La Ville de Québec poursuit le FM93 pour 1 million $

Des propos tenus par le morningman du FM... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Des propos tenus par le morningman du FM 93 Sylvain Bouchard sont jugés «mensongers, malicieux et diffamatoires» par la Ville de Québec.

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(Québec) La Ville de Québec a déposé mercredi une poursuite de 1 million $ contre la station de radio du FM93 et son propriétaire, Cogeco, pour des propos tenus par le morningman Sylvain Bouchard à propos de «corruption» dans l'administration municipale.

La Ville réclame 500 000 $ en guise de réparation et un autre 500 000 $ de dommages punitifs, accusant dans un communiqué «l'animateur Bouchard [d'avoir] intentionnellement et gravement porté atteinte à la réputation, la dignité, l'intégrité et la probité de la Ville, son administration, ses fonctionnaires ainsi que ses élus».

L'affaire remonte à l'émission Bouchard en parle du 25 novembre dernier, au lendemain de la publication du rapport de la Commission Charbonneau sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. Dans son texte, la juge France Charbonneau documentait (entre bien d'autres choses) un «cartel de Québec» dans lequel des firmes de génie-conseil de la capitale ont perverti le système d'appel d'offres de la Ville pour se séparer les contrats. Il s'agissait d'un acte de «collusion», ce qui est illégal, mais il n'impliquait pas forcément de la «corruption», soit le fait pour un fonctionnaire ou un élu de toucher une somme d'argent en échange d'un traitement de faveur.

Dans le document de la poursuite, la Ville allègue toutefois que M. Bouchard a «malhonnêtement» et «malicieusement» franchi le pas entre les deux. Lisant en onde un article du Journal de Québec, l'animateur a déclaré que «huit firmes étaient impliquées, et la collusion, la corruption a persisté plus longtemps à Québec qu'à Montréal. C'est écrit en toutes lettres ici».

L'article en question, il faut le préciser, ne parlait que de collusion et n'utilisait nulle part le mot corruption.

D'après le verbatim cité par la poursuite, M. Bouchard a par la suite réutilisé le terme corruption à plusieurs reprises de même que l'expression «contrats truqués» - sans préciser si le trucage relevait de la collusion ou de pire.

Précisons que la poursuite ne vise pas directement l'animateur, mais bien Cogeco, son grand patron Louis Audet, la station elle-même et son directeur Richard Renaud, parce qu'ils «n'ont rien fait pour s'assurer que l'animateur Bouchard cesse ou s'abstienne de tenir des propos mensongers à l'endroit de la Ville».

Pas une première

Rappelons que l'administration Labeaume et le FM93 n'en sont pas à leur première passe d'armes. La maire refuse toutes les demandes d'entrevue de l'émission Bouchard en parle depuis longtemps, ce dont l'animateur se plaint régulièrement en onde. Au printemps 2013, la Ville avait également mis la station en demeure après un reportage laissant entendre que le maire Labeaume s'était ingéré dans le travail de ses fonctionnaires pour faire diminuer l'évaluation foncière du Château Frontenac.

Ces propos avaient été publiquement rétractés dans les semaines suivantes, mais ceux du 25 novembre dernier n'ont jamais été rectifiés, prétend la poursuite.

La Ville de Québec a indiqué qu'elle ne commenterait pas davantage cette affaire. Du côté des défendeurs, le directeur général du FM93, Richard Renaud, et la maison-mère de Cogeco ont eux aussi préféré réserver leurs commentaires.

«Perte de temps», dit Shoiry

Par ailleurs, le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Paul Shoiry, estime que cette poursuite est une perte de temps et d'argent. «Il y a bien d'autres priorités à la Ville de Québec que de dépenser du temps, de l'énergie et des fonds publics pour payer des frais de cour», a tranché M. Shoiry.

Sur le fond, l'élu de Démocratie Québec s'explique mal que ce qu'on reproche à l'animateur Sylvain Bouchard car le 4 septembre 2013, dit-il, le maire Régis Labeaume a lui-même affirmé qu'il allait poursuivre les firmes qui auraient posé des actes de collusion dans le «cartel de Québec» révélé à la Commission Charbonneau. «À ma connaissance, il ne les a jamais poursuivis. Et là, il poursuit une station de radio qui parle ces firmes. Lui-même en a parlé en septembre 2013», a ajouté M. Shoiry.

«Je ne comprends pas qu'une Ville poursuive une station et un animateur de radio. Ça fait partie de Québec qu'il y ait de la radio parlée. On en a tellement entendu dans le passé. Mais la liberté d'expression est très importante.»  

Avec Valérie Gaudreau

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