La comédienne Nicole Leblanc n'est plus

  • Nicole LeBlanc et Jean Besré, dans <em>Le temps d'une paix</em> (Photothèque Le Soleil)

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    Nicole LeBlanc et Jean Besré, dans Le temps d'une paix

    Photothèque Le Soleil

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  • Geneviève Brouillette et Nicole Leblanc dans <i>Apparences</i> (fournie  par Radio-Canada)

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    Geneviève Brouillette et Nicole Leblanc dans Apparences

    fournie par Radio-Canada

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  • <i>L</i><i>e temps d'une paix</i> avec Denys Paris, Monique Aubry et Nicole Leblanc (Archives La Presse, André Lecoz)

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    Le temps d'une paix avec Denys Paris, Monique Aubry et Nicole Leblanc

    Archives La Presse, André Lecoz

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  • Nicole Leblanc en 2014 (Archives, La Presse)

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    Nicole Leblanc en 2014

    Archives, La Presse

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  • Nicole Leblanc, hiver 1970 (Archives la Presse,  Paul Henri Talbot)

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    Nicole Leblanc, hiver 1970

    Archives la Presse, Paul Henri Talbot

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  • Louise Laprade, Nicole Leblanc et Abla Fahroud (Photothèque Le Soleil)

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    Louise Laprade, Nicole Leblanc et Abla Fahroud

    Photothèque Le Soleil

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  • Selon son frère, l'attachement de la comédienne pour sa Gaspésie natale était profond. (Photothèque Le Soleil)

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    Selon son frère, l'attachement de la comédienne pour sa Gaspésie natale était profond.

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Mario Gilbert
La Presse Canadienne
Montréal

La comédienne Nicole Leblanc, mémorable Rose-Anna et Bella dans les téléromans historiques, est décédée mardi des suites d'une longue maladie, a confirmé son agence. Elle était âgée de 75 ans.

La fougueuse actrice a créé des personnages forts et mémorables, à commencer par cette Rose-Anna St-Cyr, mythique femme forte de Charlevoix dans la très populaire télésérie historique Le Temps d'une paix, de Pierre Gauvreau, de 1980 à 1988. Dès l'année suivante, elle sera de la même équipe de créateurs pour Cormoran, où elle interprète une autre femme forte, l'héroïne condescendante Bella.

Née le 2 septembre 1941 à Maria, en Gaspésie, Nicole Leblanc amorce sa carrière par deux spectacles de tournée internationale, un sous l'égide des Canadian Players de Stratford, en 1965-1966, et l'autre sous celle des Jeunes Comédiens du Théâtre du Nouveau Monde, la saison suivante.

Elle se fait connaître du grand public dès ces années-là dans son rôle de Fifine sur la célèbre Rue des Pignons (1966-1977). À la même époque, sur scène, elle sera en 1968 de l'héroïque création des Belles-soeurs de Michel Tremblay, au Rideau-Vert. Elle fréquentera bien sûr beaucoup Tremblay pendant sa longue carrière, notamment À toi pour toujours, ta Marie-Lou en 1984, Bonjour, là, bonjour en 1987 et encore Les Belles-soeurs en 1993.

Nicole Leblanc a aussi joué dans plusieurs créations de son conjoint de l'époque, le dramaturge Jean-Claude Germain, notamment le célèbre spectacle solo Les Hauts et les Bas d'la vie d'une diva : Sarah Ménard par eux-mêmes (1974), qui mettait en valeur ses multiples talents. La pièce, très populaire au Théâtre d'aujourd'hui et en tournée, sera reprise dix ans plus tard pour la télévision.

Avec Jean-Claude Germain, elle avait fondé en 1969 Le Théâtre du Même Nom (le TMN), pied de nez au plus classique TNM (Théâtre du Nouveau Monde). La troupe, composée d'anciens étudiants de l'École nationale de théâtre, où enseignait Germain, joue «en résidence» au Centre du théâtre d'aujourd'hui, rue Papineau, où elle fait éclater les conventions théâtrales. En 1980, la création de L'Indiva, de Germain, au Théâtre d'Aujourd'hui, sera reprise ensuite au Théâtre du Nouveau Monde.

50 ans de carrière

Tout au long de près de 50 ans de carrière, Nicole Leblanc jouera aussi beaucoup dans les «théâtres en été», dont L'Escale, le Théâtre Beaumont St-Michel, le Théâtre du Lac Delage et le Théâtre du Bois de Coulonge.

À la télévision, elle a aussi joué la réceptionniste colorée Paméla Lalonde dans 4 et demi (1994-2001). On l'a plus tard vue dans Fred-dy, Virginie, Apparences et plus récemment Série noire.

En 1986, au premier gala Métro­star, elle avait remporté le prix de la meilleure comédienne, tout comme son Joseph-Arthur du Temps d'une paix, Jean Besré, côté masculin. Elle avait remporté en 1996 le prix Gémeaux de la meilleure interprétation pour son rôle dans L'Étrangleuse, chapitre de la série Avec un grand A de Janette Bertrand.

Peu présente au cinéma, on l'a vue notamment dans Les Vautours de Jean-Claude Labrecque (1975), L'Audition de Luc Picard (2005), et À l'origine d'un cri de Robin Aubert (2010).

Nicole Leblanc est montée sur scène pour la dernière fois chez Duceppe en décembre 2014 dans Août, un repas à la campagne, de Jean-Marc Dalpé.

À la demande de l'actrice, une cérémonie privée sera réservée à la famille et aux proches.

La Gaspésie en deuil

Les Gaspésiens se souviennent de Nicole Leblanc avec un doux mélange de fierté et d'appréciation. La fierté tient de son rôle de pionnière en matière de théâtre et de télévision, alors que l'appréciation découle de l'importance qu'elle a toujours accordée à ses racines.

Son frère Marcel-Marie, qui demeure toujours à Maria, ville où les sept enfants de la famille Leblanc ont grandi, parle également de la détermination démontrée par celle qui n'était qu'une adolescente quand elle a quitté sa Gaspésie pour aller étudier le théâtre à Montréal.

«Elle était revenue des Ursulines de Gaspé, ce qu'on appelait l'école normale, où elle avait étudié pour devenir enseignante. Elle a enseigné un an au couvent des soeurs de Saint-Paul à Maria. Puis elle a eu une décision à prendre. Elle était passionnée de théâtre. Allait-elle quitter trois ans pour l'École nationale de théâtre? Il faut avoir le courage de ses convictions. Juste le mot théâtre faisait frémir dans ce temps-là. Il ne fallait pas écouter son père, sa mère, ses frères, ses soeurs et ses amis», raconte M. Leblanc.

Avant d'atteindre le statut de vedette, à partir de Rue des Pignons, elle a connu des années plus difficiles, dit-il.

«Les gens se rappellent les années où elle a commencé à être connue à la télé, mais c'était tout d'abord une femme de théâtre. Elle disait de ses premières années : ''Je les ai mangés, mes sandwichs à la moutarde''. Avant Rue des Pignons, elle avait eu un petit rôle dans Septième nord. Je me souviens qu'une rencontre avec le dramaturge Guy Dufresne l'avait aidé, au début», évoque M. Leblanc.

Il rappelle le rôle colossal campé par sa soeur dans Les hauts et les bas de la vie d'une diva. «Elle était seule sur scène, avec le musicien Gaston Brisson [...] Elle disait parfois : ''Je ne suis pas vieille; je suis fatiguée''. Le public pense que l'adrénaline vient toute seule, mais quand tu es seule sur scène, il faut que tu en redonnes», note-t-il.

Attachement à la région

Même si la maladie - elle a été emportée par un cancer- ne lui permettait plus de venir souvent en Gaspésie, son attachement était profond pour sa région.

«Elle adorait ramasser des agates au bord de la mer. Elle avait joué des rôles urbains, comme Fifine, mais elle adorait jouer les rôles du terroir, comme dans Le temps d'une paix, ou Cormorans. Elle avait l'humus de la terre; ça venait chercher ce qu'elle avait en elle. Elle était en Gaspésie lors des événements du 11 septembre 2001. Touchée, elle était allée prendre une marche sur la pointe Tracadigash, pour exorciser ce mal», dit M. Leblanc.

À Carleton, Myreille Allard, également femme de théâtre, vante l'appui reçu de Nicole Leblanc au démarrage d'un projet régional.

«À partir de 1995, elle a travaillé de façon plus particulière à la mise du pied du Camp de théâtre de l'Anse, comme marraine et porte-parole. Elle avait beaucoup aidé le théâtre en région, surtout auprès des jeunes. Elle était sympathique, drôle, authentique. C'est évident qu'elle était une source de fierté pour les Gaspésiens. Il n'y avait pas beaucoup de comédiens venant d'ici à l'époque. Elle a ouvert les portes pour Larissa Corriveau, Viviane Audet et Catherine Audet», souligne Mme Allard.  Gilles Gagné (collaboration spéciale)




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