Game of Thrones, la série de tous les excès

Game of Thrones, la série-vedette de la chaîne... (Fournie par HBO)

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Game of Thrones, la série-vedette de la chaîne HBO, reprend l'antenne dimanche en anglais; Le trône de fer, la version française, arrivera le 27 juin à Super Écran.

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(Québec) Depuis six ans, le printemps s'accompagne, au petit écran, d'une nouvelle saison de Game of Thrones. Cette année ne fait pas exception et dès dimanche, les tribulations qui secouent les continents d'Essos et de Westeros reprendront à l'antenne de HBO - le 27 juin en français à Super Écran.

À cette occasion, Le Soleil vous propose une immersion dans l'univers créé par George R.R. Martin.

La naissance d'un nouveau monde

Arya... (Fournie par HBO) - image 3.0

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Arya

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Difficile de parler de Game of Thrones en évitant les superlatifs. La série-vedette de la chaîne HBO, qui reprend l'antenne dimanche (Le Trône de fer en français le 27 juin à Super Écran), a révolutionné le monde de la télé de maintes manières, donnant forme à un univers en demi-teintes, où rien n'est aussi simple qu'il n'y paraît.

Les excès de violence qui ponctuent les épisodes de Game of Thrones, les maintes scènes de nudité ou, encore, les séquences alliant brutalité et sexualité ont énormément fait jaser. Le casting, aussi, qui serait le plus imposant de l'histoire du petit écran. Et que dire des budgets faramineux, qui se chiffrent à 10 millions $US l'épisode pour la sixième saison, pour un total de 100 millions $US...

Serions-nous devant la série de tous les excès? Peut-être, mais il y a davantage. On ne parvient pas à toucher des dizaines de millions de spectateurs autour du globe en se contentant de faire dans la démesure. Cette mouture télévisuelle des romans de George R.R. Martin est dense, structurée de manière unique et s'appuie sur des personnages recelant une indéniable profondeur. 

De la fantasy pour adultes

Les créateurs de l'adaptation télévisée, David Benioff et D.B. Weiss, étaient à peu près inconnus dans le milieu lorsqu'ils ont approché George R.R. Martin. Ils auraient gagné la confiance de l'auteur en répondant correctement à la question «qui est la mère de Jon Snow?», l'un des personnages-clé de l'histoire, qui est un bâtard. En dépit de la grande complexité de cette saga, les deux hommes étaient persuadés que leur version fonctionnerait.

«Nous croyions que la fantasy est le genre le plus populaire au monde», a indiqué Benioff à Vanity Fair. Si vous regardez les grandes séries des deux dernières décennies, qu'ils s'agisse du Seigneur des anneaux ou de Harry Potter, ces films sont bâtis pour un public plus jeune. Les livres de [George R.R. Martin] sont profondément adultes, pas seulement en termes de sexualité et de violence, mais dans les sujets abordés - l'idée que ce ne soit pas un conflit entre le bien et le mal.»

Pour élaborer ce qui est devenu son oeuvre maîtresse, Martin s'est inspiré de la guerre des Deux-Roses, en Angleterre, qui opposa de 1450 à 1485 deux branches des Plantagenêts prétendant à la couronne, les York et les Lancastre. Aussi, le quotidien du continent de Westeros a beaucoup à voir avec celui du Moyen Âge anglais et français. Le mur d'Hadrien est par ailleurs à la source de ce qui devient le Mur. Pour étoffer et diversifier sa création, Martin a aussi puisé dans le passé des Grecs, des Mongols, des Vikings et des Italiens, en plus d'y ajouter une touche de fantastique.

L'adaptation télé n'a pas été une réussite instantanée. En fait, les créateurs se sont cassé les dents sur l'émission pilote, qui a dû être tournée une deuxième fois. Ils ont ensuite patienté quatre longs mois avant que HBO ne leur donne le feu vert pour poursuivre. Mais dès lors, la machine s'est mise en marche et le public a été au rendez-vous.

Des libertés

Bien qu'ils aient été le plus fidèles possible à l'écriture de George R.R. Martin, Benioff et Weiss ont parfois dû prendre leurs distances, ce qui est allé jusqu'à faire disparaître des personnages qui sont toujours en vie dans les livres.

«À un certain point, l'émission peut peut-être raconter jusqu'à 13 histoires différentes, mais pas 24, explique Benioff. Je ne veux pas négliger Arya [Stark, l'une des figures importantes], parce qu'il y a 15 autres personnages dans un autre pays avec lesquels on doit passer du temps.»

David Benioff et D.B Weiss savaient pertinemment qu'ils briseraient certaines règles de la télé en allant jusqu'à faire mourir des héros qui s'annonçaient attachants. Ils n'avaient d'ailleurs pas eu peur de vendre ainsi le projet à HBO. 

Les puristes devront s'y faire : les créateurs continueront de prendre leurs distances dans la saison qui s'amorce. Toutefois, même si le diffuseur souhaite encore plusieurs saisons de Game of Thrones, il ne serait pas question d'étirer la sauce au risque de diluer la qualité de la série.

«Nous connaissons la fin et nous roulons en sa direction, soutient Benioff. Alors l'idée d'étirer tout ça pour avoir quelques années de plus parce que nous passons du bon temps et que les gens font de l'argent, on sent que ce serait une trahison.»

Petit guide à l'usage des néophytes

Un Marcheur blanc... (Fournie par HBO) - image 5.0

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Un Marcheur blanc

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Game of Thrones ne réunit pas une, mais plusieurs histoires qui s'entrecroisent et qui en abritent d'autres, secondaires. Aucun personnage ne peut se targuer d'être celui autour duquel tourne l'intrigue, bien que certains soient davantage à l'avant-plan. Pour les non-initiés, essayons de raconter la prémisse de départ sans brûler de punchs.

Diverses grandes familles habitent les continents de Westeros et d'Essos. L'histoire débute en temps de paix, sous la gouverne du roi Robert Baratheon, à qui appartient le trône de fer. Tout chavire lorsque le souverain meurt pendant un accident de chasse. Son jeune fils, le cruel Joffrey, prend alors le contrôle, manipulé en coulisses par la reine mère, Cersei Lannister. Or bientôt, la légitimité et même l'identité du jeune roi sont remises en question, si bien que diverses luttes s'engagent pour la conquête du fameux trône.

On suivra Cersei, qui fait tout pour s'accrocher au pouvoir; ses deux frères, dont le sympathique et futé nain Tyrion, mais aussi le frangin de Robert, Stannis Baratheon.

Tous les membres de la famille Stark ont des rôles-clés : le père Ned, venu à Port-Réal en soutien au roi Robert, accompagné de ses filles Sansa et Arya. Sa femme, Catelyn, et leur fils aîné Robb demeurent dans leur domaine du Nord, de même que le jeune Bran, qui a perdu l'usage de ses jambes. Le fils bâtard de Ned, Jon Snow, rejoint pour sa part la Garde de nuit, cette confrérie qui oeuvre au Nord, au pied du Mur, et qui empêche les peuples nordiques et les créatures fantastiques, en particulier les Marcheurs blancs (les White Walkers), de marcher au Sud. Parallèlement, la jeune Daenerys Targaryen, dont le père avait été chassé du Trône de fer, organise sa reconquête sur le continent d'Essos avec les trois grands alliés que sont ses dragons.

Des scènes qui font jaser

Le viol de Sansa Stark par son mari,... (Fournie par HBO) - image 7.0

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Le viol de Sansa Stark par son mari, le sadique Ramsay Bolton, a choqué de nombreux fans de la série.

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Plusieurs scènes de Game of Thrones ont été litigieuses en raison de leur violence extrême ou de leur sexualité explicite, mais celle qui a fait couler le plus d'encre est sans doute le viol de Sansa Stark par son mari, Ramsay Bolton, le soir de sa nuit de noces. Le sadique Ramsay avait forcé Theon Greyjoy, qui a grandi auprès de Sansa, à assister à la scène...

Plusieurs critiques autour du globe ont élevé le ton, estimant que cette séquence était gratuite et inutile dans la progression de l'histoire. Même la sénatrice américaine du Missouri, la démocrate Claire McCaskill, a fait savoir qu'elle en avait assez vu et qu'elle cessait de suivre la série.

Le scénariste Bryan Cogman, d'abord muet sur la question, s'est défendu dans la piste de commentaire qui accompagne l'épisode, sur le coffret Blu-Ray de la cinquième saison. «Quand nous avons décidé de fusionner l'histoire de Sansa avec celle d'un autre personnage, dans le livre, c'était avec l'idée que ce serait profondément satisfaisant d'avoir Sansa de retour dans la maison de son enfance et de naviguer dans cette histoire gothique d'horreur et, bien sûr, qu'elle soit réunie avec Theon - ce qui la mettait en position de reprendre le domicile familial et de devenir un personnage central dans l'histoire au sens large. En prenant cette décision, nous étions confrontés à la question : si elle marie Ramsay, que lui arriverait-il lors de sa nuit de noces? Nous avons décidé de ne pas tourner le dos à ce qui arriverait, de façon réaliste.»

Le comédien Michael McElhatton, qui campe Roose Bolton, le père de Ramsay, fait remarquer pour sa part qu'au-delà de cette scène scabreuse, la cinquième saison était très sombre : «toute cette histoire avec Stannis [Baratheon] qui brûle sa fille; et à la toute fin, avec sa femme qui se pend? Les gens parlent beaucoup du viol de Sansa, mais la fille de Stannis qui est brûlée, c'était passablement horrible.»

Est-ce que la sixième saison sera l'occasion de moments plus heureux ou s'annonce-t-elle aussi dure que la précédente? Iwan Rheon, l'interprète de Ramsay Bolton, opte pour le second choix.

«Je crois que plus les personnages deviennent désespérés, plus les choses qu'ils peuvent faire sont horribles. C'est seulement lorsque Ramsay est désespéré qu'on peut voir tout ce dont il est capable.»

Quand la fiction rejoint la fiction

L'auteur américain George R.R. Martin... (Archives AP, Matt Sayles) - image 9.0

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L'auteur américain George R.R. Martin

Archives AP, Matt Sayles

Game of Thrones est d'abord et avant tout le bébé de l'auteur américain George R.R. Martin. En fait, il a baptisé sa saga A Song of Ice and Fire et A Game of Thrones en est le premier tome. Au départ, il planifiait une trilogie. Désormais, il se dirige vers sept volumes, dont cinq sont parus - les amateurs attendent toujours le sixième, The Winds of Winter, dont la sortie a été repoussée. L'homme de 67 ans admet avoir été distrait par différents projets, comme l'écriture de certains épisodes de la version télévisuelle.

«Je n'écris rien d'autre jusqu'à ce que j'aie livré Winds of Winter, a-t-il fait savoir sur son blogue. Pas d'écriture télé, de nouvelles, de préfaces, rien. Et j'ai laissé tomber tous les projets d'édition que je dirige, sauf Wild Cards

Le retard qu'a pris Martin a un impact non négligeable. En effet, à partir de la sixième saison, l'adaptation télé a rejoint les publications papier, si bien que l'action des nouveaux épisodes n'a pas encore été publiée. Cela dit, les scénaristes restent en contact avec l'écrivain, afin que les événements incontournables aient lieu; or la manière de s'y rendre risque d'être passablement différente. Déjà, des choix qui ont été faits ont des répercussions notables : Martin a déclaré lors d'une récente entrevue à IGN qu'il irait de l'avant avec une histoire qui implique un des personnages décédés dans la série télé et donc que cette intrigue ne pourra jamais être vue par les téléspectateurs.

«Je me fais dire tous ces trucs comme quoi j'ai des idées sanglantes, mais David [Benioff] et Dan [DB Weiss] sont plus sanglants que moi», a-t-il rigolé.

Il a ajouté : «Idéalement, j'aurais aimé avoir fini les sept livres et avoir l'histoire complète, mais la série se développe à un rythme plus rapide que moi et c'est parce que je suis un écrivain lent.»

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