• Le Soleil > 
  • Arts > 
  • Théâtre 
  • Mes enfants n'ont pas peur du noir: jusqu'à en perdre les pédales 

Mes enfants n'ont pas peur du noir: jusqu'à en perdre les pédales

On s'incruste bien malgré nous dans la vie... (Photo Cath Langlois)

Agrandir

On s'incruste bien malgré nous dans la vie familiale d'un petit clan reclus constitué d'une mère dysfonctionnelle et de deux frères au tempérament explosif.

Photo Cath Langlois

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) La promiscuité de la salle de Premier Acte a prouvé, encore une fois mercredi, qu'elle peut concourir à créer des expériences théâtrales particulièrement prenantes quand on sait bien s'en servir. Et c'est ce qu'a réussi à faire l'équipe de La Bête noire, qui y présente le premier texte de Jean-Denis Beaudoin, Mes enfants n'ont pas peur du noir.

Nous sommes invités sur un très large plateau de scène, entravé de madriers de bois brut, comme une forêt qui envahit tout. Le mobilier est peint d'un noir de jais et suggère une cabane quelconque : une télé, un divan, une cuisine rudimentaire. La scénographie de Jeff Labbé se révèle particulièrement efficace, dans ce jeu d'ombre et de lumière qui recrée le côté inquiétant et impénétrable d'une forêt, la nuit.

On s'incruste bien malgré nous dans la vie familiale d'un petit clan reclus constitué d'une mère dysfonctionnelle et de deux frères au tempérament explosif. Joe est impulsif et contrôle très mal ses accès de colère envers son frère. Sam, lui, en mène large et fait tout pour pousser à bout son cadet. La mère, pendant ce temps, s'épouvante des faits divers présentés à la télé, et cuve l'absence de son mari qui l'a plantée là avec les enfants, il y a bien longtemps, sans jamais donner de nouvelles. Et il y a cet étrange copain de Joe, Will, qui traîne toujours dans les parages... Quand la blonde de Joe, Sarah, arrive pour passer l'été en leur compagnie, le fragile équilibre se rompt pour de bon. Et pour le pire, pas pour le meilleur.

Relation amour-haine

Jean-Denis Beaudoin signe ici un premier texte très réussi, soutenu par une histoire forte qui navigue entre les couches du réel et du surnaturel avec doigté. S'il s'est d'abord inspiré du conte Hansel et Gretel pour raconter une relation filiale trouble, plus grand-chose n'y paraît aujourd'hui. On sent surtout, à travers les quelques références qui subsistent, que le conte a servi comme le révélateur d'un sentiment humain puissant, la relation d'amour-haine qui caractérise souvent les liens filiaux.

Dans une langue crue et familière, qui sonne très vraie dans la bouche de la paire formée par Jean-Denis Beaudoin (Joe) et Jocelyn Pelletier (Sam), la pièce navigue entre l'humour de deux frères qui se chamaillent et la dureté de la violence qu'ils en viennent à s'échanger quand ils perdent les pédales. Édith Patenaude a élaboré une mise en scène très réaliste, où s'ouvrent tranquillement de petites brèches vers un univers plus décalé, à travers la folie grandissante de Joe. On est devant une première oeuvre prometteuse, qui met en lumière la part d'ombre et de violence qui se cache en chacun de nous, prête à éclore si on nous pousse dans nos derniers retranchements.

Mes enfants n'ont pas peur du noir est présentée jusqu'au 6 décembre à Premier Acte.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer