Marc Labrèche sur l'île des plaisirs

Marc Labrèche est de retour au petit écran... (Jocelyn Michel)

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Marc Labrèche est de retour au petit écran avec Info, sexe et mensonges, un talk-show satirique sur l'actualité.

Jocelyn Michel

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(Montréal) Après Les bobos et une tournée de trois ans à travers le monde, l'envie de renouer avec l'animation le démangeait. Voici Marc Labrèche de retour dans Info, sexe et mensonges, talk-show satirique sur l'actualité, cet automne à ICI ARTV et à ICI Radio-Canada Télé. Nous avons recueilli les confidences de l'homme à la fois zen et intense. Un voyage avec Marc Labrèche, c'est toujours un séjour sur l'île des plaisirs!

En tournée depuis trois ans à travers le monde avec la pièce Les aiguilles et l'opium, Marc Labrèche en a eu du temps pour réfléchir, entre les représentations. Ce dont il avait le plus envie s'il refaisait un jour de la télé? S'asseoir derrière un bureau, regarder la caméra et raconter des histoires au public.

Son souhait, et le nôtre, sera réalisés cet automne dans Info, sexe et mensonges, diffusée en primeur sur ICI ARTV le vendredi à 21h dès le 23 septembre, avant d'être rediffusée à ICI Radio-Canada Télé le samedi à 22h30 dès le 1er octobre. Une demi-heure ludique et éclatée, tournée devant public, où on commentera l'actualité à travers deux ou trois dossiers chauds.

Un air de déjà vu de La fin du monde est à 7 heures ou de 3600 secondes d'extase? Marc Labrèche, c'est Marc Labrèche, on ne le changera pas. Et on ne réinvente pas complètement la formule du bulletin de nouvelles satirique, éprouvée entre autres par Jon Stewart, Stephen Colbert et John Oliver aux États-Unis, et par Le petit journal en France. Mais quand Marc Labrèche est dans le décor, il y a toujours une part d'imprévu et de folie.

«Avant même de penser à ce show-là, je regardais des vieux Point de mire avec René Lévesque. Juste de voir quelqu'un qui me parle et me raconte quelque chose, avec les moyens limités qu'il avait, j'en éprouvais un réel plaisir. Il avait un lâcher-lousse dans sa façon de parler, de passer du coq à l'âne, devant une caméra qui ne bouge pas et juste un tableau. Il y a encore quelque chose qui me plaît et me fascine là-dedans, dans notre univers de pizzas, archi découpé, où, par peur d'ennuyer ou de lasser, on saute vite d'un stunt à l'autre. Ça devient juste de l'agitation. Au bout du compte, on est diverti, mais j'en retiens rien. Ça commence là et ça s'arrête là.»

Ainsi, l'animateur fera un grand éditorial chaque semaine, avec pour principal décor un immense écran. «John Oliver et Jon Stewart, c'est toujours bien juste des gens qui sont assis devant un écran et qui parlent. Ça me fait plaisir que ce soit encore possible et que j'aie la chance de pouvoir le faire.»

On le sent dans sa voix : Marc Labrèche ne s'impose aucune pression en vue de ce nouveau projet, encore difficile à décrire, mais qui lui ressemblera. «Avec l'âge que j'ai, j'ai juste envie d'être vrai, honnête, le plus fidèle possible avec ce que je suis. Ce qui est épuisant, c'est de se codifier dans un truc qui n'est plus nécessairement toi.»

Info, sexe et mensonges - on cherche encore le sexe dans le concept - a beau se dérouler dans un cadre ludique et festif, pas question de trafiquer la réalité lorsqu'il est question d'actualité. De là la présence d'Yves Boisvert, chroniqueur à La Presse et ami de longue date de Marc. «Yves vient poser son oeil savant de journaliste. On n'invente pas des nouvelles, on veut être rigoureux sur la partie information. On ne joue pas avec ça.» Rafaële Germain, Mathieu Charlebois et Sébastien Ravary se chargeront des textes de l'émission. Plusieurs extraits d'émissions de télévision viendront appuyer la réflexion du jour.

À la différence du Grand blond et de 3600 secondes d'extase, qui s'étendaient sur une heure, l'émission ne dure que 30 minutes. «On parle pendant huit ou neuf minutes d'un sujet, c'est assez nouveau pour moi. Trente minutes, c'est pas long, mais c'est pas long qu'on se tanne non plus! Ça peut venir vite. Il suffit de deux ou trois paragraphes moins bons qui s'enchaînent pour que le public se lasse», dit-il, soucieux de plaire au plus grand nombre.

La première émission sera diffusée peu de temps après le Gala des prix Gémeaux. «Ça donne une bonne entrée en matière pour parler de télévision, et du mandat de Radio-Canada», évoque l'animateur. Va-t-il inviter Pierre Lapointe? «Non, mais peut-être qu'on pourrait inviter le mandat lui-même pour nous en parler!» Ça donne le ton.

Ne vous attendez pas à une surenchère de parodies comme il y en avait dans 3600 secondes d'extase. «J'en ai fait beaucoup, j'avais besoin de "prendre un break" des sketchs sur une base régulière, pour avoir le plaisir de juste jaser.»

Il aura fallu cinq ans, après la fin de 3600 secondes d'extase, pour que Marc Labrèche nous revienne à l'animation. «C'est pas tellement que je me tanne de faire de la télé, mais je me tannerais de ne faire qu'une seule chose. J'ai peur de retomber toujours dans les vieux réflexes ou de ne plus avoir rien à dire. Il faut que j'aille voir ailleurs pour savoir si j'y suis encore. Je suis assez rangé dans la vie. J'ai besoin de varier les plaisirs dans mon travail.»

Marc Labrèche, qui sera aussi du prochain Bye bye avec sa grande amie Anne Dorval, n'a pas encore mis au point son imitation du mystérieux «John Doe». «Anne et moi, faire des imitations, c'est pas tellement notre truc. Si on le fait, ce n'est pas très élaboré. On peut se mettre un sac de papier brun sur la tête, et ce sera notre vision, comme dans le temps pour Denise Bombardier.»

Il n'a jamais eu le fantasme de faire un jour le Bye bye, mais a été charmé par la proposition du concepteur Simon Olivier Fecteau et du producteur Guillaume Lespérance, qui diffère un peu de la formule traditionnelle de revue de l'année. «Est-ce que c'est possible de faire une revue avec des mini-films, où on parle d'autre chose que de la télévision?» demande-t-il à propos de cette expérience, qui représente pour lui «un saut dans le vide».

Son souvenir télé le plus lointain

«Mon père qui meurt dans une émission pour enfants en direct, qui s'appelait Sancho et Panza. J'avais trois ans. Il faisait un méchant cow-boy et se faisait tuer par le héros. C'était assez violent, pas très pédagogue, mais c'était parfait. Il tuait mon père qui tombait affalé sur une roche. En voyant ça, je me suis mis à hurler, j'étais inconsolable. Quand mon père est rentré souper, je lui ai dit qu'il était mort, qu'il ne pouvait pas être là, qu'il me mentait! La télévision est reliée à un traumatisme que je n'ai manifestement pas réglé. Quand j'aurai réglé ça, je vais arrêter d'en faire.»

La pire télé qu'il a vue dans le monde

«Les Coréens sont pas pires. Ils bourrent leurs émissions de bandes défilantes et d'affaires qui "poppent". C'est exactement comme regarder un jeu vidéo. Une somme d'informations, une surcharge de couleurs, d'explosions dans l'écran qui surviennent sans qu'on sache pourquoi. Y'a des petits bonhommes qui sautent en bas de l'écran pendant qu'un jeu se passe, et que quelqu'un parle par-dessus le jeu. Les gens crient dans la salle. C'est comme la fin du monde pour moi! Avec leur beat à eux - dans la rue, les autos chantent -, c'est une espèce de cacophonie visuelle et auditive impressionnante.»

Ce qu'il regarde à la télé

«Je suis très Netflix. Je viens de terminer Narcos [une série inspirée de la vie du trafiquant Pablo Escobar]. Il y a en général dans ces séries des choix audacieux, qui sont peut-être plus éclatés qu'au cinéma. J'adore ça. Mais je ne regarde plus beaucoup de télé. Ma vie de tournée m'empêchait de le faire. J'étais dans des lieux magnifiques à rencontrer des gens intéressants. Je me suis désintoxiqué du réflexe télévisuel automatique. Et ça ne m'est pas revenu depuis mon retour.»

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