts, elles me disent toujours d'aller voir dans les déguisements, parce que pour elles, je m'habille fucké. Je repars avec de belles choses», raconte-t-elle. «Je suis très coquette quand je dois me préparer pour une soirée. Mais le matin, ça me prend cinq minutes. J'ai plusieurs facettes. Je peux être très gars ou très fille, ça dépend de la température», poursuit Ève Landry. C'est d'ailleurs elle qui a poussé l'équipe d'Unité 9 à lui couper - et à les couper du même coup à Jeanne Biron - les cheveux aussi courts qu'en ce moment. La réalité rejoint la fiction!

Tracer ses limites

Ève Landry semble infatigable. Passant la main dans ses cheveux, elle recense son horaire de la journée: après l'entrevue, ce sont les enchaînements au Trident, puis un aller-retour à Montréal pour engagement auprès d'un organisme, avant de revenir le lendemain à Québec pour des répétitions. Les tournages d'Unité 9 et de Salmigondis, une nouvelle émission jeunesse qui entrera en ondes en septembre prochain, continuent à travers le tout.

«Comme je fais ce que j'aime, ça compense d'être loin de ma famille. Tu n'as pas idée à quel point je suis heureuse dans ma job. J'ai un plaisir fou. Dès que je reçois un texte... Je me sens privilégiée», insiste-t-elle, ayant elle-même l'air de ne pas y croire totalement.

«Depuis que j'ai mis le pied au conservatoire, j'ai mis le pied sur un nuage. Je ne comprends pas pourquoi on me paie pour faire ça. J'ai une bonne étoile, un grand-papa et un ami qui me surveillent. Jusqu'à présent, ça a toujours bien été. Je n'ai pas eu à défoncer des portes. Tout s'est présenté, j'ai toujours fait des choix qui me ressemblaient, et ça m'a toujours bien payée. J'ai toujours eu un bon instinct, je m'écoute beaucoup. J'ai rarement regretté des décisions», poursuit-elle, touchant du bois pour que ça ne s'arrête pas.

Mais si Ève Landry se fie à sa bonne étoile, l'apprentissage de la vie publique amenée par son succès dans la peau de Jeanne Biron, dans Unité 9, ne s'est pas fait sans heurts. La petite fille sociable de Saint-Pascal-de-Kamouraska, qui a voulu devenir comédienne en écoutant des galas à la télévision, est maintenant sur ses gardes.

Quand le photographe du Soleil a voulu lui faire prendre une pose plus classique, la tête appuyée sur la main, elle a refusé en lui lançant: «Non, pas ça, c'est quétaine.» Bon joueur, notre photographe s'est amusé avec elle autrement. N'empêche que la comédienne, du haut de ses 29 ans, sait maintenant ce qu'elle veut... et surtout ce qu'elle ne veut pas.

Essais, erreurs

Ève Landry n'est pas tendre quand elle parle de certaines de ses premières expériences, surtout quand il est question des revues qui s'intéressent à la vie privée des vedettes. On comprend, à son ton enflammé, que les limites qu'elle pose aujourd'hui autour de sa vie privée ont été décidées à coup d'essais... et d'erreurs.

Comme cette fois où elle a accepté de parler un peu de sa vie amoureuse, le journaliste lui ayant promis que ce ne serait qu'un petit encadré... qui s'est finalement transformé en une de la revue. «Je comprends, je n'en veux pas au journaliste, c'est la game: si tu ne parles pas de ta vie amoureuse, tu ne feras pas le cover. En même temps, personnellement, je m'en fous un peu de faire le cover», lance-t-elle avec conviction.

«C'est la première entrevue que j'ai faite. C'était bourré d'erreurs de débutante. Toutes les robes que je porte là-dedans, je n'en ai pas choisi une seule», lance-t-elle. Surtout, ça ne correspondait pas du tout à son style, duquel s'était pourtant informée la styliste. «Je lui ai dit que je ne portais que du noir, du bleu marin et du blanc. Elle est arrivée avec une robe rouge, une bleue et des souliers jaunes. J'étais en tabar... Cette fois-là, je n'ai pas été capable de dire non à la styliste. Maintenant, je fais attention. Je dis clairement ce que je veux et ce que je ne veux pas. Je suis très directe et je n'ai pas peur d'y aller, parce qu'au bout du compte, c'est ma face qui est là! Mais reste que le nombre d'affaires que les journalistes déforment, ça me fait capoter», continue-t-elle, visiblement agacée.

Pour grand-maman

Même si elle se prête de bonne grâce au jeu des autographes et de la promotion, elle reste encore médusée par l'affection sans bornes que lui portent certains admirateurs. Elle sait surtout que ça fait partie de son métier... et que ça fait plaisir à sa famille. «J'accepte quand même ce genre d'entrevue pour ma grand-mère. Elle, ça fait sa semaine quand elle me voit sur une couverture de magazine. Et parmi les spectatrices d'Unité 9, plusieurs lisent ces revues-là. Dès que c'est pour la promotion d'un projet, j'accepte. Parce que c'est pour vendre un projet, et ça fait partie de ma job. Ça ne me dérange pas. Mais dès que ça rentre dans ma vie personnelle à moi, je n'accepte plus», tranche-t-elle.

Ainsi, pas question de se faire prendre en photo avec son amoureux - qui ne fait pas du tout partie de l'industrie du spectacle -, même s'il l'accompagne dans des événements mondains. Une question de respect. Quand elle voit sa soeur, elles ne sortent pas souvent au restaurant. «Mes parents, ma soeur, ce sont des gens réservés», précise-t-elle. De même, si elle confie sans hésitation avoir un fort désir de maternité dans les prochaines années, elle ajoute du même souffle qu'elle espère être capable de dire non à toute demande de photos durant les neuf mois de grossesse et par la suite aussi. «Si c'est fait, ce sera sans mon consentement», ajoute-t-elle.

****

Le succès... pour une bonne cause

La notoriété a aussi ses bons côtés, dont Ève Landry tire profit en appuyant différentes causes qui lui tiennent à coeur. Parmi elles, le Carrefour Parenfants, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui vient en aide aux familles démunies. Ou encore la Fondation Marie-Rollet, qui soutient la maison pour femmes victimes de violence conjugale du même nom à Québec. Sa dernière implication, c'est sur deux roues qu'elle l'a menée, pour le Tour CIBC Charles-Bruneau, qui vient en aide au centre de cancérologie du même nom.

Encore là, elle choisit soigneusement ses projets... et les gens avec qui elle travaille. «Ça revient toujours à être fidèle à soi-même. Je prends les causes qui me parlent, et qui sont menées par des gens avec qui j'aime travailler. J'ai dit non à bien des affaires. Il faut que j'aie le temps de le faire, je ne veux pas le faire à moitié. Ce ne sont pas de gros engagements; pour le bien que ça fait, ce n'est pas grand-chose», estime-t-elle.

Dans la République du bonheur: nouvelle humanité

Ève Landry est une fille de famille, mais celle dont elle fait partie dans la pièce Dans la république du bonheur est loin d'être une famille parfaite. On parle même d'un clan plutôt dysfonctionnel, dans une mise en scène complètement... éclatée.

«Toute la famille de comédiens est de Québec. David Giguère et moi, on est les deux personnes de Montréal qui viennent foutre la merde», compare Ève Landry dans un éclat de rire. «Bob et Madeleine viennent foutre la merde dans une famille qu'ils jugent déjà», poursuit-elle. Cette famille, elle est incarnée par une brochette de comédiens de Québec: Lise Castonguay, Normand Bissonnette, Denise Gagnon, Joanie Lehoux, Noémie O'Farrell et Roland Lepage. «Lui, je l'adore! C'est mon coup de coeur, je ne le connaissais pas du tout. C'est incroyable, il a carrément créé notre théâtre!» s'exclame-t-elle.

Il y a longtemps que le metteur en scène Christian Lapointe voulait travailler avec Ève Landry, et c'était réciproque. C'est maintenant chose faite: David Giguère et elle incarnent Bob et Madeleine dans la pièce de Martin Crimp, un auteur britannique qui ne fait pas dans la dentelle.

Quand le rideau s'ouvre, le décor est déjà assez éclaté, note Ève Landry. On est devant une famille qui fête Noël en Floride. Bob fait irruption pour dire à sa famille qu'il s'en va, avec Madeleine, sa femme. Avant, il veut leur dire leurs quatre vérités. «C'est trash de chez trash, mais il dit ça tout bonnement, dans une espèce de normalité», explique-t-elle.

Dans le deuxième acte, tout éclate, dans la forme comme dans le fond. Bob et Madeleine partent. Commence alors leur nouvelle vie, dictée par des règles dont on saisit des bribes.

Et ça ne se règle pas dans la troisième partie non plus. «Martin Crimp met plein de trucs en contradiction, il nous lance un tas de choses en pleine gueule et après, c'est à toi de te faire ta propre opinion. La deuxième partie du show n'est même pas distribuée! C'est juste des tirets. Il y a des chansons, mais pas d'airs. Pour Christian, ça a été un travail hallucinant de monter ça», expose la comédienne.

Elle s'attend à ce que les spectateurs du Trident soient secoués. «Il n'y a pas tant de choses à comprendre, il y a des trucs à recevoir. Il ne faut pas que les gens arrivent en disant: «Je vais tout comprendre à la fin de ce show-là», précise Ève Landry.

Pour elle, son personnage de Madeleine est d'une nouvelle espèce, pas complètement humaine. «Un peu comme dans le film Her [de Spike Jonze]. Ce n'est pas un robot, mais c'est une forme humaine qui n'est pas comme les autres. Et quand elle décide de changer de vie et de partir avec Bob, elle décide de l'assumer. C'est vraiment complexe, il faut voir la pièce pour le comprendre», soutient-elle. À bon entendeur...

***

À l'affiche

Titre: Dans la république du bonheur

Texte: Martin Crimp (traduction de Philippe Djian)

Mise en scène: Christian Lapointe

Interprètes: Normand Bissonnette, Lise Castonguay, Denise Gagnon, David Giguère, Ève Landry, Joanie Lehoux, Roland Lepage, Noémie O'Farrell

Salle: Trident

Date: 13 janvier au 7 février

Synopsis: Le repas de Noël d'une famille aux allures unies est interrompu par l'arrivée inattendue de l'oncle Bob. Mais Bob ne restera pas. Sa femme Madeleine l'attend dans la voiture. Madeleine l'a chargé de répandre en mots sa haine et son dégoût de sa propre famille avant de partir vivre son bonheur ailleurs.

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