La radio où tout le monde parle

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(Québec) La radio parlée de Québec se distingue depuis des décennies avec ses animateurs colorés, caustiques et forts en gueule. Même si les controverses sont moins nombreuses qu'il y a une quinzaine d'années, l'époque qui a vu naître l'étiquette «radio-poubelle» dans la capitale, le phénomène demeure toujours vivant. Avec l'arrivée imminente de nouveaux joueurs derrière le micro, Le Soleil a tendu l'oreille pour faire le point sur cet univers en pleine ébullition, où la concurrence s'annonce plus féroce que jamais.

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J eff Fillion dit avoir fini son adolescence à 33 ans. «Même si j'étais un ado retardé, je voulais être moi. Aujourd'hui, à 47 ans, je veux encore être moi, mais je ne veux plus jouer de game. Ce que je faisais dans le temps, je ne trouve pas ça drôle.»

Le Soleil, Patrice Laroche

«La parole est d'argent et le silence est d'or», dit le vieil adage. C'est plutôt le contraire dans le marché radiophonique de Québec. Les commentaires, débats et opinions ont la cote plus que jamais. Tout le monde parle ou presque, dans un marché où les radios musicales sont appelées à perdre des plumes, estiment les gens de l'industrie.

«La radio parlée a toujours été vivante à Québec, ça fait partie de notre ADN. C'est un peu notre mémérage de perron d'église», lance le coanimateur du matin à CHOI Radio X Jérôme Landry. «Le défi, c'est de trouver de bons animateurs, mais je suis pas mal plus inquiet pour les radios musicales.»

«Tu peux magasiner plus que jamais, l'auditeur est gagnant», renchérit son collègue Denis Gravel, dont la station a coiffé la concurrence dans le «marché total» lors des derniers sondages Numeris, avec 318 100 auditeurs. Dans le «marché central», le FM93 l'emporte avec 180 800 personnes. Entre les deux, Rouge FM tient le fort de la radio musicale.

Après de beaux jours sur la bande AM, avec les CHRC, CKCV et CJRP, la radio parlée de la capitale doit sa popularité retrouvée au... Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Au fil des ans, plusieurs propriétaires de stations, incapables de respecter le quota de contenu musical francophone réclamé par l'organisme fédéral, ont préféré céder le micro à des animateurs, du matin au soir. Et de toute évidence, la tactique rapporte, du moins pour le moment. Tellement que la rumeur prête à CKOI le désir de délaisser le format musical pour le talk, après la récente métamorphose de NRJ.

«S'il y a tant de monde pour se lancer dans la radio parlée, c'est parce que les patrons regardent les sondages», explique Sylvain Bouchard, animateur du matin au FM93. «Mais c'est aussi une pression supplémentaire pour les animateurs. La journée où je suis plate, l'auditeur en a trois qui attendent qu'il change de poste.»

Animatrice du retour à ICI Radio-Canada Première, Catherine Lachaussée estime que la diversité des voix est bénéfique. «Il n'y aura jamais trop de radios parlées. Ça permet à un maximum de joueurs de s'exprimer. C'est bon pour la vie à Québec et pour la démocratie.»

À l'inverse, son collègue du matin à la même station, Claude Bernatchez, croit que l'arrivée d'une nouvelle station privée de radio parlée n'est pas nécessairement un pas dans la bonne direction. «Je trouve dommage qu'une station comme NRJ copie un format existant. En même temps, ces stations appartiennent à des conglomérats dont le mandat est de faire de l'argent. Peuvent-ils se permettre de prendre des années pour développer un nouveau créneau?»

Point de saturation

«Sincèrement, on a atteint la limite. Je ne sais pas si ce sera viable pour certaines stations. Il y a un joueur qui va devoir abandonner à long terme», lance l'ex-controversé animateur de CHOI Radio X, Jean-François «Jeff» Fillion, à l'antenne le midi chez NRJ depuis mars 2014.

Le vétéran Gilles Parent du FM93, roi incontesté du retour à la maison (29 300 auditeurs en moyenne au quart d'heure, selon les derniers chiffres Numeris) croit que Bell Média, propriétaire de NRJ, se lance dans un créneau fort achalandé, avec l'embauche de Fillion et de Stéphan Dupont. «C'est l'argent qui a parlé. C'est une business. Bell a voulu briser la dualité entre le FM93 et CHOI. Il manque maintenant à NRJ un autre gros joueur [pour l'émission du retour].»

«Le problème, ce n'est pas tant d'avoir trois stations privées de talk, mais d'en avoir trois qui ont le même discours, avec la petite mentalité néoconservatrice de droite. Tout le monde pense pareil», déplore Yves Laramée, ex-animateur qui cumule 34 ans d'expérience dans les stations de Montréal et de Québec.

Alain Dufresne, directeur du Collège Radio Télévision de Québec, une institution qui forme les animateurs de demain, dénonce lui aussi l'uniformité des voix. «La radio privée parle, mais elle dit à peu près la même chose. Si tu n'es pas un angry young white man, l'offre a pas mal la même couleur. Je ne tombe pas par terre quand je passe de CHOI au FM93, et il y a maintenant NRJ qui embarque dans le wagon. Si tu veux une opinion différente, tu vas où?»

Professeur au Département de communication sociale et publique de l'UQAM, Olivier Turbide craint les risques d'escalade pour se démarquer de la concurrence, que ce soit par des propos ou des concours scabreux. «Si tout le monde est pareil, il faut faire davantage pour se distinguer. C'est une logique économique.»

Ras-le-bol de l'auditoire

Or, les coups de gueule et les dénonciations tous azimuts, le public commencerait à en avoir marre, croit Catherine Lachaussée. Elle a senti une désaffection l'automne dernier. «Il y a une espèce de bruit ambiant négatif. On sait que c'est l'austérité, mais il y a des limites à toujours en parler. Les gens qui ont envie d'un débat sain ont pris un break de radio, et je ne peux pas les blâmer.»

Le nouvel animateur du matin à NRJ, Stéphan Dupont, croit pouvoir tirer profit de cette vague de négativisme. «J'écoutais CHOI et Bouchard, mais je me suis tanné. Ça devient redondant et négatif.»

Les auditeurs qui en ont ras le bol des envolées agres-sives sur l'actualité seraient plus nombreux qu'on le croit, estime Jeff Fillion. «On oublie beaucoup cette clientèle. Des gens qui veulent se divertir sans se casser la tête, qui ne lisent pas les journaux, qui ne veulent pas entendre parler qu'on se fait avoir avec la dette.»

«Les auditeurs sont capables de faire la part des choses. Ce ne sont pas des cruches vides

qu'on remplit tous les matins. Ils sont capables d'avoir leurs propres opinions.»

Sylvain Bouchard, FM93

«Québec est un bon marché de radio, mais ce n'est pas Montréal. Il y a de la place pour deux stations privées de radio parlée, mais trois, ça risque d'être difficile. Il va finir par manquer d'auditeurs.»

Danny Fortin, directeur général, CKRL

«On cible maintenant les groupes plutôt que les individus, de peur de poursuites coûteuses, comme celle de Sophie Chiasson. On a fait un bon travail de relations publiques pour rendre ça plus soft.»

Olivier Turbide, professeur de communication sociale et publique, UQAM
Pour Stéphane Gasse, la notion de radio-poubelle survit... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 5.0

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Pour Stéphane Gasse, la notion de radio-poubelle survit davantage «dans l'esprit des gens de Montréal».

Le Soleil, Yan Doublet

« Même moi, on m'accuse de faire de... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 5.1

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« Même moi, on m'accuse de faire de la radio-poubelle si je pose des questions un peu trop serrées», affirme Catherine Lachaussée, d'ICI Radio-Canada Première.

Le Soleil, Yan Doublet

De radio-poubelle à radio extrême

Une douzaine d'années après les dérives de Jeff Fillion, la radio parlée de la capitale traîne toujours une réputation de radio-poubelle, au grand dam de ses animateurs qui aimeraient tourner la page. «La radio-poubelle, c'est pas mal plus dans l'esprit des gens de Montréal», avance Stéphane Gasse de CHOI Radio X. «Un peu comme à l'époque du magazine Croc, qui avait décrété que Drummondville était la ville plus plate du Québec.»

«Même moi, on m'accuse de faire de la radio-poubelle si je pose des questions un peu trop serrées, c'est incroyable...», lance l'animatrice du retour Catherine Lachaussée, d'ICI Radio-Canada Première.

«On se sert de cette étiquette pour descendre ceux qui font de la radio un peu colorée», croit Jérôme Landry de CHOI Radio X. «On dirait qu'on dérange parce qu'on pose beaucoup de questions.»

Le directeur du contenu chez NRJ, Marc Tanguay, parle d'une «époque révolue». Les animateurs ont acquis une plus grande maturité et tiré des leçons. «Il y a aussi une moins grande tolérance du public, qui s'attend à avoir une information éclairée qui fait avancer les choses.»

«Personne n'a le goût de revivre ce qui s'est passé», explique Sylvain Bouchard du FM93. «On travaille tous pour de grosses compagnies qui ne veulent pas avoir de problèmes avec le CRTC [Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes] et les tribunaux.»

Ex-professeure de linguistique à l'Université Laval et ardente critique des radios de Québec, Diane Vincent préfère le vocable «radio extrême» pour décrire la nouvelle approche du monde hertzien de Québec. Mais, sur le fond, croit-elle, la situation n'a pas tellement évolué. «La radio est moins outrancière qu'à l'époque de Jeff Fillion à CHOI, sauf qu'on ne s'attaque pas à des individus, mais à des groupes. On propage un sentiment d'exclusion avec un discours de droite teinté de sexisme et de racisme.»

Olivier Turbide, professeur au Département de communication sociale de l'UQAM, préfère utiliser le terme radio de confrontation, mais lui aussi pense que l'approche reste la même. «On construit artificiellement une tension sociale entre des groupes. L'ennui, c'est qu'un cercle d'auditeurs s'identifie à ce genre de discours, comme les critiques à l'égard des cyclistes.»

Marcher sur des oeufs

«J'ai toujours demandé une définition de la radio-poubelle et je n'en ai jamais eu», rétorque Éric Duhaime, le nouveau coanimateur du midi au FM93. «C'est toujours plus facile de dénigrer l'autre sans apporter d'arguments.»

Popularité des médias sociaux aidant, Jérôme Landry déplore qu'une «guerre nucléaire» soit déclarée chaque fois qu'une déclaration est sortie de son contexte. «C'est rendu qu'on marche sur des oeufs. Il faut se tourner la langue sept fois avant de bâtir une phrase et la sortir en ondes.»

L'animateur du matin à ICI Radio-Canada Première, Claude Bernatchez, croit aussi au rôle accru des médias sociaux. «Ils alimentent les propos tenus à l'antenne. En voulant les dénoncer, on leur accorde de l'importance. Un scandale, c'est toujours un bon moyen d'aller chercher du monde.»

Depuis trois ans, CHOI Radio X et le FM93 sont régulièrement la cible de détracteurs sur le site sortonslespoubelles.com. Les écarts de conduite des animateurs y sont répertoriés, extraits audio à l'appui. L'un des instigateurs du site, qui réclame l'anonymat par crainte de poursuites et de représailles, déplore la prolifération de «propos racistes, sexistes, homophobes». Le site vise aussi à sensibiliser les annonceurs et à inciter les auditeurs à divers organismes de régulation (CRTC, Conseil de presse, etc.).

«Ça fait partie du métier, même si je trouve que c'est exagéré. Ce qui me dérange, par contre, c'est que ça se fasse à visage caché», déplore Sylvain Bouchard du FM93.

«Dans le contexte, l'anonymat est indispensable», rétorque l'auteur du site, rappelant la poursuite-bâillon de CHOI Radio X contre Jean-François Jacob, en juin 2013, après la création d'une page Facebook incitant les annonceurs à ne plus faire affaire avec les stations controversées.

«On a eu la réponse où se trouve maintenant la ligne avec Carl Monette [animateur du midi à CHOI Radio X, suspendu une journée en novembre pour avoir tenu des propos sexistes en ondes]», mentionne Alain Dufresne, directeur du Collège Radio Télévision de Québec. «Il y a 10 ans, ce genre de propos serait passé sous le radar. Là, le flag s'est levé pas mal plus vite.»

«La règle est simple: est-ce que tu peux assumer tes paroles devant quelqu'un?» observe Gilles Parent du FM93. «Les patrons sont très intolérants pour les écarts. Aussitôt que tu vas dans la vie personnelle, tu vas te faire ramasser.»

Fillion rendu ailleurs

Jeff Fillion, celui par qui le scandale est arrivé jadis, avoue être passé à autre chose. Ses fidèles lui reprochent son style différent, moins agressif, depuis son arrivée à NRJ en mars 2014. Le principal intéressé plaide la maturité.

«J'ai fini mon adolescence à 33 ans, après je suis devenu adulte. Même si j'étais un ado retardé, je voulais être moi. Aujourd'hui, à 47 ans, je veux encore être moi, mais je ne veux plus jouer de game. Ce que je faisais dans le temps, je ne trouve pas ça drôle.

«Plus jeune, poursuit-il, je faisais de la radio avec mes tripes et ma passion, et ça m'a brûlé. J'en ai payé le prix longtemps. Quand tu commences à avoir du succès, tu ne touches plus à terre. J'aurais aimé avoir un peu plus d'encadrement. Tout le monde qui monte vite comme moi a besoin d'une bonne structure autour de lui. Il faut qu'on te rappelle tes responsabilités.

«Aujourd'hui, je fais de la radio avec un côté businessman, de façon plus détachée et cérébrale, en mettant de côté mes émotions. Je ne veux plus d'un show pipi-caca comme avant parce que je veux être encore là dans 10 ou 15 ans.»

«Les dérapages de Jeff Fillion ont fait mal à tout le monde. Depuis, les gens de radio se sont autodisciplinés. On peut faire de l'opinion, se chicaner, se parler dans le blanc des yeux, mais en respectant des limites.»

Pierre Martineau, directeur de la programmation, FM93

«On peut avoir un langage correct sans parler un français pointu. Il faut aussi essayer d'être le plus naturel possible.»

Marc Tanguay, directeur du contenu, NRJ

«Jeff Fillion était allé trop loin. Je pense qu'on a appris de ces années-là, de toutes ces niaiseries. Le public aussi est rendu ailleurs. Il demande des choses plus intelligentes.»

Stéphane Gasse, animateur du retour, CHOI Radio X

Un poids politique contesté

La radio parlée de Québec contribue-t-elle à orienter l'opinion des auditeurs ou, au contraire, ses animateurs prêchent-ils à des convertis? Son influence est-elle aussi importante qu'on peut le croire? Ce débat qui ressemble à celui de l'oeuf et la poule est loin de faire l'unanimité.

«Les politiciens de la région fonctionnent beaucoup avec ce qui se dit sur ces radios. Jamais n'ont-elles eu autant d'influence», croit Diane Vincent, professeure retraitée de linguistique de l'Université Laval et auteure d'un livre sur les dérives de CHOI Radio X, au début des années 2000.

«La radio de Québec est peut-être un peu moins extrême, mais elle est toujours aussi à droite. Il y a un terreau fertile dans la population que la radio vient catalyser», ajoute Mme Vincent, prenant en exemple le ton «réjouissant et agressif» de certains animateurs au sujet de la mise en veilleuse de la subvention gouvernementale au projet Le Diamant, de Robert Lepage.

Marie-Laurence Rancourt, animatrice à CKIA et instigatrice d'une journée d'étude sur la radiophonie québécoise, en novembre, à l'Université Laval, ajoute sa voix à celle des détracteurs. Selon elle, il faut cesser de minimiser l'influence des radios parlées de Québec. «Je trouve déplorable qu'elles aient autant de pouvoir sur notre vie collective. C'est très dommageable.»

Manipulation

L'instigateur du site Sortons les radio-poubelles (sortonslespoubelles.com), qui se réfugie dans l'anonymat de peur de poursuites, croit qu'au fil des ans, quelques stations sont devenues «très politiques», à son grand dam. «Leur discours s'aligne sur celui de la CAQ [Coalition avenir Québec] et du Parti conservateur. Les animateurs s'amusent à manipuler le vote des auditeurs.»

Le duo d'animateurs du matin à CHOI Radio X réfute ces allégations. «On nous impute un poids politique qu'on n'a pas. Ça ne fait pas un pli sur la différence, lance Denis Gravel. Moi, la politique m'emmerde profondément, mais je crois qu'il faut s'y intéresser. C'est mon devoir de le faire, de poser des questions pour faire réfléchir.»

«On a plus un devoir qu'un poids politique», ajoute son collègue Jérôme Landry. «On est d'abord deux pères de famille et deux payeurs de taxes. Et si on avait autant de pouvoir qu'on le dit, l'ADQ [Action démocratique du Québec] aurait fait élire un paquet de députés dans la région.»

Leur patron, Philippe Lefebvre, directeur général de CHOI Radio X, abonde dans le même sens. «On n'a pas l'influence qu'on nous prête, ce serait nous donner un peu trop d'importance. Un péquiste ne changera pas d'idée parce qu'on tient un discours libéral. Les auditeurs viennent à notre antenne pour consolider leurs opinions.»

«Personne à la radio n'a embarqué dans la vague NPD [Nouveau Parti démocratique] aux élections fédérales, mais elle est arrivée pareil», observe Jeff Fillion, de NRJ. «Quand vient le temps de voter, les gens sont capables de penser par eux-mêmes. Les groupes de pression, eux, sont capables de faire changer un sondage de bord, les animateurs de radio, pas tant que ça.»

L'animateur Sylvain Bouchard du FM93 croit pour sa part à «une certaine influence» des animateurs de radio parlée de Québec. «Mais j'aimerais surtout qu'on écoute davantage la colère de la population dans certains dossiers. La radio est un bon thermomètre.»

«Si jamais un animateur fait une coche mal taillée qui peut nuire au propriétaire de la station, merci, bonsoir, on passe à un autre appel...»

Stéphan Dupont, animateur du matin, NRJ

«Il y a une guerre commerciale avec une grande partie de spectacle, parce que ça rapporte en cotes d'écoute. Tant que l'auditeur en reste conscient, il n'y a pas de problèmes.»

Catherine Lachaussée, animatrice du retour, ICI Radio-Canada Première

«Trop d'erreurs se font sous prétexte de parler au monde. Pour bien parler, tu n'es pas obligé d'utiliser des grands mots de l'Académie française. René Lecavalier et Gilles Tremblay parlaient au monde.»

Claude Bernatchez, animateur du matin, ICI Radio-Canada Première

Numeris, un outil imparfait

Trois fois par année, les stations de radio reçoivent leurs bulletins: les sondages Numeris (anciens BBM), qui ont pouvoir de vie et de mort sur la carrière d'une émission et des animateurs. À Québec, les enquêtes s'effectuent à l'aide de cahiers de sondages que des auditeurs volontaires doivent retourner par la poste. Une méthode désuète?

«Moi, je considère que les cahiers, c'est trop problématique, c'est fini», juge Jeff Fillion de NRJ. «Tout le monde sait qu'il y avait du flou dans le dernier sondage, mais on ne peut pas le dire trop fort, toute l'industrie repose là-dessus.»

Le jour n'est pas loin, croit-il, où une méthode, plus fiable et capable de hausser l'échantillonnage, sera accessible, telle une puce pouvant capter les fréquences radio dans les applications de téléphones mobiles.

Yves Laramée, un ex-animateur et blogueur sur le site Ma petite radio, parle lui aussi d'«un problème majeur», particulièrement au regard du taux peu élevé de retour de cahiers. «Le faible échantillonnage crée des écarts considérables dans certains groupes d'âge. Un seul cahier d'écoute peut faire une différence considérable. Des centaines de jobs reposent sur ces résultats.»

«C'est une méthode un peu archaïque, mais c'est la seule qu'on possède. C'est comme la démocratie: c'est le moins pire des mauvais systèmes...», ajoute Stéphane Gasse, de CHOI Radio X.

«Québec est un bon marché de radio, mais ce n'est pas Montréal. Il y a de la place pour deux stations privées de radio parlée, mais trois, ça risque d'être difficile. Il va finir par manquer d'auditeurs.»

Danny Fortin, directeur général, CKRL

«Les auditeurs qui me disent qu'ils sont toujours d'accord avec moi, ils me font un peu peur. Je les aime pareil, mais ce n'est pas normal.»

Sylvain Bouchard, animateur du matin, FM93
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