Louis-José Houde au temps du numérique

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(Montréal) Il n'a jamais piraté une note de musique de sa vie. Et au risque de sonner comme un vieux disque qui griche, il conserve précieusement ses bonnes vieilles tables tournantes et achète encore les CD de ses artistes préférés. À la veille d'animer le Gala de l'ADISQ pour une 11e année consécutive, Louis-José Houde nous parle de piratage, de son aversion pour Donald Trump et, au passage, annonce qu'il prépare un nouveau spectacle pour 2017.

Voilà 11 ans que Louis-José Houde anime le Gala de l'ADISQ. Et voilà 11 ans qu'il se fait parler de la gratuité des contenus musicaux et de la menace numérique, des grenailles que retirent les artistes. «Je n'ai jamais piraté une note de musique de ma vie. Je ne saurais pas comment de toute façon», lance l'humoriste, qui refuse de se conformer à cette fatalité.

Le débat n'a jamais été aussi chaud que cette année. Depuis que l'ADISQ a réclamé une aide de 15 millions $ au gouvernement du Québec afin de faire face à la crise qui secoue l'industrie du disque et du spectacle il y a quelques semaines, les avis sont partagés. D'un côté, on pourfend Spotify, qui empoche les profits; de l'autre, on parle du cours normal des choses pour toute une génération qui naît en ne payant à peu près rien de ce qu'elle entend dans ses écouteurs.

Louis-José Houde ne pourra éviter le sujet dimanche à 20h, à la barre du 38e gala à ICI Radio-Canada Télé, en direct de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Et on s'en doute, il compte s'en servir comme levier pour faire rire. «Pourquoi on est devenu obsédé avec l'écoute en continu? Moi, j'ai un système digital, ça pète tout le temps! Quand c'est pas le réseau, c'est le mot de passe, la connexion. Quessé qu'y était si compliqué de mettre un CD dans un lecteur? Je reviens tout le temps là-dessus et je sonne comme un vieux dépassé.»

La gratuité

L'humoriste est conscient que les jeunes ne veulent plus payer pour la musique quand il est si facile de la trouver gratuitement. «Quelqu'un a décidé quelque part que ça devenait gratuit, mais ce ne sont pas les jeunes du secondaire qui ont décidé ça d'eux-mêmes», plaide-t-il.

Même s'il magasine beaucoup sur iTunes, Louis-José Houde ne s'imagine pas vivre sans albums. «Un disque de Vallières ou de Tragically Hip, si je les ai tous en CD, on dirait que ça ne fait pas de sens que je n'aie pas le 11e. Je suis semi-vieux.» L'humoriste conserve aussi une fascination pour les disques vinyles. «J'ai des tables tournantes partout dans ma vie. J'en ai donné une à la vente de garage de Louis et Véro, et j'en ai acheté une plus vieille, des années 70, qui marche mieux. Je vais souvent dans une boutique sur Mont-Royal où on m'a expliqué que les vinyles qui se faisaient dans les années 60 et 70 sonnaient beaucoup mieux que ceux d'aujourd'hui. Mais c'est pratique d'avoir mon iPod rempli de tout ce que j'écoute et d'amener ça en tournée ou en vacances.»

L'art de l'animation

Tina Fey et Amy Poehler, des animatrices que... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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Tina Fey et Amy Poehler, des animatrices que Louis-José Houde aime.

Photothèque Le Soleil

En plus d'animer son gala chaque année, Louis-José Houde regarde ce que font les autres, ici et aux États-Unis. «J'essaie d'attraper les Emmy, les Grammy ou les Oscars. J'ai écouté celui de Chris Rock parce que je l'aime beaucoup. Quand Steve Martin, Alec Baldwin, Tina Fey et Amy Poelher sont là, j'essaie de voir ce qu'ils font. Mais je n'en fais pas une obsession, parce que je ne veux pas trop me laisser influencer.»

Il a adoré la performance d'Éric Salvail et de Jean-Philippe Wauthier à la barre du gala des prix Gémeaux, le plus grinçant des dernières années. Mais il ne deviendra pas plus méchant pour autant. «J'aime l'idée de mettre les gens dans la salle confortables. Ça ne veut pas dire être beige et ne rien dire. Je me donne toujours le défi de faire rire sans que personne se remette trop en question à la fin de la soirée.» N'empêche, c'est son gag sur les artistes qui signent des contrats de disques en France, comme Bobby Bazini - «Ça fait combien de fois qu'il est supposé de percer en France? Perce, Bobby, perce!» -, qui a fonctionné le plus. «C'était probablement mon monologue le plus grinçant, les gens se sont levés à la fin et j'ai reçu un Gémeaux pour ça. Je crois qu'on est vraiment capable d'en prendre», dit-il aujourd'hui.

Remerciements

Le soir des Gémeaux, il en a profité pour souligner la qualité des remerciements. «C'est pas toujours le cas à mon gala. On travaille là-dessus», avait-il blagué, envoyant néanmoins un message aux artistes en nomination dimanche soir. «Je ne voulais pas généraliser non plus. Il y en a toujours qui sont éloquents, articulés, charismatiques, préparés. Que ce soit Pierre Lapointe, Ariane Moffatt, Louis-Jean Cormier, Stéphane Archambault, Marie-Mai, qui peut être touchante et organisée. Mais je trouve que certains ratent une occasion d'envoyer un message, de faire rire ou sourire.»

Ses cibles

De quoi rire et de quoi ne pas rire dimanche? «C'était dans mes plans de revenir sur Sophie Grégoire, mais j'ai laissé tomber, parce qu'ils ont fait un sketch complet là-dessus aux Gémeaux. Ça m'arrangeait quasiment, parce que ça commence à dater et qu'il y a eu 829 000 jokes là-dessus.» Il y aura assurément un gag sur Éric Lapointe, un incontournable chaque année.

Trump, «ce fou»

Donald Trump... (AFP) - image 8.0

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Donald Trump

AFP

Un peu plus d'une semaine avant la présidentielle américaine, Louis-José Houde reste stupéfait devant la «performance» de Donald Trump durant la campagne. «C'est carrément épeurant. Tu rencontres tout le temps plein de gens pertinents et intéressants. Des érudits, il y en a partout. Comment ça qu'on se ramasse avec ce monsieur-là? Il doit y avoir des centaines, des milliers d'avocats, de médecins, d'entrepreneurs, de politiciens qui devraient être là. Sur ma rue, il y a trois de mes voisins que je verrais gouverner! Comment ça que c'est ce fou-là qui est là?» demande-t-il sur le ton qu'on lui connaît, à mi-chemin entre l'humour et l'indignation. Ne croyez pas pour autant l'entendre prononcer le nom de Donald Trump dimanche. «J'avais quelque chose, mais je l'ai coupé parce que ce n'était juste pas assez efficace», dit-il, après avoir testé son monologue d'ouverture devant public.

Ses projets

Bonne nouvelle pour ses fans  : Louis-José Houde prépare un nouveau spectacle, qu'il présentera en tournée dans la prochaine année. D'ici là, on pourra aussi le voir cet hiver au grand écran dans Ça sent la coupe, du réalisateur Patrice Sauvé, d'après le roman de Matthieu Simard. «Ce n'est ni un drame ni une comédie. Je n'ai aucune joke dans le film, mais ce n'est pas lourd non plus. Sûrement ce que j'ai fait de plus sobre dans ma carrière», affirme l'humoriste, qu'on verra partager l'écran avec Julianne Côté, Émilie Bibeau et Patrick Drolet.

Se laisser désirer

Contrairement à d'autres qu'on voit partout, Louis-José Houde sait se faire désirer. Vous le voyez rarement faire la tournée des jeux-questionnaires ou des émissions de cuisine, si on exclut Les recettes pompettes. «Je dis non à bien des affaires. J'ai de la misère à aller faire des high five à la télévision! Chaque fois que tu vas faire une émission de même, ça te prend une demi-journée. Moi, j'aime me lever et écrire jusqu'à midi. Et quand je ne peux pas, ça m'énerve.»

Ses coups de coeur

Karim Ouellet... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 12.0

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Karim Ouellet

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Qui seront élus interprète féminine et masculin à l'ADISQ après le couronnement de Jean Leloup et d'Ariane Moffatt l'an dernier? L'animateur du gala, qui écoute énormément de musique, a eu un faible cette année pour les albums des Cowboys Fringants, Yann Perreau, Half Moon Run, Coeur de pirate, Koriass, Laurence Nerbonne. Mais aussi pour le dernier Karim Ouellet, Trente. «Ce qui est bizarre, c'est que mes deux tounes préférées sont les deux dernières de l'album [Coeur de pierre et Les roses]. Ça n'arrive jamais. Habituellement, c'est les tounes 1 et 3, pas 10 et 11!»

Le Gala de l'ADISQ sera précédé d'un tapis rouge, dimanche à 19h30 à ICI Radio-Canada Télé, et suivi de L'après-gala, à ICI ARTV dès la fin du gala, et à ICI RC Télé, après Le téléjournal. Les deux émissions seront coanimées par Herby Moreau et Claudine Prévost.

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