Critique

Photosensibles: l'envers du négatif

Maxime Robin et Noémie O'Farrell ont élaboré une mise en... (Photo Jérémie Battaglia)

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Maxime Robin et Noémie O'Farrell ont élaboré une mise en scène qui exploite un intéressant mariage entre les réalités de l'art photographique et celle des arts de la scène.

Photo Jérémie Battaglia

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Cinq photos qui ont marqué les esprits. Cinq histoires, surtout, qui existent en dehors du cadre de ces clichés. C'est à l'envers du négatif, qui n'est pas toujours un positif, que La Vierge folle s'est intéressée dans Photosensibles.

D'entrée de jeu, on ne peut s'empêcher de penser à la structure des Contes à passer le temps que la jeune compagnie de théâtre offre depuis quelques années dans le temps des Fêtes, où cinq auteurs se voient attitrer chacun un quartier dans lequel camper son conte urbain.

Maxime Robin et Noémie O'Farrell ne se sont pas cachés de la ressemblance dans le processus, même si cette fois ils ont envoyé de façon anonyme des cartes postales de photos marquantes pour inviter des auteurs à se prêter au jeu. Véronique Côté, Jean-Michel Girouard, Roxanne Bouchard, Jean-Philippe Lehoux et Gilles Poulin-Denis ont mis des mots sur ce que l'image ne dit pas.

Le résultat est à la fois semblable et différent. Semblable dans ce collage de vignettes qui donnent à entendre un éventail de paroles d'auteurs contrastées, entre humour et drame, entre réalisme et poésie. Différent dans le fil conducteur qui lie ces tableaux entre eux et dans la mise en scène où forme et fond se répondent.

Noirceur et lumière

Dans Photosensibles, Maxime Robin se pose en maître de cérémonie, nous guidant à travers ces cinq tableaux, avec de courtes interventions à la fois didactiques et ludiques où sa propre expérience avec le domaine de l'image sert de matière de base. Se tisse alors la trame d'une réflexion sur l'intime relation entre noirceur et lumière, entre vérité et fiction, entre regard libre et regard dirigé.

L'ensemble donne un effet de démonstration magistrale un peu agaçant et appuyé entre les très beaux moments que nous réservent les cinq histoires. Or, la finale, fort bien réussie, révèle une image forte et poignante qu'on n'avait pas escomptée - on la doit entre autres à la magnifique voix de Mykalle Josha.

Le langage de mise en scène élaboré par le duo Robin-O'Farrell exploite un intéressant mariage entre les réalités de l'art photographique et celle des arts de la scène, s'amusant adroitement avec la mécanique du regard. On en tient pour exemple ce jeu de perspective entre la fausse intimité d'un cliché pris de loin, et celle, bouleversante et bien réelle, d'une militaire qui nous raconte de très près ce qu'elle a vécu à la guerre.

La pièce Photosensibles est présentée à Premier Acte jusqu'au 8 novembre.

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