Yves Jacques, un acteur insatiable et infatigable

La passion d'Yves Jacques pour le jeu ne... (Photo Guillaume Simoneau)

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La passion d'Yves Jacques pour le jeu ne date pas d'hier. Elle est inscrite dans ses gènes.

Photo Guillaume Simoneau

Le Soleil

(Québec) Quelque part en 2011, Yves Jacques franchira le cap des 200 représentations dans la peau de Philippe et André, les frères ennemis de La face cachée de la Lune, de Robert Lepage. À ce moment, il prendra «un petit break» du théâtre. Surtout pas pour s'asseoir sur ses lauriers. Non, cet insatiable et infatigable acteur veut se concentrer sur sa florissante carrière au cinéma. Mais qu'est-ce qui peut bien faire courir ce fils de la capitale?

Au bout du fil, Yves Jacques éclate de rire: «Les beaux rôles, répond-il d'abord. Le bonheur, c'est de faire ce métier. Je ne m'en lasse pas», ajoute-t-il.

En effet. L'acteur a plus d'une quarantaine de longs métrages à sa filmographie, un nombre effarant de rôles à la télévision et au théâtre ainsi que près de 300 représentations au compteur de La face cachée... et du Projet Andersen, les deux spectacles solos créés par Lepage, qu'il interprète depuis 10 ans.

Il considère d'ailleurs les équipes techniques des deux productions comme ses familles. L'homme de 54 ans est sans attache. «Je suis seul. Je fais ma valise et je pars. [Avec les pièces], j'ai fait deux fois le tour du monde, c'est pas des farces!» Il concède que son rythme de travail est étourdissant.

Mais sa passion pour le jeu ne date pas d'hier. Elle est inscrite dans ses gènes. Son grand-père maternel a tâté de l'opérette. Ce qui a inspiré sa mère, qui aurait bien aimé devenir actrice. Mais pas dans le Québec catholique de la grande noirceur. Alors, elle a reporté ses aspirations sur son fils, le troisième enfant d'une famille de quatre, élevée dans l'aisance à Sillery. «J'ai reçu tout ça en héritage...»

Il lit les fables de Jean de La Fontaine et regarde les vieux films américains de l'après-midi à la télé avec sa mère (qui réside toujours à Québec). «Ça a été une bonne école.»

À 10 ans, se rappelle-t-il, il suit son premier cours d'expression dramatique. Puis, ce sera le père Godbout, au Petit Séminaire de Québec (où un café-théâtre porte d'ailleurs le nom de l'acteur), qui l'aiguillera sur la bonne voie. D'autant qu'il apparaissait évident à tout le monde que «j'avais ce talent».

À 15 ans

Le véritable déclic se produit toutefois à ses 15 ans, alors qu'il fréquente le camp d'été théâtral des Jeunesses musicales du Canada. À tous points de vue : il sera boursier les trois années subséquentes. Parmi les professeurs, il y a Jacques Zouvi, une rencontre déterminante.

Non seulement le père du comédien Alain Zouvi lui prédit une carrière professionnelle, mais il l'invite à se joindre à l'option théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe.

«À l'époque, j'avais besoin de me détacher de ma famille pour voir ce qu'était «la vraie vie». J'ai plus appris de ça que quoi ce soit en théâtre. Le théâtre, on ne l'apprend pas, on a ça en soi et on le développe, comme d'autres talents.»

Les talents, ce n'est pas ce qui manquait à Yves Jacques, qui était aussi musicien. Il écume un temps Québec avec son groupe, Slick and the Outlags. Il interprète aussi On ne peut pas tous être pauvres, considéré par plusieurs comme le premier vidéoclip québécois. C'est à travers toute cette effervescence qu'il croise le chemin de Robert Lepage.

Yves Jacques s'impose de plus en plus comme une vedette montante, notamment avec son rôle de Claude dans Le déclin de l'empire américain, de Denys Arcand (1985), et ses apparitions aux Bye bye de fin d'année à Radio-Canada. Après de nombreux triomphes à la scène, il obtient une occasion unique, celle de jouer au prestigieux Théâtre national de Chaillot, à Paris. Ce qui lui fera d'ailleurs manquer la chance de se substituer à Robert Lepage pour son solo Les aiguilles et l'opium.

Entre deux continents

De plus en plus sollicité par les cinéastes français (Claude Miller et Patrice Leconte), Yves Jacques partage dorénavant son temps entre les deux continents. Mais il ne laissera pas passer l'occasion de faire partie de La face cachée de la Lune, à partir de 2001, puis du Projet Andersen, depuis 2005.

Quand il pose ses valises, dans les pauses de tournée, il enchaîne les tournages. On pourra le voir prochainement dans Cabotins d'Alain Desrochers; La dernière fugue de Léa Pool; Laurence Anyways de Xavier Dolan et La chance de ma vie, de Nicolas Cuche.

Cette forte demande lui donne d'ailleurs le goût de se consacrer un peu plus au cinéma. «Il y a plusieurs choses que j'aimerais explorer...» Insatiable et infatigable, on vous disait!

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