Décès de Jerry Lewis, pitre au grand coeur

  • Jerry Lewis et Dean Martin (à droite) dans le film <em>Mon bonne amie Irma</em> (<em>My Friend Irma</em>) en 1949 ()

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    Jerry Lewis et Dean Martin (à droite) dans le film Mon bonne amie Irma (My Friend Irma) en 1949

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  • Jerry Lewis et Dean Martin (à gauche) en mai 1956 (AP)

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    Jerry Lewis et Dean Martin (à gauche) en mai 1956

    AP

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  • Dans le film <em>Docteur Jerry et Mister Love</em> (<em>The Nutty Professor</em>) en 1963 (AP)

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    Dans le film Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor) en 1963

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  • Une publicité pour le film <em>Docteur Jerry et Mister Love</em> (<em>The Nutty Professor</em>) en 1963 (AP)

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    Une publicité pour le film Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor) en 1963

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  • Sur un plateau de tournage (date non précisée) (AFP)

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    Sur un plateau de tournage (date non précisée)

    AFP

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  • À Paris en avril 1971, déguisé en clown, avec la première dame de France, Claude Pompidou (femme de l'ex-président Georges Pompidou, qui tient une rose. À droite, regardant vers le sol, la chanteuse d'opéra Maria Callas. (AP)

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    À Paris en avril 1971, déguisé en clown, avec la première dame de France, Claude Pompidou (femme de l'ex-président Georges Pompidou, qui tient une rose. À droite, regardant vers le sol, la chanteuse d'opéra Maria Callas.

    AP

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  • Le 6 septembre 1976, avec Dean Martin (à gauche) et Frank Sinatra (au centre) à Las Vegas (ASSOCIATED PRESS)

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    Le 6 septembre 1976, avec Dean Martin (à gauche) et Frank Sinatra (au centre) à Las Vegas

    ASSOCIATED PRESS

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  • Avec Dean Martin (à gauche), le 7 septembre 1976 (AP)

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    Avec Dean Martin (à gauche), le 7 septembre 1976

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  • Avec Sammy Davis Jr, le 15 mai 1988 (AFP)

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    Avec Sammy Davis Jr, le 15 mai 1988

    AFP

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  • Le 2 septembre 1990, lors du 25<sup>e</sup> anniversaire de son célèbre téléthon pour lutter contre la dystrophie musculaire (AP, Julie Markes,)

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    Le 2 septembre 1990, lors du 25e anniversaire de son célèbre téléthon pour lutter contre la dystrophie musculaire

    AP, Julie Markes,

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  • À l'émission de Larry King, le 26 août 1999 (AP, Chris Pizzello)

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    À l'émission de Larry King, le 26 août 1999

    AP, Chris Pizzello

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  • Au Festival de cinéma de Venise, le 11 septembre 1999, où il a reçu un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière (AP, Francesco Proietti)

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    Au Festival de cinéma de Venise, le 11 septembre 1999, où il a reçu un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière

    AP, Francesco Proietti

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  • Le 5 septembre 2005, lors de son fameux téléthon pour lutter contre la dystrophie musculaire. (AP, Jae C. Hong)

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    Le 5 septembre 2005, lors de son fameux téléthon pour lutter contre la dystrophie musculaire.

    AP, Jae C. Hong

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  • À Berlin, le 2 février 2006 (AFP)

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    À Berlin, le 2 février 2006

    AFP

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  • Le 22 février 2009, alors qu'il accepte le Jean Hersholt Humanitarian Award lors de la 81e cérémonie des Oscars (AP, Mark J. Terrill)

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    Le 22 février 2009, alors qu'il accepte le Jean Hersholt Humanitarian Award lors de la 81e cérémonie des Oscars

    AP, Mark J. Terrill

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  • Le 20 août 2011, alors qu'il accepte un prix pour l'ensemble de sa carrière de la Nevada Broadcasters Association, à Las Vegas. (AP)

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    Le 20 août 2011, alors qu'il accepte un prix pour l'ensemble de sa carrière de la Nevada Broadcasters Association, à Las Vegas.

    AP

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  • Le 23 mai 2013, au 66<sup>e</sup> Festival de Cannes (AFP, ANNE-CHRISTINE POUJOULAT)

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    Le 23 mai 2013, au 66e Festival de Cannes

    AFP, ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

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  • Le 12 avril 2014, alors qu'il a immortalisé l'empreinte de ses mains et de ses pieds devant le TCL Theater, à Hollywood. (AFP,  Frederic J. BROWN)

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    Le 12 avril 2014, alors qu'il a immortalisé l'empreinte de ses mains et de ses pieds devant le TCL Theater, à Hollywood.

    AFP, Frederic J. BROWN

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  • Le 8 avril 2016, à New York (AP, Brad Barket)

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    Le 8 avril 2016, à New York

    AP, Brad Barket

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  • Le 24 août 2016, à Los Angeles (AP, Rich Fury)

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    Le 24 août 2016, à Los Angeles

    AP, Rich Fury

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  • Avec l'illusionniste Criss Angel, le 11 septembre 2016, à Las Vegas (AFP,  Ethan Miller)

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    Avec l'illusionniste Criss Angel, le 11 septembre 2016, à Las Vegas

    AFP, Ethan Miller

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Valérie Mielnicki
Agence France-Presse
Paris

Clown des temps modernes aux mimiques élastiques, Jerry Lewis, décédé dimanche à Las Vegas à 91 ans, était aussi un acteur dramatique, comme Martin Scorsese l'a révélé dès 1983 dans La valse des pantins.

Pour Jerry, né Joseph Levitch à Newark (New Jersey), dans l'est des États-Unis, le 16 mars 1926 dans une famille juive d'origine russe, rien ne sépare la comédie de la tragédie.

«On n'est pas sérieux lorsqu'on a perpétuellement neuf ans», remarque celui que ses parents, tous deux artistes de music hall, appelaient Monsieur Néon.

Artiste complet, déjà bête de scène à 15 ans dans des rôles d'imitateur, il pousse à l'extrême le burlesque américain et s'illustre en chantant (même faux), dansant, mimant et excellant dans ses one-man-show.

Avec son visage poupin, cet inlassable créateur de gags, au comique essentiellement visuel, semble avoir conservé toute son enfance au fond de son regard étonné.

Fausses dents, faux nez, de haute taille, il jongle avec les infirmités. Son art du dédoublement trouve son apogée dans The Nutty Professor (Docteur Jerry et Mister Love).

Acteur dans plus de 60 films, Jerry Lewis est aussi producteur et metteur en scène, utilisant les handicaps dont on lui a fait grief, tour à tour «l'idiot» ou «le laid».

Ses détracteurs lui reprochent ses grimaces à répétition, un jeu sans nuances et un comique jugé épais. Il est moins fêté dans son pays qu'en Europe, en France en particulier où son prénom seul, en lettres majuscules, suffit souvent sur les affiches. Pour Jean-Luc Godard, il est «bien supérieur à Chaplin et Keaton».

Sa rencontre avec le chanteur Dean Martin, en 1946, est déterminante. Ils deviennent inséparables et montent une série de numéros qui font leur succès.

Après leur participation au fameux Ed Sullivan Show (1948), ils sont engagés par la Paramount et, dès leur premier film, My friend Irma (Ma bonne amie Irma), ils séduisent le public.

En solo après un duo légendaire

Dix ans plus tard, lassés par leur tandem, ils décident de faire carrière en solo. Jerry devient le principal interprète de films souvent dirigés par Frank Tashlin, comme The Geisha Boy (Le kid en kimono) et Cinderfella (Cendrillon aux grands pieds). Il est aussi metteur en scène comme dans The Bell Boy (Le dingue du palace).

En 1959, la Jerry Lewis Productions signe avec la Paramount un contrat record de 10 millions $, plus 60 % des bénéfices, pour 14 films en sept ans. En 1965, il quitte la Paramount pour Columbia.

Devenu professeur de cinéma à l'université de Californie du Sud, il réalise Which Way To The Front (Ya,Ya, mon général), hommage à Chaplin et nouvelle variation sur le thème favori du double.

Il apparaît davantage au petit écran, au théâtre et dans des spectacles, à Las Vegas notamment. Après 10 ans d'absence au cinéma, «l'idiot burlesque» retrouve son public dans Hardly Working (Au boulot Jerry) avant que Martin Scorsese, en 1983, et Emir Kusturica, en 1991, lui offrent un rôle dramatique, respectivement dans The King of Comedy (La valse des pantins) et Arizona Dream.

Parallèlement à ses activités artistiques et sportives (il s'entraîne au baseball avec les Los Angeles Dodgers), Jerry Lewis, père de sept enfants, s'occupait activement des handicapés physiques et mentaux.

Son engagement constant dans la lutte contre la dystrophie musculaire, avec l'animation, depuis 1966, d'un téléthon pour les myopathes, lui valut une nomination au prix Nobel de la Paix. De très nombreuses distinctions ont couronné son action, comme la Murray-Green Award (1971), une résolution du Congrès américain (1976), la Jefferson Award (1978) et, en 2009, un Oscar d'honneur pour ses activités humanitaires.




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