• Le Soleil > 
  • Arts > 
  • Théâtre 
  • > Prix RIDEAU Hommage à Suzanne Lebeau: la grande dame du théâtre jeune public 

Prix RIDEAU Hommage à Suzanne Lebeau: la grande dame du théâtre jeune public

Suzanne Lebeau... (Photo: Patrice Laroche, archives Le Soleil)

Agrandir

Suzanne Lebeau

Photo: Patrice Laroche, archives Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Jeudi soir, la dramaturge Suzanne Lebeau, qui a posé les bases du théâtre jeune public au Québec avec ses pièces tendres et percutantes, recevra le prix RIDEAU Hommage. «C'est un prix qui arrive pile, à un moment où le théâtre jeune public a besoin d'un grand coup d'éclairage», souligne la grande dame, aussi lumineuse et franche que ses écrits.

Elle souhaite, en recevant ce prix, souligner le développement exceptionnel des réseaux de diffusion du théâtre jeunesse, étroitement lié au développement de la pratique à laquelle elle a consacré 40 ans de sa vie. Suzanne Lebeau a signé plus de 25 pièces, dont Une lune entre deux maisons, L'ogrelet et Le bruit des os qui craquent.

Artistes et diffuseurs connectent au Québec, indique-t-elle. Ils parviennent à trouver les mots pour donner envie aux enfants et aux parents de venir au théâtre. Mais le troisième joueur essentiel, le milieu de l'éducation, l'inquiète.

«Je le trouve relativement passif. Moi qui aime tellement travailler dans les écoles, je trouve que c'est de plus en plus compliqué d'y entrer. Il y a une résistance, une force d'inertie qui est bouleversante», soutient Mme Lebeau, qui a animé des ateliers et mené des expériences en milieu scolaire avec bonheur et rigueur pour la grande majorité de ses créations.

Elle a été la première, dans les années 80, à écrire spécifiquement pour le jeune public, fondant, avec le metteur en scène Gervais Gaudreault, le théâtre le Carrousel.

«J'ai commencé à écrire de manière assez innocente, en pensant qu'avec une bonne structure, avec des personnages complexes, une colonne vertébrale, une langue à eux, c'était suffisant. Que c'est en racontant une "bonne" histoire que ça ferait du "bon" théâtre pour enfants. Mais je me suis rendu compte qu'on pouvait aller beaucoup plus loin», explique l'auteure.

En 1979, elle écrit Une lune entre deux maisons, la première pièce canadienne écrite pour la petite enfance, puis, trois ans plus tard, Les petits pouvoirs, sur les relations entre parents et enfants pour les 9 à 12 ans.

L'adaptation du roman d'Howard Buten, Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué, où une société vue à travers les yeux d'un enfant de huit ans placé en institution psychiatrique pour avoir été trouvé nu dans un lit avec une petite fille du même âge, fera des vagues. «À la première représentation, quand j'ai vu la fracture entre les publics d'enfants et les publics d'adultes... Les adultes avaient envie de hurler, les enfants avaient une révélation, ils trouvaient qu'on leur avait montré du "vrai" théâtre», se souvient Mme Lebeau. «J'ai compris que les enfants abordent le théâtre sans préjugés, alors que les adultes ont besoin de contrôler tout ce qui arrive aux enfants et préfèrent les images d'un monde consensuel.»

Une même fracture se produit lors des premières lectures du Bruit des os qui craquent, une pièce sur les enfants soldats qui a d'abord été présentée dans des théâtres pour adultes avant de rejoindre son premier public cible. L'expérience a laissé des traces, puisque la dramaturge a rédigé ensuite Chaîne de montage, un texte sur les meurtres des femmes de Ciudad Juárez, au Mexique, qui s'adresse à un public adulte.

Malgré la dureté des sujets, il y a une lumière inhérente à l'écriture de Suzanne Lebeau, qui cite l'écrivaine brésilienne Ana Maria Machado: «Elle disait qu'écrire pour les enfants c'est la même chose qu'écrire pour les adultes, c'est construire des mondes conscients et inconscients. La seule différence lorsqu'on écrit pour les enfants, c'est qu'on doit construire un troisième monde qui est celui de l'espoir. Et j'y crois vraiment.»

Elle qui joue avec les contes (une relecture d'Hansel et Gretel baptisée Gretel et Hansel, sur les relations fraternelles, sera disponible pour les diffuseurs l'automne prochain), ne craint pas pour l'avenir du théâtre à l'ère numérique. «Le théâtre demeure un lieu hors du temps, un lieu des archétypes, des émotions très profondes. C'est une fiction transmise par des gestes et des paroles bien réelles. C'est probablement le lieu qui nous rebranche sur l'humain.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer