Festival de musique émergente: résonnances abitibiennes

Pierre Flynn, un artiste qui n'est pas émergent... (Louis Jalbert)

Agrandir

Pierre Flynn, un artiste qui n'est pas émergent et qui n'est pas du coin, n'a pas caché son bonheur d'être en ville, entouré de tous ces jeunes artistes. À la blague, il a affirmé que pour survivre dans ce métier, «il faut émerger deux, trois, quatre fois»!

Louis Jalbert

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Rouyn-Noranda) Il y a des artistes d'un peu partout au Festival de musique émergente d'Abitibi-Témiscamingue : du Québec, du Canada anglais, des États-Unis, de France... Au milieu de cette diversité, les couleurs locales brillaient de plusieurs façons, vendredi, y compris par l'entremise d'un invité qui n'est pas du coin et qui n'est pas émergent : Pierre Flynn.

Le vétéran a blagué que, pour survivre dans ce métier, «il faut émerger deux, trois, quatre fois»! J'ai eu la chance de discuter avec lui avant sa performance et il ne cachait pas son bonheur d'être en ville, au coeur de cette offre musicale éclatée et de ces jeunes loups.

«On se pose toujours la question "suis-je pertinent en 2017?" En même temps, il ne faut pas à tout prix être hip, car c'est un piège, on peut se mettre à calculer les choses et ça, c'est dangereux. Mais il ne faut pas rester assis sur ses formules et son classicisme, car on reste figé dans le passé. Il faut être à l'écoute et le FME est comme un petit challenge...»

Duparquet

Mais quel est le lien entre le chanteur de Sur la route et l'Abitibi? Flynn a dans sa besace la chanson Duparquet, qui relate la jeunesse de sa mère dans cette petite ville située à quelque 40 minutes de Rouyn-Noranda. Quand il l'a entonnée, vendredi, le public réuni dans l'exigu club Chimo était tout ouïe.

Ce n'est pas la première fois que cette pièce fait un tel effet : le chanteur me confiait qu'il l'a interprétée à Rouyn-Noranda une première fois en solo, alors qu'elle était inachevée, puis durant la tournée de son récent album Sur la terre, où une belle surprise l'attendait au terme de la représentation.

«C'était assez particulier, parce que j'avais toute une délégation, ce que je ne savais pas, de Duparquet, qui est venue me saluer après le spectacle, dont monsieur le maire! C'était très touchant. Et il y avait même des personnes - c'était des gens en haut de 50 ans - qui m'ont donné des photos de ma mère, que je n'avais jamais vues avant, car elle a passé son enfance, jusqu'au début de son adolescence à Duparquet.»

À la manière d'un journaliste, Flynn avait invité sa mère à lui raconter, dans le détail, sa jeunesse heureuse dans ce coin de pays. Il en a tiré cette composition, un cadeau qu'elle lui a fait et qu'il lui a fait, en retour.

L'histoire n'est pas terminée : samedi, Flynn espère pouvoir aller faire un pèlerinage à Duparquet, question de voir la maison où sa mère a grandi et d'y prendre quelques photos...

Makwa

Le spectacle Makwa était une matérialisation de la... (Louis Jalbert) - image 2.0

Agrandir

Le spectacle Makwa était une matérialisation de la volonté de l'organisation du FME de tisser des liens avec les Premières Nations d'Amos.

Louis Jalbert

L'un des souhaits des organisateurs, avec ce 15e FME, était de tisser des liens avec les Premières Nations d'Amos. Le spectacle Makwa, précédé, durant la journée, d'une discussion sur la culture anicinabe, ainsi que de différents ateliers, était certainement ce qui illustrait le plus cette volonté. 

Amorcé près des lieux où se trouve la grande scène extérieure du FME, pour se poursuivre au parc Tremoy, le spectacle mettait à contribution une douzaine de danseurs, vêtus de superbes habits traditionnels, des chanteurs et percussionnistes, ainsi que le conteur Richard Kistabish. Ce dernier a relaté, avec une pointe d'humour, comment l'ours est venu à jouer un rôle prédominant dans son peuple, tandis qu'autour de lui, les danseurs, dont un qui représentait l'ours, habillé d'une fourrure, illustraient ses propos.

Cette performance, durant laquelle les artistes se retrouvaient entourés par un public varié et familial, a bénéficié d'un temps magnifique, s'achevant tandis que le soleil tombait sur le lac Osisko. Une proposition qui a apporté une tout autre touche au festival.

D'autres voix locales

Les couleurs locales ont également été notables dans d'autres styles musicaux. En début de soirée, en même temps que Pierre Flynn, en fait, Phil Moreau sévissait avec son folk mordant. J'ai dû me contenter d'une moitié de concert, mais assez pour constater qu'il maîtrise aussi bien les mots et que les lignes musicales efficaces (excellente Quinze onces de gin) et qu'il connaît bien son Réjean Ducharme. 

Enfin, le hip-hop en a fait courir plusieurs au Paramount et c'était également un talent du coin qui avait l'honneur d'ouvrir la soirée avec son DJ : Mathew James.




À lire aussi

  • De la Bittt à la Pouttt à Tibi

    Sur scène

    De la Bittt à la Pouttt à Tibi

    Une longue soirée, bien arrosée et riche en décibels, ça se termine avec une poutine. Rien d'étonnant là-dedans. Sauf qu'à Rouyn, vous avez la... »

  • FME: flotter avec Richard Desjardins

    Sur scène

    FME: flotter avec Richard Desjardins

    Le répertoire de Richard Desjardins flottait, littéralement, à Rouyn lors de la soirée de clôture du Festival de musique émergente, dimanche. Pour... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer