Hommes en transition

Catherine Brunet, Éric Robidoux, Laurence Leboeuf, Sylvain Marcel... (Photo fournie par Super Écran)

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Catherine Brunet, Éric Robidoux, Laurence Leboeuf, Sylvain Marcel et Ève Duranceau

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(Québec) On vous apprend qu'une maison de transition pour ex-détenus s'ouvre au coin de votre rue. Les plus ouverts d'entre nous n'y verraient aucun problème, les plus inquiets, eux, y trouveraient matière à angoisser. Et s'ils décidaient de récidiver?

La série Marche à l'ombre, diffusée cet automne à Super Écran, risque de modifier notre vision de ces passages obligés pour les détenus avant de retourner dans la collectivité, un peu comme l'a fait Unité 9 avec les prisons de femmes. C'est du moins ce que souhaite son réalisateur, Francis Leclerc, qui a installé les locaux fictifs du Centre Le Phoenix dans un ancien presbytère de Lachine.

C'est à travers le travail de quatre jeunes criminologues qui travaillent comme intervenants, joués par Laurence Leboeuf, Catherine Brunet, Ève Duranceau et Éric Robidoux, qu'on pourra découvrir les résidents de cette maison de transition pour hommes dans cette série de 10 épisodes d'une heure. Ça va du hacker qui vole des guichets automatiques (Jean-Carl Boucher) au batteur de femme (Didier Lucien dans un rare rôle dramatique), en passant par un jeune prostitué (Simon Labelle-Ouimet). Sylvain Marcel joue le superviseur du centre.

Comme il l'avait fait pour Mon meilleur ami avec Claude Legault, diffusée il y a deux ans à Séries+, Francis Leclerc a choisi d'adopter une approche documentaire pour insuffler le plus de réalisme possible à la série, signée Ian Lauzon (De père en flic, Piché, entre ciel et terre), avec la collaboration de Ludovic Huot et de Catherine Léger. «Il n'y a pas un mort par épisode. Pas de plan au ralenti, beaucoup moins de sang que dans 19-2», insiste le réalisateur, qui dit ne pas avoir lu de texte de série aussi prenant depuis Apparences.

Coproductrice de la série, Josée Desrosiers a elle-même été agente de libération conditionnelle. «J'ai abandonné le métier parce que j'étais tannée de me faire mentir», a-t-elle déjà confié, ce qui donne un peu une idée du quotidien des quatre criminologues de la série.

Gildor Roy, qu'on revoit de plus en plus comme acteur, incarne un ancien chef de gang criminalisé, libéré après 25 ans de prison. Vingt-trois ans après avoir joué Richard Blass au grand écran, l'acteur dit croire en la réhabilitation des criminels. «Il y a bien des crosseurs dans le monde, on se fait fourrer de tous les bords, mais dans le fond, je pense que l'être humain vaut la peine d'être sauvé. La série parle de ça», nous a-t-il confié sur le plateau de tournage.

Parce qu'évidemment, ces gars-là ne sont pas des enfants de choeur. Malgré la gravité de leurs gestes, Francis Leclerc promet qu'on s'y attachera, une tâche pas facile, surtout lorsqu'on parle d'un pédophile, joué par Guy Thauvette. «Il est bien sympathique le vieux Alain, mais il a tué du monde et il a violé des enfants, c'est pas drôle», confie le réalisateur, qui a visité des maisons du genre pour mieux les décrire.

Francis Leclerc a l'impression de faire oeuvre utile avec cette série et affirme être devenu une meilleure personne depuis qu'il a réalisé la minisérie Mon meilleur ami, sur la rééducation d'un homme rendu tétraplégique après un accident d'escalade. «J'ai un oeil différent par rapport aux clochards, je donne plus d'argent. À force de rencontrer des gens mal pris, tu te rends compte qu'il n'y a pas seulement ton petit monde.»

Le rôle d'Ève Duranceau, qu'on a vue récemment en enquêteuse dans Le berceau des anges, avait d'abord été confié à Mélissa Désormeaux-Poulin, qui s'est désistée au dernier moment, malgré un contrat signé. Francis Leclerc, qui connaissait Ève Duranceau, l'a appelée en renfort, et celle-ci n'a eu que deux jours à s'initier aux méandres des maisons de transition. Bien qu'il n'ait jamais compris le geste de l'actrice, le réalisateur dit être passé à autre chose depuis longtemps.

Après les comédies Patrice Lemieux 24/7 et Madame Lebrun, qu'on verra au printemps, Marche à l'ombre sera la première série dramatique de Super Écran, qui souhaite diffuser de nouvelles productions originales québécoises dans les prochaines années. Le grand patron au contenu chez Bell Média, Mario Clément, a donné carte blanche à Francis Leclerc, qui dit jouir d'encore plus de liberté qu'au cinéma. Super Écran ne diffusant pas de publicités, il a le luxe de pouvoir faire des épisodes d'une durée variant de 48 à 59 minutes comme c'est le cas sur HBO. «C'est une série que tu ne montres pas à des enfants. J'ai des acteurs qui sont vraiment game, dans la sexualité, dans la violence. On ne se censure pas.»

Francis Leclerc planche toujours sur son projet d'adaptation cinématographique du roman Pieds nus dans l'aube avec Fred Pellerin. Il projette depuis 20 ans de transposer cette oeuvre de son père Félix Leclerc au grand écran.

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