Un certain nombre: identité dépossédée

Jack Robitaille est d'avis que les débats concernant... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Jack Robitaille est d'avis que les débats concernant la manipulation génétique ne sont pas terminés.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Dolly, la première brebis clonée, est décédée il y a plus de 10 ans. Alors que le Québec a connu tout récemment un débat sur les mères porteuses et la fécondation in vitro, Jack Robitaille est d'avis que les débats concernant la manipulation génétique ne sont pas terminés. «On avance là-dedans. Quand on touche à la génétique, ça pose des questions. Il y a quelque chose de quasiment sacré dans le fait de donner la vie à quelqu'un. C'est un acte d'amour. Ce sont des débats qui nous concernent tous», pense le comédien.

Avec Jean-Michel Déry, il montera sur les planches du Studio Marc-Doré, au Périscope, dès mardi soir, dans Un certain nombre. Le Théâtre Niveau Parking et son directeur artistique Michel Nadeau reviennent proposer une formule intimiste de la même trempe que Tombé du ciel, au printemps dernier. «C'est du théâtre pur et dur. Un bon texte, deux acteurs, des décors et des costumes minimalistes. C'est tout», explique Jack Robitaille. «Pour un acteur, il y a quelque chose de séduisant là-dedans, parce que tout à coup, les gens ne se déplacent pas pour voir une mise en scène extravagante, mais pour voir deux acteurs qui vont raconter une histoire.»

Et cette histoire, elle a besoin d'être bonne, de préciser le comédien. Celle que Jean-Michel Déry et lui défendront est de la Britannique Caryl Churchill, dans une traduction de Maxime Allen. On fait connaissance avec un père, confronté par son fils qui vient d'apprendre qu'il a été impliqué dans une expérience de clonage. Est-il le clone ou celui qui a été cloné? Pourquoi son père a-t-il consenti à participer à une expérience du genre, dans les années 70? À la manière d'une enquête policière, «mais sans police», il remontera tranquillement le fil de la vérité...

«Depuis 25 ans que je fais des rôles de pères, je n'avais jamais encore joué ce rapport-là d'une paternité avec un rejeton dont on ne sait pas exactement ce qu'il est. C'est vraiment intéressant», lance Jack Robitaille. «On est vraiment face à la dépossession de l'identité, à la filiation compromise. Ça pose aussi très habilement la question du libre arbitre. Est-ce que tout ce que nous faisons est dû à notre génétique et notre contexte culturel, ou si nous avons une liberté de choix?»

Dans ce contexte troublant, les personnages emploient une langue particulière, tout en circonvolutions. Un des textes les plus difficiles qu'a eu à apprendre Jack Robitaille, avec En attendant Godot de Samuel Beckett. «Il y a des gens, dans la vie, qui ont besoin de parler pour réfléchir, ce qui fait que leur pensée se développe en parlant, elle prend des détours... La pièce est bâtie comme ça. Le personnage du fils bâtit beaucoup sa parole comme ça. C'est comme une espèce de spirale. Il avance, mais pour avancer, il faut qu'il retourne en arrière», explique-t-il.

Comme si, d'une certaine façon, les personnages n'arrivaient pas à trouver les mots pour se dépêtrer de la situation dans laquelle ils sont plongés. «On sent parfois que le rapport à la langue, qui n'est pas le plus riche, ne permet pas aux personnages de traduire finement ce qu'ils ressentent. Ils fonctionnent par périphrase. C'est une pauvreté au niveau linguistique qui, finalement, devient une richesse sur le plan théâtral», analyse-t-il. 

À l'affiche

Titre : Un certain nombre

Texte : Caryl Churchill (traduction Maxime Allen)

Mise en scène : Michel Nadeau

Interprètes : Jean-Michel Déry et Jack Robitaille

Salle : Studio Marc-Doré du Périscope

Dates : 18 au 29 novembre

Synopsis : Persuadé d'avoir gâché pour toujours sa relation avec son fils, un père veut tout recommencer depuis le début. Il décide de donner son enfant en adoption et, utilisant des échantillons de son sang, le fait cloner pour avoir un fils tout neuf, un canevas vierge sur lequel tracer une relation parfaite. Trente-cinq ans plus tard, le père est confronté à ses décisions passées...

Billets : lepointdevente.com

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