Les contes à passer le temps: communautés d'histoires

Les complices de La Vierge folle reviennent cette... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Les complices de La Vierge folle reviennent cette année avec d'autres Contes à passer le temps. À l'arrière-plan sur la photo : Maxime Robin, Jacques Lessard, Érika Soucy, Sophie Grenier-Héroux; à l'avant-plan : Anne-Marie Côté, Marc Auger et Noémie O'Farrell

Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) L'habitude a l'aura d'un rituel. Depuis trois ans, Marie-Josée Bastien part de son appartement, rue Richelieu dans Saint-Jean-Baptiste, et descend à pied vers la Maison Chevalier, dans le Petit-Champlain, pour assister aux Contes à passer le temps. «On dirait que chaque fois, il y a une tempête de neige! C'est féerique», lance la comédienne.

L'envie de participer au projet de La Vierge folle, qui devient tranquillement une tradition du temps des Fêtes, ne manquait pas. C'est plutôt le temps qui faisait défaut. Cette année, Marie-Josée Bastien a enfin pu dire oui. «C'est mon cadeau de Noël!» dit-elle en riant.

Elle s'est vu confier l'écriture d'un conte sur Saint-Jean-Baptiste, le quartier qu'elle habite depuis les années 90. «Tout est proche, dans Saint-Jean-Baptiste. Il y a encore beaucoup d'artistes qui y habitent, beaucoup de jeunes familles aussi. Le voisinage est vraiment agréable. Dans mon pâté de maisons, tout le monde se connaît et il y a un réel esprit d'entraide. Dans les grandes villes, c'est rendu difficile à trouver», estime la comédienne.

En bref, il y a dans ce quartier un réel «esprit de communauté». Et c'est ce même esprit qu'elle retrouve aussi dans l'aventure des Contes à passer le temps. Pour une quatrième année, les complices de la jeune compagnie de théâtre La Vierge folle (Iphigénie en auto, Viande, Photosensibles) déblaient un chemin à travers la ville dans une formule un quartier, un conte.

Ainsi, Sophie Grenier-Héroux, Noémie O'Farrell, Marie-Josée Bastien, Marc Auger et Érika Soucy ont respectivement imaginé un conte urbain dans Limoilou, Montcalm, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Sauveur et Saint-Roch. Maxime Robin a de son côté orchestré un conte de groupe, inspiré de la légende amérindienne des érables rouges.

Un feu intérieur

C'est dans l'intimité particulière des voûtes de la Maison Chevalier, toutes en pierres, que se révéleront ces histoires, dont Le grand incendie, la contribution de Marie-Josée Bastien. «Il y a eu beaucoup d'incendies dans la ville de Québec. Ce sont des petits points d'ancrage, c'est quelque chose qui m'interpelle beaucoup. Un incendie, ça peut changer complètement la face d'une ville», explique l'auteure.

Comme Londres ou Rome, Québec n'a pas été épargnée par le feu à une époque où un petit brasier pouvait enflammer un quartier complet en quelques heures. Il y en a eu deux, à un mois d'intervalle, en 1845. L'un a rasé Saint-Roch, l'autre Saint-Jean-Baptiste. Des milliers d'habitants ont été jetés à la rue, et la ville a ensuite révisé sa politique de construction, interdisant dorénavant les bâtiments de bois, raconte Marie-Josée Bastien.

Si son inspiration s'est nourrie de ces faits historiques, sa plume, elle, s'est ancrée dans notre époque, dans une histoire «où le feu dévore tout sur son passage». «C'est une jeune fille qui subit un incendie intérieur, un choc amoureux. Ça devient un incendie déraisonnable», raconte-t-elle.

Tous les contes de cette année sont rattachés par un même fil, celui du temps qui passe, de la route, du sentier, du chemin que l'on prend pour aller quelque part. Si Marie-Josée Bastien n'a pas encore entendu tous les contes, elle se réjouit d'avance de pouvoir voir à l'oeuvre ses ex-étudiants - elle enseigne au Conservatoire d'art dramatique de Québec. «Il y a quelque chose à Québec, un bouillonnement des jeunes qui s'affirment, qui trouvent leur signature, et qui se dépatouillent dans ce monde des arts où il y a de plus en plus de coupures. C'est fascinant de voir comment les gens ont une envie féroce de continuer à tenir l'art à bout de bras», soutient Marie-Josée Bastien.

=> À l'affiche

  • Titre : Les contes à passer le temps
  • Textes :  Sophie Grenier-Héroux, Noémie O'Farrell, Maxime Robin, Érika Soucy, Marc Auger-Gosselin et Marie-Josée Bastien
  • Mise en scène : Maxime Robin
  • Interprètes : Noémie O'Farrell, Érika Soucy, Marc Auger-Gosselin, Anne-Marie Côté et Jacques Lessard
  • Salle : Maison Chevalier (50, rue du Marché-Champlain)
  • Dates : 12 au 21 décembre
  • Synopsis : Six auteurs et acteurs racontent Québec quartier par quartier, avec des contes urbains, dans l'ambiance intime de la Maison Chevalier.
  • Billets : lepointdevente.com ou 418 694-9656

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