Guerre et Paix: l'épopée russe du Loup bleu

«Adapter une oeuvre, c'est toujours une forme de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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«Adapter une oeuvre, c'est toujours une forme de trahison», reconnaît Antoine Laprise, fidèle partenaire du Loup bleu. «L'avantage qu'on a, c'est que la marionnette a le droit de trahir, c'est une de ses fonctions d'être moqueuse, d'être irrévérencieuse, de n'en faire qu'à sa tête.»

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Il fallait bien le Théâtre du Sous-marin jaune pour être prêt à plonger dans une fresque de 2000 pages et nous en raconter l'essentiel en une heure et demie de théâtre de marionnettes. Le Loup bleu est de retour sur les planches de la Bordée, et cette fois, c'est un tour en Russie qu'il nous propose, avec Guerre et Paix, adapté du roman-phare de Léon Tolstoï.

Le directeur artistique et philosophique du Sous-marin jaune n'a pas accompli ce travail seul - pour une marionnette, ça fait beaucoup. C'est la plume de Louis-Dominique Lavigne, du Théâtre de Quartier, qui a fait le gros du boulot. «Louis-Dominique est un érudit, c'est le fils d'un des premiers philosophes du Québec, Jacques Lavigne. Il a une immense curiosité intellectuelle. C'est lui qui m'a approché avec le projet», raconte Antoine Laprise, fidèle partenaire du Loup bleu. «Il m'a dit : "Je viens de lire le meilleur roman du monde, Guerre et Paix a détrôné Cent ans de solitude de Gabriel Garcià Marquez." J'ai embarqué. C'était tout à fait dans mes cordes, et c'est vraiment un rendez-vous extraordinaire avec cet auteur-là.» 

Quand on a envie de demander à Antoine Laprise «Pourquoi Guerre et Paix?», on se l'imagine bien nous répondre : «Et pourquoi pas?» Vrai que le Sous-marin jaune ne recule devant rien. Depuis Candide de Voltaire jusqu'aux Essais de Montaigne, en passant par Le discours de la méthode de Descartes et rien de moins que la Bible, rien ne résiste à l'ambition légendaire du Loup bleu, dont la spécialité est de revisiter sur scène les textes fondateurs de notre civilisation. 

«Adapter une oeuvre, c'est toujours une forme de trahison, parce que la valeur de cette oeuvre d'art-là, c'est sa forme, c'est le fait d'être un roman, d'être une forme littéraire. Alors, l'amener au théâtre, c'est une trahison», expose Antoine Laprise. «L'avantage qu'on a, par contre, c'est que la marionnette a le droit de trahir, c'est une de ses fonctions d'être moqueuse, d'être irrévérencieuse, de n'en faire qu'à sa tête. Ça nous donne énormément de latitude, parce qu'on a un narrateur qui s'appelle le Loup bleu qui est sur scène et nous présente son Guerre et Paix. Ce n'est forcément pas le vrai Guerre et Paix. On n'a absolument pas de prétention de fidélité par rapport à l'oeuvre, au contraire, c'est une infidélité. À la fin, on renvoie les spectateurs à leurs lectures.» 

Amours et tourments

Le roman Guerre et Paix (ou La guerre et la paix, selon certaines traductions) raconte dans une grande fresque les guerres napoléoniennes en Russie, à partir de la lorgnette des Russes eux-mêmes. On y suit les tourments et les questionnements existentiels de la population affectée par cette guerre, mais aussi son quotidien à l'ombre des combats, ses amours et ses passions. «C'est très anthropologique. Ça touche à des questions hyper profondes. Parfois, les réponses de Tolstoï sont bric à brac, mais ses questions sont vraiment très justes. Dans l'histoire de la littérature, c'est un moment très important, Guerre et Paix. Dans la planète de la littérature, Tolstoï, c'est un pays, assurément», image Antoine Laprise.

Pour arriver à en tirer un spectacle théâtral de marionnettes d'une durée respectable, le metteur en scène a demandé à son auteur d'en tirer un résumé d'une page. C'est à partir de ce condensé qu'ils ont redéployé la trame principale, à travers une série de scènes clés qui mettent l'accent sur le trio formé par Pierre Bézoukhov, André Bolkonsky et Natacha Rostov. «Toute la structure de la mise en scène repose sur un point central qui est le lit. Tout s'y passe : la guerre, l'amour, la paix. J'ai fait une lecture personnelle du roman par rapport au thème de l'amour, au thème du désir et au thème de la jeune fille», analyse Antoine Laprise. «Sincèrement, je pense que l'esprit de l'oeuvre est resté dans la pièce, même si ça devient forcément toujours un espèce d'autoportrait de ce que nous on a vu et recueilli d'une lecture», conclut-il. 

À l'affiche

  • Titre : Guerre et Paix
  • Texte : Louis-Dominique Lavigne et Loup bleu, d'après Tolstoï
  • Mise en scène : Antoine Laprise
  • Interprètes : Antoine Laprise, Jacques Laroche, Julie Renault, Paul Patrick Charbonneau
  • Salle : La Bordée
  • Dates : 28 octobre au 22 novembre
  • Synopsis : Le Loup bleu s'approprie l'un des plus grands romans de l'histoire de la littérature, Guerre et Paix de Tolstoï, et raconte à sa façon les splendeurs et les misères des Russes durant les guerres napoléoniennes du début du XIXe siècle.

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