Les sosies d'Elvis se pressent à Memphis

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Sur la scène du New Daisy Theatre à Memphis, vêtu d'un des célèbres costumes de couleur crème d'Elvis, Matthew Boyce, 18 ans, impressionne des femmes plus âgées que lui grâce à son déhanché.

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Jennie Matthew
Agence France-Presse
Memphis

Quand il enfile sa tenue à paillettes et qu'il arrive sur scène, déguisé en Elvis Presley et en imitant les pas de danse du «King», Matthew Boyce se sent comme un vrai superhéros.

«Si on joue un personnage, autant s'en inspirer», philosophe cet ado qui vient de finir le lycée, pendant qu'il se maquille, se coiffe et affine ses rouflaquettes, pour finir sa transformation en Elvis.

Matthew, comme des milliers d'autres participants au concours «Elvis Tribute Artists», se produit sur scène pour faire revivre le «King», décédé en 1977 après plus de 20 ans de gloire.

À seulement 18 ans, il est plus jeune que ne l'était la légende du rock quand elle a enregistré ses premiers disques. Mais Matthew explique «être tombé dedans quand il était petit», grâce à sa tante et de sa grand-mère, deux admiratrices du King.

À sept ans, il a donné ses premiers spectacles. À huit ans, il a commencé à être payé pour cela.

Maintenant, il participe au concours «Elvis Tribute Artists» organisé à Memphis pour les 40 ans de la mort du King. Les vainqueurs remporteront entre 50 et 5000 dollars selon leur catégorie : jeune, amateur ou professionnel.

Sur la scène du New Daisy Theatre à Memphis, vêtu d'un des célèbres costumes de couleur crème d'Elvis, Matthew impressionne des femmes plus âgées que lui grâce à son déhanché.

La plupart de ses adversaires ont d'ailleurs l'âge d'être son père. Certains ont même plus de 70 ans, et ne sont nés qu'une petite dizaine d'années après leur idole.

Mais pour Matthew, cette passion n'a pas toujours été facile à assumer. Au collège, il était le «souffre-douleur» de ses camarades.

«Elvis m'aidait»

«J'étais au plus bas», se souvient-il. «Mais je rentrais chez moi et les disques d'Elvis m'aidaient à me sentir mieux».

Matthew aime qualifier le Elvis Tribute Artists de «famille». Le culte que ses membres vouent à Elvis est sans limite : pour eux, personne ne peut faire aussi bien que le King, dont la voix, l'aura et le charisme restent inimitables.

Les meilleurs sosies sont devenus eux-mêmes des célébrités dans le monde des admirateurs d'Elvis. Certains célèbrent même des mariages.

Mais cette carrière a également un coût. Matthew a dû prendre l'avion avec ses parents et son frère pour se rendre à Memphis depuis l'État de New York. Ses concerts peuvent lui rapporter entre 300 et 5000 dollars, mais le costume à lui seul coûte 5000 dollars.

À la rentrée il ira à l'école secondaire, mais il s'imagine pouvoir quand même continuer sa carrière d'imitateur.

«J'en ai encore pour une bonne quinzaine d'années devant moi», jure-t-il.

Bisous, câlins et autographes

«On peut pas être Elvis à jamais. Il y a un moment où il faut s'arrêter, où les pas de danse vont être trop douloureux à effectuer», développe-t-il.

Contrairement à Matthew, Ron Tutor n'a pas été un sosie d'Elvis pendant la plus grande partie de sa vie. Ce coiffeur de 52 ans est imitateur à mi-temps depuis seulement quatre ans. Ce qu'il veut, c'est s'amuser et rencontrer les admirateurs.

«Ils savent que nous ne sommes pas vraiment Elvis, mais ils nous traitent comme si c'était le cas. C'est génial : les bisous, les câlins, les autographes», sourit-il juste avant de monter sur scène.

«Les imitateurs transmettent son héritage. Ils rendent hommage à son patrimoine», abonde Angela Todd, une admiratrice absolue du rockeur, venue à Memphis depuis le Michigan pour l'anniversaire de sa mort.

Ron Tutor ne donne que deux spectacles par an. Il gagne «un peu d'argent de poche», mais c'est tout.

Pour le grand concours des 40 ans de la mort d'Elvis, et malgré la chaleur accablante du Tennessee, il a décidé de porter un blouson en cuir noir, accessoire préféré du King dans les années 60.

Le visage légèrement écarlate, il reconnaît avoir besoin «d'un peu de maquillage».

«Ça fait illusion sur scène. J'en rigole souvent avec ma femme, je lui dis : ''Tu sais quoi? J'ai bien meilleure mine de loin, il ne faut pas faire de zoom sur moi''».

Dans tous les cas, les spectateurs adorent.




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