Éclats et autres libertés: le pouvoir de l'imaginaire

Les personnages évoluent dans une installation visuelle qui... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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Les personnages évoluent dans une installation visuelle qui est en fait une aire de jeu.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

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(Québec) Il y a de ces spectacles, comme Éclats et autres libertés, tellement brillants que les mots viennent à manquer. Essayons quand même : il s'agit d'une pièce pétulante, pétillante, rafraîchissante, éclatée, ludique, créative, exaltée, jouissive, poétique, contestataire, engagée, touchante, drôle; bref, vivante.

À l'origine de la pièce présentée samedi seulement, il y a un projet de création du talentueux metteur en scène Benoît Vermeulen. Qui a demandé à quatre auteurs de créer quatre personnages. Lili, Anaïs, Philémon et Thibault sont des jeunes allumés en quête de liberté qui combattent avec les mots, l'humour et la création.

«Le seul territoire valable, c'est l'imaginaire», dit l'un d'eux. Ce qui pourrait servir de résumé. Car Éclats et autres libertés ne raconte pas une histoire. Sans s'en donner l'air, le spectacle se veut plutôt une réflexion sur l'importance de la culture, au sens large et populaire, à l'heure de la surabondance d'informations, de la surconsommation et de la superficialité du zapping Internet. On passe aussi à la moulinette les grandes injustices sociales et les frustrations qui en découlent.

Les personnages évoluent dans une installation visuelle qui est en fait une aire de jeu, dans tous les sens du terme. À l'aide de chiffons, de ficelles, de cartons et de petits riens, ils s'inventent une galerie de rôles et s'amusent comme des enfants. N'empêche : «On ne banalise pas, on poétise.»

Alors, on cite pêle-mêle Confucius, Beaudelaire, Rimbaud, Nelligan, Gauvreau, Miron, Pesoa... avec une finesse qui laisse pantois. Pour vous donner une idée à quel point ça peut devenir ludique, on adapte le J'accuse de Zola sur la chanson When a Man Loves a Woman, de Percy Sledge. Le très drôle monologue de Philémon se colle pour sa part au My Way de Frank Sinatra. Quant à la chanson de la fin, elle est interprétée sur un riff de Franz Ferdinand, si je ne m'abuse.

À l'évidence, malgré l'intelligence du texte et la fulgurance de la mise en scène, Éclats et autres libertés ne saurait être ce petit bijou sans l'immense plaisir qu'y trouve le quatuor d'interprètes. Ève Duranceau, Eve Landry, Kim Lavack-Paqui et Erwin Weche sont beaux, jeunes et fous. La scénographie de Raymond Marius Boucher est tout aussi admirable.

N'allez pas croire que la pièce est seulement destinée aux ados, à partir de 14 ans. C'est faux. Elle s'adresse aussi aux adultes. Pour qu'ils réfléchissent un peu à la vie qu'ils mènent et à l'importance des arts et de l'imaginaire, au quotidien. Et du plaisir sans cesse renouvelé de l'évasion.

Éclats et autres libertés est à l'affiche du théâtre Les Gros Becs le samedi 27 mars à 19h.

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