Le dîner de cons: Oh! La boulette!

Chacun a sa réplique préférée du Dîner de cons. Marcel Leboeuf, lui,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Chacun a sa réplique préférée du Dîner de cons. Marcel Leboeuf, lui, adore dire «On a les droits!» et «Il a été contrôlé, Meneaux», dans la peau de François Pignon. André Robitaille, lui, affectionne particulièrement qualifier Pignon de «classe mondiale, peut-être même le champion du monde», dans son rôle de Pierre Brochant.

Demander aux deux comédiens leur réplique préférée en entrevue équivaut à les lancer dans une escalade sans fin sur les vertus comiques de la pièce culte de Francis Veber, que la plupart connaissent plutôt par son adaptation cinématographique. «Le titre est une vedette. Francis Veber a écrit la pièce en 94, le film a été fait en 98. Ça roule depuis. Ça montre la force de la structure théâtrale parfaite qu'on a sous la main», pense André Robitaille.

C'est avec la troupe Les Projets de la meute, dont il est le directeur artistique, qu'il a décidé de monter la pièce au théâtre Hector-Charland, de L'Assomption, où ils ont passé l'été. Dans la peau de Pierre Brochant, le comédien et animateur parcourt maintenant le Québec avec «son» con, François Pignon, interprété par Marcel Leboeuf. Myriam Leblanc, Geneviève Rochette, Jean-Pierre Chartrand, Antoine Durand viennent compléter la distribution de cette nouvelle version qui s'arrêtera pour trois soirs cette semaine, à la salle Albert-Rousseau, et un soir le mois prochain au Cégep de Lévis-Lauzon.

«J'ai joué dans Broue, dans Ladie's Night et dans Le dîner de cons. Si je fais un comparatif de rire, c'est dans Ladie's Night que ça rit le plus fort, c'est indéniable. Mais parmi ces trois pièces-là, celle où il y a une montée constante et impressionnante du rire, c'est Le dîner de cons», compare Marcel Leboeuf. «C'est un décollage. Quand ça se met à rire, ça n'arrête plus», complète André Robitaille.

Les deux font la paire dans cette histoire où Pierre Brochant (Robitaille) doit trouver un con à amener à un dîner avec ses amis. Celui qui amène le meilleur (ou le pire!) con est le vainqueur de la soirée. Brochant pense avoir déniché un vrai champion en la personne de François Pignon, un fonctionnaire du ministère des Finances passé maître dans les constructions de modèles réduits en allumettes. Quand il l'invite chez lui pour apprendre à le connaître, il se fait un tour de rein, et ce sera parti pour une belle suite de gaffes. Oh! La boulette!

Si les admirateurs peuvent s'attendre à retrouver l'essence d'une pièce qu'ils aiment tant, ils doivent toutefois être prévenus : exit l'accent franchouillard et le soccer. 

C'est plutôt l'accent québécois et le hockey qui sont de mise quand il est temps pour Pignon d'encourager à contrecoeur l'équipe qu'il déteste. «Allez l'OM!» devient «Allez les Bruins!»

«C'est le même effet théâtral. On a voulu que l'adaptation se passe au Québec, pour l'approcher des gens, pour nous rappeler qu'on est tous le con de quelqu'un, et qu'on est le Brochant de quelqu'un aussi, parfois», explique André Robitaille. «Mais on a été vigilants aussi, on a gardé les classiques et les noms des personnages», précise-t-il.

Pour lui, la dynamique comique qui unit Brochant et Pignon est un peu comme celle qui caractérisait Sol et Gobelet. Les deux comédiens n'ont pas eu à aller chercher très loin en eux l'expérience nécessaire pour incarner la paire. «François Pignon, c'est un passionné comme moi. Je ne fais pas des maquettes en allumettes, mais j'ai une passion semblable, très peu connue des gens : j'adore faire des maquettes de trains. Et je suis quelqu'un de relativement naïf. Je ne vois pas toujours tout. Cette émotion-là, quand Pignon fait rire de lui, ça me touche», avoue Marcel Leboeuf. «Pour Brochant, c'est plus délicat, puisque c'est le méchant», renchérit André Robitaille. «Mais j'assume que je peux trouver ça en moi. Il faut être franc, et j'espère que tout le monde pourrait répondre la même chose. J'ai un bon coeur, je ne veux pas faire mal à des gens, mais probablement qu'avec mon humour et ma spontanéité, j'ai déjà fait mal à des gens. C'est à ça que je pense quand j'incarne Brochant.» Quelque chose dans sa fidélité en amitié et en amour le rejoint aussi.

«C'est ce qui est attirant dans Le dîner de cons, c'est de toucher à cette recette qui est si bien écrite. Pour nos carrières, pour notre passion théâtrale, Le dîner de cons, c'est un bonbon», ajoute-t-il.

La scène, une drogue

André Robitaille, qui mène une carrière fructueuse comme animateur (notamment aux Enfants de la télé), avoue être complètement accro à la scène, même si financièrement, il pourrait s'en passer. Il souligne d'ailleurs la grande ouverture du public qui est capable d'oublier, le temps d'une représentation, son visage d'animateur. «J'ai déjà joué un Shakespeare très sérieux au Théâtre du Nouveau Monde, avec des costumes d'époque et tout. Pendant ce temps-là, je faisais bien des niaiseries à la télévision, mais ça a fonctionné sur scène. J'ai compris cette fois-là que le public comprenait bien la nuance. Il y a beaucoup d'acteurs-animateurs qui ont arrêté d'acter parce que c'est dur dans l'agenda, c'est dur pour la famille, mais moi, j'ai besoin de cette drogue-là», confie-t-il.

Pour Marcel Leboeuf, la scène est tout simplement indissociable de son métier. «Quand je me retrouve au théâtre, c'est comme si je me retrouvais à la maison. Il y a quelque chose qui me ramène à mon enfance», explique celui qui a grandi à Lévis jusqu'à l'âge de 14 ans.

Pour André Robitaille aussi, les représentations à Québec sont un retour aux sources. Le natif de Sainte-Catherine-de-la-Jaques-Cartier a étudié à Neufchâtel, à Limoilou et à Sainte-Foy, du secondaire à l'université. «Tout mon monde est encore ici», a-t-il précisé.

=> À l'affiche

  • Titre : Le dîner de cons
  • Texte : Francis Veber
  • Mise en scène : Normand Chouinard
  • Interprètes : Marcel Leboeuf, André Robitaille, Myriam Leblanc, Geneviève Rochette, Jean-Pierre Chartrand, Antoine Durand
  • Salle et dates : 8 au 10 janvier à Albert-Rousseau et 20 février au Cégep de Lévis-Lauzon
  • Synopsis : Tous les mercredis soir, Pierre Brochant et ses amis organisent un dîner où chacun d'entre eux doit amener un con. Celui qui trouve le plus extraordinaire est déclaré vainqueur. Ce soir, Brochant a déniché la perle rare, un con «de classe mondiale» : François Pignon, un comptable au ministère des Finances, est passé maître dans l'art de semer la catastrophe.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer