FME: flotter avec Richard Desjardins

Guitare en bandoulière et chemise dorée, Richard Desjardins... (FME, Christian Leduc)

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Guitare en bandoulière et chemise dorée, Richard Desjardins est arrivé au milieu de l'épique Les Yankees pour donner la réplique à Klô Pelgag et à un choeur féminin.

FME, Christian Leduc

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(Rouyn-Noranda) Le répertoire de Richard Desjardins flottait, littéralement, à Rouyn lors de la soirée de clôture du Festival de musique émergente, dimanche. Pour souligner les 15 ans de l'événement, une scène avait été installée sur le lac Kiwanis et le collectif du projet Desjardins, on l'aime-tu! s'y produisait, rejoint en fin de parcours par celui qui a couché dans son char.

Même les hommages musicaux les mieux ficelés, qui réunissent les meilleurs interprètes, donnent surtout envie de renouer avec l'approche du créateur original. Aussi, c'était une grande chance qu'après avoir entendu les compositions de Richard Desjardins défendues avec respect par Safia Nolin (merveilleuse Va-t'en pas), Bernard Adamus ou Fred Fortin, Desjardins lui-même prenne le micro.

Guitare en bandoulière, chemise dorée, le fêté est arrivé au milieu de l'épique Les Yankees pour donner la réplique à Klô Pelgag et à un choeur féminin. Sitôt la pièce terminée, il a utilisé les épithètes «irréel» et «surréel» pour qualifier ce qu'il vivait «dans sa propre petite ville», où plus de 12 000 personnes, selon les organisateurs, étaient venus l'écouter.

Cet hommage, présenté à Montréal et à Québec au préalable, n'a certainement jamais sonné aussi vrai que dimanche. Initiée par un gars du coin, Steve Jolin, alias Anodajay, et arrangée par un autre musicien originaire de Rouyn, Philippe B., l'aventure prenait forme à «quatre rues» d'où Desjardins est né, non loin du lac où il «pêchait des perchaudes» qu'il «revendait à des immigrants» et proche du «bosquet en arrière duquel, à 15 ans...» - il nous a laissé imaginer le reste.

Ajoutez à cela qu'on assistait au concert depuis la plage et qu'on avait, comme décor, le lac, les cheminées ou encore la fonderie que chante Desjardins et il y avait quelque chose de spécial qui se passait là, même si ce ne sont pas toutes les interprétations qui ont été mémorables et qu'il faisait sacrément froid.

Desjardins a également entonné ...Et j'ai couché dans mon char, avec l'apport des Soeurs Boulay, pour finir avec Chaude était la nuit, entouré de tous les artistes du projet. Le public en voulait davantage, alors notre homme est revenu pour un rappel, seul avec sa six cordes.

Scène extérieure Kiwanis... (FME, Louis Jalbert) - image 2.0

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Scène extérieure Kiwanis

FME, Louis Jalbert

Holubowski: planer d'abord

Le FME est une sorte d'hybride entre un festival de facture plus traditionnelle et les vitrines que peuvent offrir RIDEAU ou South By Southwest, à grande échelle. Il faut dire qu'il y a beaucoup de professionnels d'ici et de l'étranger qui sont en ville pour du réseautage et du repérage. Les performances sont souvent courtes, ce qui permet d'en voir plusieurs. Et comme elle sont courues sans que ce ne soit à tout coup le délire, hormis à certains endroits en soirée (on reste plus proche du milieu alternatif que du répertoire grand public), on peut généralement se présenter à la dernière minute sans se buter à des portes closes.

La journée de dimanche illustrait bien ces deux facettes. On a eu d'une part de brèves performances, y compris des concerts-surprise dans des lieux inusités, et, de l'autre, l'événement extérieur autour de Desjardins. 

Avant qu'on ne plonge dans les mots et les musiques du bon gars, Matt Holubowski s'est pointé. Pour lui, pas question de flotter sur le lac. «Ce soir, on va planer», a-t-il plutôt prévenu. Pour ça, le costaud chanteur a le répertoire sur mesure. Et comme il a amplement promené son show au Québec, sa machine était bien huilée. Seulement, ses pièces étaient mollo pour un concert en plein air. On pouvait difficilement faire fi du public qui était plus occupé à jaser qu'à écouter. Holubowski n'en a pas moins défendu son matériel avec assurance, sans omettre son vibrato caractéristique.

Enfin, c'est à Klô Pelgag qu'est revenue la tâche d'ouvrir le bal, tandis que le soleil tombait sur le lac -la vue était magnifique. La chanteuse était en excellente forme, passant d'un clavier à l'autre, prenant toutes sortes de poses, souvent sur une jambe, sans négliger son chant. Derrière elle, son trio de cordes, ainsi que sa section rythmique affichaient le même aplomb. La foule a été peu à peu gagnée par sa proposition riche, éclatée et mélodique. 

Un programme triple diversifié, donc, pour clore ce 15e FME.

BLAIS: Complètement autre chose

Jean-Michel Blais au FME... (FME, Louis Jalbert) - image 3.0

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Jean-Michel Blais au FME

FME, Louis Jalbert

En fin de journée, Jean-Michel Blais conviait les festivaliers à une expérience différente de tout ce qu'on avait pu entendre au FME jusque là. Bien que le milieu classique se plaigne de voir les foules s'amaigrir, il apparaît évident qu'il y a toujours des amateurs pour des récitals de piano comme en avait concocté Blais: la salle où il se produisait était pleine à craquer.

Si Blais offre un jeu fin, rigoureux et gorgé d'émotions, il veut que l'atmosphère soit décontractée. Il a d'ailleurs indiqué qu'il s'accommodait fort bien du babillage des bébés qu'on entendait de temps à autre... Outre le répertoire de son album, qu'il a augmenté d'improvisations, Blais a joué du nouveau matériel en étouffant les cordes de son piano, et a touché à Satie.

Le Soleil était l'invité du Festival de musique émergente




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