Sur la route avec James Ehnes

Le violoniste James Ehnes agira comme soliste au... (Benjamin Ealovega)

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Le violoniste James Ehnes agira comme soliste au côté de l'Orchestre de la francophonie pour le Festival international du Domaine Forget.

Benjamin Ealovega

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(Québec) Pas facile d'être un jeune papa? Parlez-en à James Ehnes, qui voyage régulièrement avec toute sa petite famille alors qu'il sillonne la planète pour jouer des concerts.

Le violoniste a passé le Nouvel An en Chine et a joué depuis en Allemagne, en Islande, en Angleterre et aux États-Unis, en plus d'accompagner l'Orchestre du Centre national des arts d'Ottawa dans une tournée des provinces de l'Est du pays.

Il passera une bonne partie du mois de juillet à Seattle, où il assume la direction artistique d'un festival de musique de chambre, mais prendra toutefois une semaine de «repos» pour participer à trois festivals de musique canadiens à la mi-juillet : ceux de Toronto, de Stratford et du Domaine Forget, où il agira comme soliste au côté de l'Orchestre de la francophonie.

Nous l'avons attrapé il y a quelques semaines, alors qu'il revisitait les paysages entraperçus lors de la tournée canadienne qu'il s'est offerte pour fêter ses 40 ans, en 2016.

Le Canada en cadeau

«Je n'étais jamais allé à l'Île-du-Prince-Édouard, et là j'ai eu l'occasion d'y aller deux fois en six mois», constate le musicien. S'il a choisi d'accorder une attention particulière à son pays d'origine pour son changement de décennie, c'est pour renouer avec le territoire et avec son premier public. L'amour l'a amené à s'établir aux États-Unis, où il a fondé sa famille.

«Lorsque j'ai l'occasion de revenir au Canada, c'est souvent pour donner des concerts dans les grandes villes. Voler jusqu'à Toronto, Mont­réal ou Vancouver ne me permettait pas tellement de voir du pays. J'avais envie de revoir les villes plus petites, qui ont été si importantes pour moi lorsque je bâtissais ma carrière», explique le musicien.

Il a ainsi eu l'occasion de prendre le volant, un luxe rare à cause de son emploi du temps qui lui impose de prendre un avion pour la première répétition et de le reprendre sitôt le concert terminé. «C'était très spécial pour moi de prendre le temps, de voir comment les montagnes devenaient tranquillement les prairies, par exemple. Le paysage canadien est vraiment d'une beauté exceptionnelle, c'était presque mon cadeau à moi de moi», indique-t-il.

Le périple a été l'occasion de renouer avec sa famille restée au Canada et de montrer le pays à ses enfants. «J'ai un fils de 2 ans et une fille de 5 ans, qui, elle, se rappellera peut-être un peu du voyage, et je trouvais ça génial de leur avoir fait voir toutes les provinces», note le violoniste. Il est vrai que peu d'enfants, voire d'adultes, peuvent se targuer d'avoir fait l'exercice.

Le Nouvel An en Chine

James Ehnes a commencé l'année par une tournée en Chine avec le City of Birmingham Symphony. «C'était intéressant, j'ai rencontré des gens merveilleux. Par contre, le smog était hallucinant. C'est presque indescriptible, c'était plutôt horrifiant. Ce n'était pas le meilleur moment de l'année pour être en Chine», glisse-t-il.

Il ne semble pas y avoir assez de jours dans l'année pour contenir tous les engagements du musicien et jeune papa, qui peut heureusement compter sur une conjointe qui connaît bien les aléas de la vie d'interprète, puisqu'elle est elle-même une ancienne danseuse de ballet. «Ce sera plus difficile quand les enfants iront à l'école, et ça s'en vient très prochainement. Mais présentement, c'est bien. Même si c'est parfois complètement fou de voyager avec de jeunes enfants et toutes les choses dont ils ont besoin, d'essayer d'être un bon père et de devoir les quitter, à la fin de la journée, pour aller donner un concert. Les dernières années ont été incroyables, j'ai eu l'occasion de jouer beaucoup, et je sais que je devrai ralentir pour les prochaines années», constate-t-il.

Passion précoce

James Ehnes a commencé le violon à 4 ans. Selon sa biographie, du moins. «En réalité, j'ai plutôt commencé à 5 ans. Ma fête est en janvier, et j'avais reçu un violon pour Noël», rectifie le musicien. «Je voulais vraiment avoir un violon. J'avais cette idée ancrée dans la tête. Mon père était professeur de musique, c'était naturel pour moi de faire de la musique.» 

Il a appris à jouer avec la méthode Suzuki et contrairement à son frère aîné et à plusieurs de ses condisciples, a décidé d'en faire une carrière. «Je crois que c'est parce que j'aimais jouer et parce que j'aimais être doué là-dedans. C'est une combinaison des deux qui m'a incité à continuer. Puis ma connexion avec la musique est devenue plus profonde, ça m'a habité», explique-t-il.

Pendant son adolescence, il a eu l'occasion de jouer avec plusieurs grands orchestres après avoir remporté des concours. «Ça m'a incité à travailler fort et ça m'a donné confiance. Je n'ai pas ce type de carrière où il y a eu un moment magique et je me suis soudainement mis à jouer des centaines de concerts. Ça s'est construit très graduellement», souligne-t-il.

Vous voulez y aller?

  • Quoi: Concert de l'Orchestre de la francophonie
  • Qui: James Ehnes et l'orchestre, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay
  • Quand: samedi 15 juillet à 20h
  • : Domaine Forget, Saint-Irénée
  • Programme: Création de Giancarlo Scalia, Scène d'amour, extrait de Roméo et Juliette, de Berlioz, Concerto pour violon en la mineur et Concerto pour violon en ré mineur de J. S. Bach, Symphonie n˚ 1 en do majeur de Beethoven
  • Info: 418 452-3535 et www.domaineforget.com




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