Le cancer qui ronge Shannon

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«Une étude menée sur un village aussi petit risquerait de créer inutilement la panique» — Le Dr Henri Prud'homme, directeur de Santé publique Québec

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«Ici, à votre gauche, le monsieur est mort d'un cancer, sa dame aussi. Ici, à votre droite, une demoiselle Vachon a eu un cancer du côlon, possiblement un cancer du cerveau en même temps. Le père est mort d'un cancer de la prostate, jeune, et un de ses fils a eu un cancer du rein...»

Cette petite promenade dans Shannon du journaliste Guy Gendron avec le médecin de la municipalité, le Dr Claude Juneau, suffit à donner des frissons. Le scandale de l'eau contaminée, dont on croit observer les ravages près de la base militaire de Valcartier, a intrigué l'équipe de l'émission Enquête, qui lui accorde toute son émission de ce soir, 20h, à Radio-Canada.

Impossible de ne pas associer le nombre anormalement élevé de cas de cancers à Shannon à la contamination des eaux par le trichloroéthylène (TCE), mises au jour en 2000. Le reportage intitulé «Cancers à Shannon : une histoire d'eau» s'appuie sur un recours collectif de citoyens voulant obtenir réparation. Vous verrez plusieurs résidants raconter des histoires d'horreur reliées au cancer. Le témoignage de Chantal Mallette, dont le fils de 18 ans combat actuellement un cancer du cerveau, arrache les larmes. Mme Mallette ignorait tout de la gravité de la con­tamination lorsqu'elle a emménagé dans la municipalité en 2000.

L'enquête de Guy Gendron lève le voile sur la négligence dont ont fait preuve les autorités en place. Les citoyens qui ont demandé des études épidémiologiques se sont butés à un refus de la Direction de santé publique. «Une étude menée sur un village aussi petit risquerait de créer inutilement la panique», affirme le directeur de santé publique Québec, le Dr Henri Prud'homme. Même s'il y a cinq fois de plus de cancers à Shannon, la Direction de santé publique s'obstine à nier l'évidence.

Les faits ne datent pas d'hier : l'équipe a mis la main sur une étude datant de 1978 faisant état de déversement de solvant dans la nappe phréatique par le centre de recherche de l'armée et une fabrique de munitions. Peut-on établir de manière certaine un lien entre un cancer et le TCE? Devant l'inaction des autorités locales, il a fallu qu'un laboratoire d'analyse des mutations génétiques à Pittsburgh prenne l'enquête en main. Pendant ce temps, aucune décontamination n'a encore été faite...

Ni la compagnie SNC ni l'armée n'ont accepté d'accorder des entrevues à l'équipe d'Enquête.

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