Goblin, l'oeuvre d'un duo de choc

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Le réalisateur Lee Eung Bok, en compagnie de l'acteur principal Gong Yoo sur le plateau de tournage de Goblin, en Corée du Sud

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(Québec) OEuvrant pour des chaînes compétitrices jusque-là, l'auteure à succès Kim Eun Sook et le réalisateur célébré Lee Eung Bok joignaient leurs forces pour la première fois au début de 2016 afin de livrer le mégasuccès planétaire Descendants of the Sun, un drame sentimental sur toile de fond humanitaire. Goblin: The Lonely and Great God est le fruit de leur deuxième collaboration.

Avec Dokkaebi (en coréen romanisé), le duo de choc a renoué, mais cette fois dans un tout autre style, soit une comédie romantico-fantastique relatant la vie d'un gobelin immortel de 939 ans, Kim Shin (Gong Yoo), d'un messager de la Faucheuse amnésique, Kim Woo Bin (Lee Dong Wook), et d'une étudiante convaincue d'être la fiancée du gobelin, Ji Eun Tak (Kim Go Eun).

«C'est la deuxième fois que je travaille avec Eun Sook et j'ai été berné! Nous avions connu tellement de moments difficiles pendant le tournage de Descendants of the Sun que cette fois, je voulais travailler sur un petit projet facile, qui se déroulait dans un espace bien limité, mais je me suis finalement encore retrouvé avec un autre projet à grande échelle!» avait rigolé Lee Eung Bok, lors d'une conférence de presse à Séoul, en novembre.

La série raconte l'histoire d'un amour transcendant le temps et l'espace entre un ancien général du royaume de Goryeo, Kim Shin, victime de la jalousie de son roi et transformé en gobelin immortel, et sa fiancée Ji Eun Tak qui, 900 plus tard, est la seule à pouvoir mettre un terme à sa vie. Au fil de son existence presque millénaire, le gobelin aura amassé une fortune considérable et vécu un peu partout sur la planète, dont à Québec.

Il s'agit d'une première incursion dans l'univers du fantastique pour l'auteure Kim Eun Sook, réputée pour ses comédies romantiques.

«Des journalistes coréens m'ont dit que ça faisait plusieurs années qu'elle avait écrit cette télésérie-là, mais qu'elle cherchait le lieu pour aller la tourner et quand elle est arrivée à Québec, elle a dit, "c'est ça"! Elle avait visité plusieurs endroits au Canada et ailleurs avant. Mais elle est tombée en amour avec le lieu et elle a dit, on fait ça ici. Trois mois plus tard, le tournage débutait ici à Québec et au mois de décembre, la diffusion commençait», a raconté le délégué commercial à l'Office du tourisme de Québec, Michel Carmichael.

Auparavant, la scénariste de 43 ans avait enfilé les succès. Outre Descendants of the Sun, coécrit avec Kim Won Suk, elle avait signé les très populaires séries Lovers in Paris (2004), Secret Garden (2010), A Gentlemen's Dignity (2012) et The Heirs (2013).

Fabienne Larouche version coréenne

«L'auteure de cette série-là, c'est un peu leur Fabienne Larouche!», a illustré le producteur Charles Gaudreau, chez Attraction Images.

Malgré cela, Kim Eun Sook a dû s'armer de patience et attendre cinq ans avant de voir l'acteur Gong Yoo, une superstar avec qui elle souhaitait travailler, accepter son invitation. Ce dernier avait même refusé le rôle du Capitaine Yoo Si Jin dans Descendants of the Sun, qui a fait de l'acteur Song Joong Ki une mégavedette en Asie, au début de 2016. La série, elle, avait obtenu une pointe de cote d'écoute de 38,8 % sur la chaîne publique KBS 2, entre le 24 février et le 14 avril 2016.

«Il m'a rejetée à répétition, alors j'étais un peu timide de lui demander à nouveau de participer à l'une de mes séries, mais cette fois, il m'a donné une réponse très rapide. Une réponse merveilleuse qui m'a étonnée. Dans un texto, il m'a écrit: "Si vous pouvez vivre avec un gobelin aussi timide et craintif que moi, j'accepte!"», a relaté Kim, en conférence de presse.

La figurante de Québec, Jenny Martel... (Photo Maxime Fortier) - image 6.0

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La figurante de Québec, Jenny Martel

Photo Maxime Fortier

Tourner avec les Coréens

Rares sont les fictions tournées à Québec, encore plus rares sont les séries coréennes filmées ici. Quelques figurantes québécoises ont tout de même eu la chance unique de participer au plateau de Goblin.

Jointe par le responsable de la distribution chez Attraction Images, l'agence Focus One avait reçu la commande de fournir six figurantes au look de mannequins des années 60, pour des scènes qui devaient se dérouler à Paris - l'une des nombreuses villes habitées par le gobelin -, en 1968. L'une d'entre elles, Jenny Martel, a même été retenue pour un second rôle.

«J'ai passé deux auditions, mais comme je ne parle pas anglais, je ne pensais pas que j'aurais le rôle. Finalement, je l'ai eu. J'ai fait des essais pour le costume, il y a eu une répétition et on a tourné la scène», a raconté la jeune femme de Québec.

Dans ces scènes, qui ont finalement été coupées au montage, cette dernière était accrochée par un garçon en planche à roulettes et tombait sur la chaussée, devant la gare du Palais.

«On a fait beaucoup de prises. Moi, j'ai dû faire ma cascade une dizaine de fois, ce qui n'était pas évident, sur l'asphalte, en mini-jupe!» a raconté le mannequin, qui recevait ses indications du réalisateur par l'entremise d'une interprète.

Jenny Martel n'a pas mis de temps à constater que la grande vedette de la série, Gong Yoo, bénéficiait d'un traitement différent!

«Lui aussi devait faire une cascade, mais il avait un matelas pour amortir le choc! Pas moi!» a-t-elle lancé en riant.

En vitesse...

Par où commencer?

Pour peu qu'on apprécie la télé sous-titrée en anglais, un monde de possibilités s'offre à quiconque souhaite découvrir l'univers des séries dramatiques coréennes. Ceux qui sont déjà abonnés à Netflix n'ont pas à chercher plus loin, mais la sélection offerte est peu élaborée. Le plus grand succès de la télé coréenne de 2016 s'y trouve toutefois, Descendants of the Sun. Un bon départ. Ceux qui voudront en découvrir davantage, sans devoir toutefois payer un abonnement, voudront migrer vers www.viki.com ou www.dramalove.tv. Ce dernier site est gratuit et propose une offre considérable et sans annonces. Qui plus est, les épisodes sous-titrés sont mis en ligne moins de 24 heures après leur diffusion originale en Corée du Sud. Goblin s'y trouve notamment en totalité. Pour une meilleure qualité de l'image, www.dramafever.com est également recommandé. En abonnement seulement.

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Goblin, un budget de 44,6M$

Réalisée au coût total de 44,6M $CAN, la série Goblin a été principalement financée par des fonds privés coréens. À elle seule, la compagnie de production Hwa and Dam Pictures a investi 40 M$ dans le projet, alors que le diffuseur tvN a contribué à hauteur de 600 000 $. La participation canadienne a quant à elle été répartie entre plusieurs partenaires, soit Destination Canada (690 000 $), un organisme de promotion touristique fédéral, le Château Frontenac (117 500 $ en hébergement), Air Canada (185 750 $ en transport) et l'Office du tourisme de Québec (20 000 $).

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Qu'est-que la vague «hallyu»?

«Hallyu» décrit la vague de popularité mondiale de la culture populaire de la Corée du Sud, principalement de la musique pop (k-pop) et des séries dramatiques (k-dramas), qui s'est amorcée à la fin des années 90. Propagée d'abord dans le reste de l'Asie, la vague «hallyu» s'étend aujourd'hui au reste du monde par l'entremise des sites de partages de vidéos tels que YouTube.

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Une bande sonore numéro un

Que serait une série dramatique sans sa bande sonore originale? Celle de Goblin propose des titres des artistes pop les plus en vue de la Corée et s'est hissée au premier rang des palmarès. Deux de ses extraits, I Will Go to You Like the First Snow, de la chanteuse américano-coréenne Ailee, et Wish, du trio R&B coréen Urban Zakapa, ont également coiffé les principaux palmarès tels que Melon, Naver et Mnet. Disponibles sur iTunes.

Chanson du générique d'ouverture: Round and Round, Heinze featuring Han Soo Ji

Chanson du générique de fin: Stay With Me, Chan Yeol du groupe EXO, featuring Punch

L'escalier Casse-cou dans le Petit Champlain... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 8.0

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L'escalier Casse-cou dans le Petit Champlain

Le Soleil, Patrice Laroche

La Boutique de Noël... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 8.1

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La Boutique de Noël

Le Soleil, Patrice Laroche

Ramen et café au déjeuner!

Maintenant que la diffusion de la série est terminée et que l'équipe de production québécoise de Goblin: The Lonely and Great God n'est plus liée par une entente de confidentialité, les langues se délient tranquillement au sujet du plus gros tournage de l'année à Québec.

C'est entouré du plus grand secret que le tournage de Goblin s'était amorcé le 5 octobre pour se terminer une dizaine de jours plus tard, soit quatre mois après le premier repérage, en juin. En tout, 120 personnes ont oeuvré sur ce plateau, dont une délégation coréenne de 80 personnes et une équipe de production québécoise de 40 personnes, chapeautée par Attraction Images.

Dans ce groupe mixte, la logistique a représenté un enjeu important, considérant l'étanche barrière de la langue séparant les deux équipes techniques. Pour faciliter le travail, des interprètes coréens, en provenance de Montréal et Toronto, ont toutefois été affectés à chacun des départements.

La boîte aux lettres du Château Frontenac... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 9.0

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La boîte aux lettres du Château Frontenac

Le Soleil, Patrice Laroche

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Le Vendôme

Le Soleil, Patrice Laroche

Ils n'étaient pas les seuls professionnels que les producteurs québécois ont dû faire venir de l'extérieur pour répondre aux demandes des représentants de la maison Hwa and Dam Pictures. Ces derniers souhaitaient manger coréen pendant leur séjour à Québec, ce qui a quelque peu compliqué la tâche du traiteur Nourcy!

«Malheureusement, on n'a pas de restaurant coréen ici, à Québec. De sorte qu'on a engagé deux chefs coréens qui ont été hébergés par les gens de Nourcy. Ils ont fait du kimchi et d'autres mets coréens. [...] L'équipe technique, pour être plus efficace, a mangé comme elle l'aurait fait chez elle», a raconté Charles Gaudreau, producteur chez Attraction Images.

Comme le tournage se déroulait principalement dans le Vieux-Québec pendant la haute saison des couleurs, le groupe a cherché à élire domicile dans le secteur, question de ne pas perdre de temps en déplacements inutiles.

«Un moment donné, quelqu'un s'est promené dans le coin et s'est dit: "Pourquoi pas le Vendôme, un restaurant fermé"? On a tout fait nettoyer et ça nous a servi de base et d'endroit pour manger», a relaté Gaudreau, qui a été particulièrement étonné des habitudes alimentaires de ses collègues coréens déjeunant «aux ramen très épicés et au café»!

Quand venait le temps de travailler, tout le monde était toutefois au diapason! Les Québécois ont été impressionnés par la capacité de travail de leurs contreparties coréennes.

«Ils pouvaient travailler 20 heures en ligne, dormaient quatre heures et se réveillaient le lendemain et recommençaient. Nous, souvent, on avait deux shifts d'équipes techniques qui se chevauchaient pour pouvoir les suivre!» a révélé Gaudreau, qui est même devenu le confident de l'acteur Gong Yoo, pendant les longues heures de tournage nocturne, et a été le seul autorisé à être photographié en sa compagnie pendant son séjour.

Les Québécois et les Coréens se sont en outre découvert une caractéristique commune: leur capacité d'adaptation! Il fallait être flexible pour répondre aux exigences d'un scénario évolutif, comme c'est la coutume en Asie.

«L'actrice principale ne devait pas revenir à Québec, à la fin de l'histoire. Ce n'était pas dans le scénario qu'on a reçu. On ne devait donc aller sur les lieux de tournage qu'une seule fois. Mais vu qu'elle revenait à Québec, et qu'ils lui avaient coupé les cheveux pour qu'elle ait l'air plus vieille, il a fallu retourner sur chaque lieu une deuxième fois. Au niveau logistique, ç'a été compliqué», a-t-il noté, au sujet de ces deux jours de tournage additionnels.

Anecdotes véritables

Des anecdotes véritables, comme l'histoire de la boîte aux lettres du Château Frontenac, ont également été incorporées au scénario, sur place, à Québec.

«Pendant les rénovations du Château, on a trouvé une carte postale datant de la Deuxième Guerre mondiale d'un soldat qui écrivait à sa fiancée. Il lui disait qu'il allait la marier après la guerre. Ils ont intégré ça à l'histoire», raconte la directrice des relations publiques de l'hôtel, Anne-Marie Painchaud.

Au final, les producteurs québécois ont le sentiment d'avoir, avec Dokkaebi, frappé sinon un coup de circuit, au moins un triple, «parce que rien n'est parfait». La belle collaboration entre les deux maisons de production a même fait naître l'idée d'une association future.

«Attraction Images a une maison-mère à Montréal, ainsi que des bureaux à Toronto et à Québec. Ce que je leur ai dit, c'est: "Pourquoi vous n'ouvririez pas de petites antennes de votre entreprise, à Toronto, Montréal et Québec? Et que vous n'offririez pas à vos clients chinois ou japonais de venir tourner dans nos villes?" Pour nous, ce serait de l'argent neuf. Et un projet comme celui-là, ça stimulerait le tourisme et donnerait le goût à d'autres de venir travailler ici.»

***

Quelques lieux de tournage:

- le Parc du Bastion-de-la-Reine;

- le parc Samuel-Holland;

- le quartier Petit-Champlain et l'escalier Casse-Cou;

- la fontaine de Tourny.




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