Réal Béland l'attendrissant

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Pour Réal Béland fils, la meilleure façon de nous rappeler la carrière de Réal Béland père est de transmettre son héritage à ses quatre filles, dans un documentaire intitulé Les Réal Béland.

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(Montréal) On oublie trop vite. Que savent les moins de 40 ans de Réal Béland, père? Bien peu de choses, si ce n'est qu'il a engendré l'un de nos humoristes les plus flyés, à qui il a transmis son prénom.

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Réal Béland père formait le populaire duo Ti-Gus et Ti-Mousse avec Denise Émond, aussi présente dans le film.

Archives Le Soleil

Réal Béland aurait 93 ans aujourd'hui. Son fils, qui n'avait que 12 ans à sa mort en mai 1983, voit avec regret la mémoire de son père disparaître. S'il était encore vivant, on lui aurait rendu hommage depuis longtemps au Festival Juste pour rire ou aux Olivier. Pour le fils, la meilleure façon de nous rappeler sa carrière était donc de transmettre son héritage à ses quatre filles, dans un documentaire intitulé Les Réal Béland, que diffusera Canal D le dimanche 21 décembre à 19h. Au-delà d'une biographie, le film de Nicolas Houde-Sauvé est la démonstration touchante de cet attachement à la famille légué par le père à son fils.

La timidité des humoristes, leurs contrastes entre la scène et la vie privée, fascineront toujours. Le Réal Béland fils du documentaire, attendrissant, calme et posé, vous le fera voir bien différemment de ce personnage délinquant, un peu dadais, qu'il expose sur scène. Pas de larmes quand il parle de son père, mais certainement une admiration et une satisfaction de l'avoir eu tout à lui durant les dernières années de sa vie.

Quand il parle de Ti-Gus et Ti-Mousse, duo que formait son père avec Denise Émond, aussi présente dans le film, Réal parle d'un humour moins intellectuel de celui qu'on pouvait pratiquer à l'époque. Avec eux, «tu riais avec ton ventre et pas avec ta tête», dit-il de ce duo légendaire, qui se produisait dans les cabarets «où le vrai monde allait voir des spectacles».

À réentendre des extraits de leurs spectacles, on saisit tout le rythme et l'efficacité de cet humour qui ne se pratique plus aujourd'hui, et qui, il faut le dire, a passablement vieilli. Cela n'enlève rien au mérite de cette paire de fantaisistes qui a osé sortir des sketches de cuisine pour miser sur leurs personnalités et entremêler gags et chansons devant deux micros.

La caméra suit la famille dans son VUS, en route vers un spectacle de Réal à Saint-Hyacinthe. Les deux plus jeunes, adoptées en Chine et au Viêtnam, découvrent l'existence de ce grand-père qui a pratiqué le métier de leur père; les deux plus vieilles, elles, apprennent à mieux connaître leur père en l'écoutant parler du grand Réal.

On les verra observer leur père de la coulisse, comme le faisait Réal avec Réal. Ces soirs-là, l'humoriste n'adoucit pas ses blagues plus adultes; quand il entendait celles de son père, il comprenait ce qu'il avait à comprendre, sans en sortir traumatisé.

Influence du paternel

Avec ses filles, il parcourt les archives de son père, notamment dans le rôle de Gustave dans Moi et l'autre, anticipant chacune des lignes à venir. Les yeux de Sophie Quérillon, sa conjointe, s'illuminent lorsqu'elle raconte que Réal Béland père a lui-même monté le journal de bébé de son fils. Sans l'avoir connu personnellement, elle sent son influence chaque jour, entre autres quand Réal insiste pour reprendre la route durant plusieurs heures après ses spectacles, parce qu'il tient à voir ses filles au réveil.

D'une durée de 90 minutes, Les Réal Béland aurait eu intérêt à être resserré. À force d'appuyer sur le legs du sens de la famille, on finit par tomber dans la redite. Il n'est presque pas question de Pier Béland, fille d'un premier mariage, qui a tourné au cauchemar d'après ce qu'en dit la conjointe de Réal, et dont celui-ci ne voulait pas parler. Très peu question aussi de la mère de l'humoriste. Mais le documentaire fait oeuvre utile en rappelant ce phénomène, longtemps snobé et méprisé, qui aura pourtant constitué un chapitre important de notre histoire du rire.

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