Being at home with Claude: de l'essentiel d'être aimé

Dans le rôle d'Yves, Benoît McGinnis (assis) prouve... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Dans le rôle d'Yves, Benoît McGinnis (assis) prouve encore une fois son immense talent à explorer des zones émotives fines et nuancées. Le travail de Marc Béland (debout) est aussi impeccable.

Le Soleil, Erick Labbé

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) En ces temps où le théâtre se fait de plus en plus multidisciplinaire, éclaté ou technologique, Being at home with Claude apparaît d'une sobriété déconcertante : deux acteurs principaux, un décor réaliste, peu de mouvements scéniques. Et un texte, un texte bouleversant, auquel on donne toute la place pour exister.

On ne pourra pas reprocher à la nouvelle production du Théâtre du Nouveau Monde, en visite à la salle Albert-Rousseau, de s'égarer dans un surplus d'artifice. Le classique de René-Daniel Dubois, mis en scène cette fois par Frédéric Blanchette, nous ramène dans le décor vieillot du bureau d'un juge, pendant l'expo 67 à Montréal. Un jeune prostitué (Benoît McGinnis) tient en haleine un enquêteur excédé (Marc Béland). Il s'est réfugié dans ce bureau après avoir appelé la police pour confesser le meurtre d'un homme, le jour de la fête de la Confédération.

On entre directement dans la tension, après 36 heures d'interrogatoire. L'inspecteur est à vif, tandis qu'Yves, le prostitué, refuse de dévoiler les motifs derrière le meurtre, et surtout, pourquoi il se livre ainsi à la police après deux jours, alors qu'il aurait très bien pu se sauver.

Après maintes circonvolutions, à travers lesquelles nous tissons tranquillement le fil de l'histoire, vient le coeur de la pièce : un long monologue où Yves se révèle, enfin.

L'image est frappante : pendant près de 25 minutes, Benoît McGinnis tient magistralement le fort en se tenant debout, presque immobile, contre une porte dérobée. Et il se libère, dans une longue tirade, avec une langue maladroite et bouleversante, où «les mots ne disent pas ce qu'on veut». Son chant d'amour, celui de l'amour ultime, descend sur nous lentement et douloureusement, une phrase après l'autre. Plus rien n'existe sur scène, et plus rien n'a besoin d'exister. Seul reste notre coeur, broyé par des sentiments contradictoires de répulsion et surtout de pitié profonde.

Dans le rôle d'Yves, Benoît McGinnis prouve encore une fois son immense talent pour explorer des zones émotives fines et nuancées. Le travail de Marc Béland est aussi impeccable, même si quelques mimiques au début nous ont faussement fait croire à la caricature. L'ensemble de la production, le décor vieillot, la diction relâchée, donne une impression surannée, mais finalement très juste. Le thème de l'amour, la passion qui pousse jusqu'à l'ultime folie, a cependant toujours la force de continuer à nous hanter aujourd'hui.

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