Envol et Macadam: Hugo Mudie au diable les étiquettes

L'ancien Sainte-Catherines Hugo Mudie dévoilera son album Cordoba... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

L'ancien Sainte-Catherines Hugo Mudie dévoilera son album Cordoba le 15 septembre.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Dans ses différents projets musicaux - dont 13 ans au micro de la formation punk The Sainte-Catherines -, Hugo Mudie se targue d'avoir posé sa voix sur une bonne trentaine d'albums. Il ne l'avait toutefois jamais fait sous son propre nom. Il remédiera le 15 septembre à la situation en dévoilant Cordoba, une collection qui ratisse large dans les styles et qui ne dément pas la volonté de son auteur de (se) surprendre ni un certain goût pour la provocation.

Tant pis pour les accros aux étiquettes, l'écoute de Cordoba nous fait passer du rock au folk au pop au punk au hip-hop. Hugo Mudie l'admet sans ambages, il voulait «un peu tout faire» sur ce premier album en solo. «C'est un peu un genre de fuck you au punk, qui est très traditionaliste et très fermé d'esprit. Bizarrement, on s'imagine tous le contraire», avance derrière ses lunettes fumées le grand tatoué, qui se produira au Festival Envol et Macadam samedi soir, à la Source de la Martinière. 

«C'est un peu une espèce d'hommage à la modernité, reprend-il. Les gens sont de moins en moins pognés dans un style. Les jeunes écoutent n'importe quoi. Ils écoutent des tounes. Mon fils de 10 ans tripe autant sur Taylor Swift que sur Drake ou les Ramones. Il n'a pas conscience vraiment des styles. Il trouve juste que la toune est cool. Je trouvais que ça fittait dans l'air du temps. J'ai voulu faire quelque chose d'actuel, pas de nostalgique.»

Entre 1999 et 2012, Hugo Mudie a distillé une bonne dose de punk - 750 concerts dans une quinzaine de pays, nous dit-on - au sein des Sainte-Catherines. Après la dissolution du groupe, il a baissé le volume en lançant avec Fred Jacques le projet Miracles, plus ancré dans le folk et actuellement en «hiatus», indique Mudie. 

«Je me suis demandé si je repartais tout de suite un autre band, raconte-t-il. Mais partir un band, ça implique plusieurs choses qui ne me tentent plus, comme dealer avec plein d'opinions. Et je pense qu'où j'en étais rendu dans la vie au niveau confiance en soi, je n'avais plus besoin de ça.»

Il y avait une part de défi dans l'aventure. Comme de composer davantage de musique ou de varier les thèmes d'écriture. Sur deux titres, par exemple, il adopte le point de vue de jeunes femmes : Sirènes a été inspirée des manifestations contre la culture du viol et Je ne suis pas mon corps évoque les standards de beauté. «C'est quand même une réflexion que j'ai eue souvent, explique Mudie. Mettons que je rencontre quelqu'un, la personne qu'elle voit, ce n'est pas nécessairement ce que je suis pour vrai. Malheureusement, t'es pogné avec ton physique. Mais pour un gars, je pense que l'impact n'est pas si grand.»

«Brasser un peu le monde»

Quand vient le temps de braquer les projecteurs sur sa propre surconsommation, Hugo Mudie ne manque pas d'autodérision : il nous balance Tofu Dogs, ode pesante au minimalisme ou plutôt «toune punk défonce années 80 semi-humoristique», selon sa propre description. Il n'adoucit pas le ton pour décocher quelques flèches aux médias en lançant une double invitation à ses auditeurs : Ferme ta TV et Ferme ta radio. Pas mal pour un gars qu'on peut entendre comme chroniqueur à Radio-Canada et qui a vu son premier extrait, Livre d'or, entrer en rotation sur les ondes commerciales.

«Je trouve que quand je suis là, c'est le fun, tu peux l'ouvrir, [la radio]. Mais le reste du temps, tu peux la fermer», rétorque, le sourire en coin, celui qui dit prendre plaisir à «provoquer et brasser un peu le monde».

Il a réussi son effet en signant pour Urbania un billet dans lequel il s'attaque aux critiques de musique, une pratique obsolète selon lui. Les yeux dans son téléphone, il rigole franchement en lisant une réaction à son texte sur les réseaux sociaux. «Je ne suis pas important, lance-t-il. Si moi, je trouve que ce que tu fais n'est pas important, toi, tu devrais t'en crisser. Tout le monde devrait se crisser de ce que les autres pensent, anyway», justifie le musicien, bien conscient que les gens peuvent avoir l'épiderme sensible. «C'est là mon jeu! renchérit-il. Je vais continuer à jouer à ça longtemps, parce que je trouve qu'il n'y a pas beaucoup de monde qui le fait. Artistiquement, le Québec est très consensuel.»

Une attitude qui ne date pas d'hier, selon le principal intéressé. «Quand j'étais petit, je me faisais dire que j'étais un leader négatif. Moi, je me disais : "Au moins, je suis un leader!"» relate Hugo Mudie en riant.

Aussi à Envol et Macadam...

Vendredi

  • Mute, 19h30 à l'îlot Fleurie
  • H20, 20h30 à l'îlot Fleurie
  • Propagandhi, 21h30 à l'îlot Fleurie
Samedi

  • Bodh'aktan, 20h30 à l'îlot Fleurie
  • Streetlight Manifesto, 21h30 à l'îlot Fleurie
  • Les Deuxluxes, 00h15 au Cercle
Détails et programmation complète au envoletmacadam.com




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer