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Benedict Cumberbatch arrive à rendre son Sherlock Holmes... (Photothèque Le Soleil)

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Benedict Cumberbatch arrive à rendre son Sherlock Holmes arrogant, insensible, hyperactif, manipulateur... et complètement attachant!

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Chaque mois, nous vous présentons une série télé qui a fait vibrer un de nos journalistes. Aujourd'hui : Sherlock

Qui détient le record Guinness du personnage littéraire le plus souvent personnifié au petit et au grand écran? Sherlock Holmes, bien sûr! On oserait même dire: élémentaire, mon cher Watson. Parmi les 254 personnifications compilées par l'organisation, une vaut sans contredit le détour : celle de Benedict Cumberbatch dans une adaptation contemporaine de la BBC signée par Mark Gatiss et Steven Moffat. 

Ce n'est pas une nouvelle série : les premiers épisodes de Sherlock ont été diffusés en 2010 en Angleterre. Or, la télévision européenne prend parfois du temps avant de traverser l'Atlantique, et depuis qu'elle a pris l'affiche sur Netflix et à Radio-Canada, l'émission a continué de gagner des admirateurs qui n'en peuvent plus d'attendre la quatrième saison, annoncée pour 2016. Il faut dire qu'à seulement trois épisodes de 90 minutes par saison, on a vite fait de passer au travers de la série! Pour les curieux qui ne seraient pas abonnés à Netflix, Ici ARTV diffusera l'émission à partir du 9 janvier. 

La BBC a frappé un grand coup en décidant de mettre en ondes cette version moderne des mythiques aventures du détective privé Sherlock Holmes, créé par l'Écossais Arthur Conan Doyle en 1887. Le personnage, né il y a plus de 125 ans, revit dans le Londres du XXIe siècle, avec ses complots terroristes, ses magnats de la presse et ses scandales politiques et financiers. 

Étonnamment, le passage des ans n'a pas rendu difficile l'adaptation contemporaine. Le fidèle acolyte de Holmes, le Dr John Watson, est dans la version originale de l'histoire un vétéran de la guerre anglo-

afghane... et puisque plus ça change, plus c'est pareil, il était tout à fait plausible que le Dr Watson (Martin Freeman) soit, de nos jours, aussi un militaire déployé et blessé en Afghanistan. 

Ce dernier revient vivre à Londres, sans le sou et sans amis (ou presque). Quelqu'un le met sur la route de Sherlock Holmes, qui a une chambre de libre dans son appartement du 221b Baker Street, tenu par la colorée Mrs Hudson. En allant visiter l'appartement, Watson tombe sur un drôle de moineau. Sherlock, autoproclamé «sociopathe hautement fonctionnel» - même si, de l'avis de plusieurs psychologues ayant commenté la série, il est loin d'être sociopathe ou psychopathe - est pour le moins... déstabilisant. 

Spécialiste de la science de la déduction, Sherlock est un brillant - mais asocial - consultant pour la police de Scotland Yard. L'inspecteur Lestrade fait appel à lui pour les cas désespérés et complexes, même si ses méthodes solitaires - et son attitude arrogante et calculée, exempte d'empathie - ne font pas l'unanimité auprès de ses collègues. 

Journal sur le web

Au fil des épisodes, Watson, à qui sa psychologue a suggéré d'écrire un blogue, raconte sur le Web les différents cas que lui et son acolyte résolvent. Une autre belle récupération des histoires originales, où c'est Watson qui tient la narration. 

S'ensuivent des énigmes impossibles et des poursuites folles dans les rues de Londres, toutes basées, du moins en partie, sur des histoires originales de Conan Doyle. Holmes retrouve d'ailleurs dans la première saison son ennemi juré - ou son double machiavélique -, le très perturbé Moriarty, avec qui il aura maille à partir plusieurs fois. Cumberbatch réussit à rendre le détective à la fois arrogant, insensible, hyperactif, manipulateur... et complètement attachant, dans une certaine vulnérabilité qu'on lui découvre au fil des épisodes. Surtout, c'est l'amitié qui se développe entre Holmes et Watson qui rend le tout franchement intéressant. 

Et aussi, cet irrésistible humour flegmatique très british, encadré par une réalisation cinématographique nerveuse illustrant le raisonnement ultrarapide du brillant détective Holmes. À faire pâlir de jalousie, quand on sait que cette série a été produite par la toujours excellente télévision publique de la Grande-Bretagne. Comme quoi, quand on s'en donne les moyens...

Au royaume des Cumberbitches

Le temps semble bien long pour les admirateurs de la série Sherlock, qui n'en peuvent plus d'attendre une nouvelle saison. Mark Gatiss a expliqué en entrevue que tourner des épisodes de 90 minutes pour la télévision est aussi exigeant que tourner un film pour le cinéma. 

Qui plus est, les acteurs de la série sont bien occupés. Pas évident de faire coordonner les horaires de tout le monde... Il faut dire que Benedict Cumberbatch, au premier chef, est sur une lancée fulgurante depuis la première diffusion de Sherlock. L'acteur, qui menait déjà une belle carrière sur les planches, enfile depuis les engagements et les rôles marquants au cinéma. Si son Sherlock mémorable lui a valu un Emmy Award comme meilleur acteur principal (et Watson à Martin Freeman un prix comme meilleur acteur de soutien), sa récente performance dans la peau d'Alan Turing, celui qui a pénétré le code des nazis durant la Seconde Guerre mondiale, dans le film Le jeu de l'imitation, lui vaut déjà des rumeurs d'Oscar. On retrouve aussi la paire dans le nouveau volet de la trilogie Le Hobbit, alors que Freeman incarne Bilbon Sacquet et Cumberbatch, la voix du dragon Smaug.

La coqueluche de ces dames

Avec toute cette attention, Cumberbatch est vite devenu la coqueluche de ces dames, qui se rassemblent maintenant sous le nom de Cumberbitches. Ce à quoi le principal intéressé a répliqué, avec un flegme presque sherlockien : «Je suis flatté, mais elles auraient pu trouver un meilleur nom collectif, comme les Cumberbuddies, ou encore, même si ça fait reculer le féminisme, les Cumberbabes. Ce ne serait pas l'idéal, mais ce serait toujours mieux.»

Et comme la gloire, de nos jours, ne vient jamais sans l'apport fabuleux d'Internet, il existe toute une collection de montages photo comparant les expressions faciales de Benedict Cumberbatch dans son personnage de Sherlock... à des loutres (bbcsherlockotters.tumblr.com). Le ridicule ne tue pas... il peut même rendre célèbre!

Un Sherlock d'époque?

Pour les créateurs de cette nouvelle mouture des aventures de Sherlock, Steve Moffat et Mark Gatiss (qui incarne aussi Mycroft, l'imperturbable frère de Sherlock, à la tête des services secrets du pays), il était clair qu'une nouvelle adaptation devait être contemporaine et non plongée dans l'ère victorienne des histoires originales. Or, en novembre, la BBC a publié sur son compte Twitter une photo du duo Holmes-Watson en habits d'époque, chapeau melon et haut-de-forme inclus. Martin Freeman affiche d'ailleurs une imposante moustache digne des premières illustrations de la série littéraire.  Simplement accompagnée des mots-clics #221back et #sherlock, la photo laisse croire que le duo voyagera dans le temps... ou ira dans un party costumé, c'est selon. Dès janvier, les comédiens se mettront au boulot pour tourner l'épisode spécial promis pour Noël 2015. Le tournage d'une nouvelle série de trois épisodes doit se faire plus tard en 2015, pour une diffusion en 2016.

Fiche signalétique

Titre : Sherlock

Provenance : Royaume-Uni

Année de création : 2010

Nombre de saisons : trois saisons de trois épisodes chacune

Durée de chaque épisode : 90 minutes

Créateur : Mark Gatiss et Steven Moffat

Interprètes : Benedict Cumberbatch, Martin Freeman, Una Stubbs, Rupert Graves, Louise Brealey, Mark Gatiss, Andrew Scott, Amanda Abbington

Résumé : Le fameux détective Sherlock Holmes et son partenaire, le Dr Watson, résolvent des crimes dans le Londres du XXIe siècle.

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