Normandeau poursuit Cogeco pour 722 000$

Nathalie Normandeau était animatrice au FM93.... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Nathalie Normandeau était animatrice au FM93.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) L'ex-animatrice de radio du FM93 Nathalie Normandeau poursuit Cogeco pour congédiement illégal et réclame au total 722 000 $, soit l'équivalent de son salaire prévu jusqu'en 2019 ainsi que des dommages moraux et punitifs.

Radio-Canada a révélé ce matin l'existence de la poursuite civile intentée par l'ancienne vice-première ministre du Québec, qui doit répondre à sept accusations de fraude, corruption, abus de confiance après une frappe de l'UPAC. Nathalie Normandeau a été arrêtée le 17 mars en même temps que d'autres personnalités politiques, comme Marc-Yvan Côté.

Elle affirme dans sa requête déposée en Cour supérieure qu'elle a appris par les médias, le jour de son arrestation, qu'elle était suspendue sans salaire par Cogeco jusqu'à la fin des procédures judiciaires.

Elle apprend aussi par les journaux qu'elle sera remplacée par l'animatrice Myriam Ségal. En aucun temps, allègue Mme Normandeau, Cogeco ne l'a contactée pour discuter de la situation.

Ce n'est que 12 jours après son arrestation que Nathalie Normandeau rencontre le directeur de la programmation au FM 93, Pierre Martineau. Elle lui présente un avis juridique qui estime, à la lumière du droit actuel, qu'elle devrait être rémunérée durant sa suspension. L'animatrice dit qu'elle a proposé à son patron de continuer à occuper des fonctions liées à la recherche, à la préparation d'entrevues et à l'analyse de contenu.

Nathalie Normandeau sera congédiée le 5 avril. «Nous avons revu votre dossier et avons conclu que les récents événements vous impliquant affectaient votre image et/ou votre crédibilité et qu'en conséquence, nous ne pouvions, dans le cadre de l'émission que vous animiez, vous laisser en ondes», écrit Cogeco dans la lettre de congédiement.

L'entreprise de radiodiffusion estime qu'un article dans le contrat de Nathalie Normandeau lui permet de la congédier «pour motifs sérieux».

L'ex-animatrice de radio rétorque que son congédiement est illégal car il ne repose sur aucun motif sérieux. Cogeco, dit Mme Normandeau, a décidé de la congédier seulement sur la base d'accusations alors qu'elle bénéficie de la présomption d'innocence. Ce congédiement illégal équivaut, selon elle, à une condamnation sur la place publique et la rend «inemployable» tant que le jugement ne sera pas rendu.

Pas de lien avec l'emploi

Les faits à la base des accusations criminelles portées contre Nathalie Normandeau couvrent la période du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2012, alors qu'elle était députée puis ministre du gouvernement libéral. Des faits qui n'ont «aucun lien avec la nature de l'emploi occupé» par l'ex-animatrice, allègue-t-elle dans sa requête.

Nathalie Normandeau a commencé sa carrière d'animatrice de radio aux côtés d'Éric Duhaime en décembre 2014. L'automne dernier, elle avait accepté de signer un contrat jusqu'à la fin août 2019.

L'ex-animatrice réclame la somme de 572 000 $ en pertes de revenus jusqu'à la fin de son contrat.

L'ex-animatrice estime avoir été gravement atteinte par la manière «cavalière», selon ses termes, dont Cogeco l'a remerciée de ses services. En plus d'avoir vu sa réputation atteinte, Mme Normandeau allègue avoir vécu énormément de stress en raison des agissements de son ex-employeur. Elle réclame donc une somme additionnelle de 150 000 $ en dommages moraux et punitifs.

Ordonnance de sauvegarde

Les avocats de Nathalie Normandeau et de Cogeco se retrouveront en cour mercredi à Québec pour débattre d'une ordonnance de sauvegarde pour rétablir le traitement salarial de l'ex-animatrice. Nathalie Normandeau affirme que l'absence injustifiée, selon elle, de sa rémunération entraîne de graves conséquences, dans un moment où elle doit supporter les coûts des procédures judiciaires intentées contre elle. «La demanderesse se retrouve dès lors dans une situation où il lui devient impossible en pratique d'assumer les frais inhérents à un procès s'annonçant très long et, par conséquent, coûteux.» L'animatrice ajoute qu'en raison de sa suspension sans salaire, elle a perdu le financement hypothécaire déjà autorisé par Desjardins pour l'achat d'une propriété.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer