Femmes-bustes et Femmes de la lune rouge: dévorer les mythes

On voit tous les muscles de Sonia Montminy... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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On voit tous les muscles de Sonia Montminy et d'Arielle Warnke St-Pierre qui se tendent dans une danse à la fois fluide et pleine de force.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Les mythes ont une part de lumière et une part d'ombre, monstrueuse et dévorante, qui touchent à nos peurs les plus refoulées. Une violence teintée d'étrangeté dans laquelle Sonia Montminy et Arielle Warnke St-Pierre n'ont pas eu peur de plonger dans leurs deux dernières créations inspirées d'expositions du Musée de la civilisation.

On ne pourrait pas deviner que Femmes de la lune rouge et Femmes-bustes sont nées de Samouraï et des Maîtres de l'Olympe. C'est comme si les artistes avaient extrait l'énergie brute des expositions pour la transformer en matière mouvante.

Elles nous apparaissent d'abord en guerrières, vêtues de gilets brodés qui rappellent des armures, et se lancent dans une chorégraphie d'Annie Gagnon qui combine les chutes, les marches et les affrontements où les deux interprètent se repoussent et se lovent tour à tour. Elles se déplacent sur un grand carré blanc, en bordure duquel serpente un fil de laine rouge, comme une signature en langue inconnue.

La danse prend réellement son envol lorsqu'elles se voilent le visage de blanc et de rouge, alors que leurs bustiers faits de minces lignes noires permettent de voir tous les muscles qui se tendent dans une danse à la fois fluide et pleine de force.

Josué Beaucage compose la trame sonore en direct, en combinant les sons préenregistrés, sa voix et des accords de guitare électrique. Sa présence se fait davantage sentir pour Femmes-bustes, où les danseuses se transforment en créatures innommables.

Entre quatre colonnes de lumières, dans une ambiance plus industrielle, les deux interprètes compulsent et convulsent, s'épuisent, mutent. S'en suit un défilement d'images saisissantes, qui ont l'étrangeté et la plasticité des créations de Roméo Castellucci, surtout à cause des sculptures et prothèses de Valérie Potvin.

Un visage sans corps duquel on s'approche, comme pour l'embrasser, sera dévoré sans merci. La bête se cabre, digérant mal son geste à la forte portée symbolique. Les deux corps se tordent et se fusionnent pour créer des créatures hybrides, cambrées et tourmentées. Un personnage aux yeux de chair, à la tête et aux mains gonflées, exécute une grotesque pantomime.

Les chorégraphes grecs de Rootlessroot (Linda Kapetanea et Jozef Frucek) ont amené les danseuses dans un univers parallèle, qui dérange et déroute. Rien ne se lie vraiment ni ne connaît de dénouement, mais le voyage est ponctué d'images marquantes, créées à même la sueur des interprètes, qui se livrent à un puissant rituel.

Femmes-bustes et Femmes de la lune rouge est à nouveau présenté ce soir et demain, à 20h, à la salle Multi de Méduse.

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