Décès du comédien André Montmorency

  • André Montmorency a marqué la scène culturelle pendant près de 60 ans. (Archives La Presse)

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    André Montmorency a marqué la scène culturelle pendant près de 60 ans.

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  • Dans <i>Chez Denise</i>, diffusée à Radio-Canada de 1978 à 1982, André Montmorency jouait Christian Lalancette, un coiffeur gai. Plus tard, l'acteur amènera ce personnage sur scène dans <i>Souffrance que j'ai du fun</i>. (Archives Le Soleil)

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    Dans Chez Denise, diffusée à Radio-Canada de 1978 à 1982, André Montmorency jouait Christian Lalancette, un coiffeur gai. Plus tard, l'acteur amènera ce personnage sur scène dans Souffrance que j'ai du fun.

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  • Avec Sophie Clément et Denis Drouin (à droite) dans <i>Il était une fois dans l'est</i>, un film d'André Brassard avec des dialogues de Michel Tremblay, en 1974. (Archives La Presse)

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    Avec Sophie Clément et Denis Drouin (à droite) dans Il était une fois dans l'est, un film d'André Brassard avec des dialogues de Michel Tremblay, en 1974.

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  • «Pablo Van Momo» entouré de ses oeuvres dans son atelier de New Carlisle en 2003. (Photothèque Le Soleil, Gilles Gagné)

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    «Pablo Van Momo» entouré de ses oeuvres dans son atelier de New Carlisle en 2003.

    Photothèque Le Soleil, Gilles Gagné

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La Presse Canadienne
Montréal

L'acteur, metteur en scène et auteur André Montmorency est mort mardi à l'âge de 77 ans, a confirmé l'agence du comédien.

Parmi ses rôles les plus marquants figurent sans nul doute l'excentrique coiffeur gai Christian Lalancette dans Chez Denise, Friponneau dans l'émission pour enfants La ribouldingue, et Monsieur Jourdain dans Le bourgeois gentilhomme de Molière.

L'ex-journaliste des vedettes Roger Sylvain écrivait en mai dernier sur sa page Facebook que le comédien était hospitalisé et que son état semble «se dégrader de jour en jour».

Son coiffeur Christian Lalancette dans Chez Denise, pour le moins truculent, aura marqué les esprits, aux côtés d'autres personnages colorés interprétés par Denise Filiatrault - également scénariste -, Benoît Marleau, Roger Joubert, Paul Berval et Normand Brathwaite. La comédie de situation fort populaire a été en ondes à Radio-Canada de 1978 à 1982. Il amènera d'ailleurs plus tard ce personnage comique très payant sur la scène, pour un spectacle solo, Souffrance que j'ai du fun.

Né à Montréal en 1939, André Montmorency amorce sa carrière avec de petits rôles à la télévision au milieu des années 50, notamment dans Le survenant et CF-RCK. Le jeune acteur sera ensuite adopté par les «dames du Rideau vert», Yvette Brind'Amour et Mercedes Palomino.

André Montmorency sera ainsi de plusieurs tournées internationales du très classique théâtre montréalais, notamment à Paris et à Moscou. Il a ainsi été de la production de L'heureux Stratagème de Marivaux en 1964 et Le songe d'une nuit d'été de Shakespeare en 1965. On l'a aussi vu plus tard dans Le roi se meurt de Ionesco, pour lequel il obtient le Prix de la critique, et dans Bousille et les Justes de Gratien Gélinas chez Duceppe.

Proche collaborateur d'André Brassard, il jouera dans quelques pièces de Michel Tremblay, notamment La duchesse de Langeais. C'est lui qui a créé Damnée Manon, Sacrée Sandra au Théâtre de Quat'sous avec Rita Lafontaine, en 1977. On dit qu'André Montmorency a joué un rôle dans la décision d'Yvette Brind'Amour de présenter à son théâtre le brûlot Les belles-soeurs en 1968, contre l'avis de son entourage. Il a aussi fait connaître Tremblay au Canada anglais, montant notamment À toi pour toujours ta Marie-Lou à Toronto en 1974.

Mais le grand rôle d'André Montmorency au théâtre demeure sans doute celui de Monsieur Jourdain dans Le bourgeois gentilhomme, d'abord créé au théâtre du Trident à Québec puis repris au théâtre Paul-Hébert de l'île d'Orléans, au Théâtre du Nouveau Monde à Montréal et au Centre national des arts à Ottawa, à la fin des années 80.

Et à la télévision, les moins jeunes se rappellent avec tendresse le sautillant gamin Friponneau, qui les attendait à leur retour de l'école de 1967 à 1971 dans La ribouldingue.

André Montmorency a également joué au cinéma dans Il était une fois dans l'est (1974) et Parlez-nous d'amour (1976), écrits par Tremblay, Ding et Dong : le film (1990), Le petit ciel (1999) et, plus récemment, dans Mars et avril (2012).

Sortie gaie

De 1998 à 2004, il a interprété Victor dans la télésérie Le retour sur les ondes de TVA. Durant cette même période, il a été chroniqueur culinaire pour l'émission Flash à TQS et pour le Journal de Montréal. Affichant rapidement son homosexualité, il a aussi animé pendant cinq ans le magazine télévisé Sortie gaie, sur les ondes de Canal Vie.

Peintre à ses heures, surtout depuis 1999, il signait ses toiles Pablo Van Momo. Il a aussi écrit quelques livres, notamment le roman Gloire soit aux pères et une «autobiographie non autorisée», Momo déménage.

Le comédien Normand Brathwaite, visiblement attristé par l'annonce de sa mort, a dit avoir perdu un mentor.

«Je suis triste parce qu'André a été un camarade de travail pendant de longues années sur Chez Denise, mais c'est aussi ma jeunesse, et ma première grande télévision à grands succès, c'était avec lui», s'est souvenu mardi M. Brathwaite, en entrevue avec La Presse Canadienne. «On perd un très grand acteur et il était aussi un très grand peintre.»

L'acteur, metteur en scène et réalisateur Yves Desgagnés s'est pour sa part rappelé les talents d'acteur et d'enseignant d'André Montmorency, puisque les deux hommes se sont côtoyés à l'École nationale de théâtre. «Montmorency était un grand pédagogue et il a enseigné l'interprétation aux futurs acteurs. Il avait une personnalité généreuse et flamboyante. Il a marqué les esprits et il a certainement marqué mon enfance.»

New Carlisle se souvient...

Les Gaspésiens gardent un bon souvenir d'André Montmorency, qui avait établi ses pénates en 2003 et 2004 dans la péninsule, à New Carlisle. Il y avait ouvert un atelier et une galerie où il vendait ses toiles.

Avant d'acheter cette maison de New Carlisle, il fréquentait depuis des années ce coin de la Baie-des-Chaleurs parce qu'il séjournait au centre de thalassothérapie de Paspébiac, l'Auberge du parc. La propriétaire, Jeannette Lemarquand, a été peinée par le départ de l'artiste, qui disait clairement en 2005 être tombé en amour en Gaspésie à cet endroit.

«Il était jovial, sympathique, aimable, bon vivant et il était très généreux. Il invitait plein de monde chez lui. Il a eu une première année euphorique, mais ça a mal été la deuxième année. Il n'était pas un administrateur. Il a trop dépensé. Il n'y avait plus rien qui entrait dans la maison [tellement c'était encombré]. Je lui ai dit : "Ça ne me regarde pas mais vous m'inquiétez; l'argent ne tombe pas du ciel"», se souvient Mme Lemarquand.

Gaétan Pelletier, de Bonaventure, était animateur du matin à Radio CHNC de New Carlisle en 2003 et 2004.

«Il venait faire une ou deux interventions le matin. Il faisait de la critique littéraire et d'émissions de télévision. Le vendredi, on animait le midi une émission d'une heure à 90 minutes; ça dépendait des invités. J'ai eu la chance d'interviewer, et souvent simplement d'assister à des conversations entre André et Denise Filiatrault, Donald Pilon, Michel Tremblay, Linda Sorgini, Nicole Leblanc, des gens qui avaient travaillé avec lui. Il avait le don de tenir des conversations intimes avec eux. Ils oubliaient le micro. Il n'était pas facile à calmer, à ramener mais ça donnait des moments très drôles», précise M. Pelletier.

«Je l'ai vu peindre beaucoup. J'allais le retrouver chez lui le jeudi soir, en prévision de l'émission du vendredi. Il cuisinait beaucoup. Il essayait toutes sortes de choses. C'était un homme effervescent», résume Gaétan Pelletier.

Geneviève Saint-Hilaire, de New Carlisle, se souvient d'avoir assisté au vernissage de Pablo Van Momo à l'automne 2003.

«Friponneau, c'était mon kick quand j'étais petite, dans La ribouldingue. C'était un événement, le vernissage. Son style était coloré, je dirais même criard. Une des toiles de Friponneau a côtoyé la reine d'Angleterre. La municipalité de New Carlisle avait reçu une oeuvre de grande taille, aux couleurs très vives, de Momo et l'avait placée dans la salle du conseil, à côté du gros portrait de la reine. C'était extraordinaire. C'était assez remarquable», évoque Mme Saint-Hilaire.

Jeannette Lemarquand ne peut s'empêcher d'avoir le coeur gros en pensant aux derniers mois d'André Montmorency, fauché, à New Carlisle.

«Sa soeur n'administrait plus ses affaires, il avait trop dépensé et il avait fait confiance à deux personnes qui n'avaient pas ce qu'il fallait pour s'occuper de son argent. S'il avait signé ses oeuvres avec son vrai nom, André Montmorency au lieu de "Momo", il en aurait vendu plus et à un meilleur prix. Il craignait d'être seul en fin de vie. Il m'avait dit : "Quand mon tour va venir, je serai seul". J'espère que ce n'était pas le cas», dit Mme Lemarquand.

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