Les contes à passer le temps: sur le sentier de la tradition

Jacques Lessard remonte dans les souvenirs d'un vieil... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Jacques Lessard remonte dans les souvenirs d'un vieil homme du quartier Montcalm avide de rêves dans La Grande Hermine, un conte de Noémie O'Farrell

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) L'expression «passer le temps» vient souvent avec une connotation d'ennui, de langueur. Mais les Contes à passer le temps, en voie de devenir une belle tradition des Fêtes, sont tout sauf ennuyeux. Et dans cette quatrième mouture, c'est même pour apprendre à (ré)inventer le temps qu'on y plonge.

L'aventure a commencé toute petite pour La Vierge Folle, qui présentait en 2011 sa première soirée de contes urbains où cinq auteurs s'inspirent des quartiers centraux de Québec pour en tirer une histoire. Ces contes sont ensuite racontés dans l'ambiance intime et chaleureuse des voûtes de la Maison Chevalier, tout en pierre, dans un éclairage tamisé de lumières de Noël, bar à dessert et café compris.

Il y a une proximité très particulière dans ce lieu qui s'établit dès les premières minutes. Placés cette année en face à face, les spectateurs voient s'exécuter les conteurs devant eux, évoluant dans cette tranchée qui s'étire entre les deux petits gradins. Une belle exploitation de l'idée du sentier, qui émerge du conte commun imaginé par Maxime Robin, à partir d'une légende amérindienne expliquant la marche des saisons. La deuxième moitié de ce conte, en finale, où les comédiens se font «bêtes», dans les deux sens du terme, s'avère joyeusement débridée... menant même à quelques décrochages facilement pardonnés.

Kaléidoscope d'univers

Inutile de tout résumer ici; ce serait gâcher le plaisir de la surprise de ce kaléidoscope d'univers qui s'ouvrent sur cette ville qu'on apprend à connaître sous un nouveau jour. Nous y rencontrons une voleuse de Saint-Sauveur bien malhabile (joyeusement interprétée par Érika Soucy, dans un conte de Marc Auger), une amoureuse timorée au coeur incendié par un jeune tatoueur dans Saint-Jean-Baptiste (Noémie O'Farrell, dans un conte de Marie-Josée Bastien), un jeune homme qui navigue en eau trouble entre vérité et mensonge dans Limoilou (Marc Auger dans un conte de Sophie Grenier-Héroux), et un vieil homme en quête de rêves dans Montcalm (Jacques Lessard dans un conte de Noémie O'Farrell). Ce dernier, moins énergique, plus dans la tendresse que les autres, s'égare un peu et semble manquer de direction.

Au retour de l'entracte, il est cependant suivi par un réel coup de coeur, le conte d'Érika Soucy où l'on fait connaissance avec Gina Roberge, une vraie de vraie Jeannoise qui sert la meilleure tourtière qui soit au restaurant de l'immeuble de la Place Jacques-Cartier, dans Saint-Roch. Anne-Marie Côté a offert dimanche une performance savoureuse (c'est le cas de le dire!) dans le rôle d'une femme opiniâtre à la langue colorée. C'était peut-être le conte le plus ancré dans son quartier, dans sa ville.

Il a aussi offert dimanche un bel exemple de l'exercice à la fois périlleux et magique que peuvent représenter la proximité et l'interaction avec le public. Et c'est dans cette promiscuité, cette complicité entre conteur et public, comme une joyeuse veillée en famille, que l'expérience des Contes à passer le temps prend réellement son sens. Souhaitons une longue vie à cette jeune tradition!

Les Contes à passer le temps sont présentés à nouveau vendredi, samedi et dimanche, à la Maison Chevalier. Billets en vente à Premier Acte

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