Hall & Oates: la soul à l'épreuve du temps

Daryl Hall et John Oates n'ont jamais cessé de... (Mick Rock)

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Daryl Hall et John Oates n'ont jamais cessé de créer d'une manière ou d'une autre et s'efforcent de garder leur répertoire bien vivant.

Mick Rock

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(Québec) Voilà quelque 45 ans que Daryl Hall et John Oates trimballent leur soul, teintée tour à tour de r'n'b, de pop, de rock, d'électro ou de funk, autour du globe. S'ils ne flirtent plus avec les sommets des palmarès, comme dans les années 70 et 80, les Américains continuent d'être actifs, à témoin leur nouvelle tournée, qui les voit évoluer auprès de Tears for Fears.

Le concert de Daryl Hall et John Oates... - image 1.0

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Le concert de Daryl Hall et John Oates au Québec, le 21 juin à l'amphithéâtre, n'a pas pour but de présenter du nouveau matériel. C'est plutôt un voyage à travers le répertoire que le duo proposera. 

Hall & Oates est une impressionnante machine à succès. Les deux hommes cumulent pas moins de 34 hits, dont six numéro 1 aux États-Unis, parmi lesquels Kiss On My List, Maneater et Out of Touch. Ajoutons à cela qu'ils ont généré des ventes d'environ 40 millions d'albums et on comprendra pourquoi on leur a ouvert les portes du Songwriters Hall of Fame (2003), puis du Rock and Roll Hall of Fame (2014). Mais au-delà des airs accrocheurs et de l'incroyable voix de Hall, le duo affiche une étonnante profondeur pour quiconque prend le temps de creuser sa discographie. Nous sommes revenus sur le parcours du tandem en compagnie de Daryl Hall, une discussion que nous avons séparée en huit thèmes. 

  • Le secret de la durée
Rares sont les formations ou les duos qui ont su durer aussi longtemps que Hall & Oates. Les deux complices se sont rencontrés en 1967, lors d'un spectacle où leurs formations respectives devaient jouer. Un conflit a éclaté dans l'assistance, coups de feu compris, mettant brusquement fin à la soirée, mais provoquant une amitié qui s'est traduite par un premier album, en 1972, et qui perdure encore aujourd'hui. Le secret de cette association? «On a chacun nos projets; on ne passe pas beaucoup de temps ensemble autrement qu'en faisant des tournées de Hall & Oates, explique Daryl Hall. Je crois que le vieil adage qui dit ''absence speaks like thunder [l'absence parle comme la foudre]'' est profondément vrai avec nous. On ne se voit pas autrement que dans ces tournées, alors quand on se retrouve, ça garde notre travail empreint de fraîcheur. On ne se pile pas sur les pieds. On s'entend tout simplement bien, on est amis depuis très longtemps.»

  • D'un renouvellement à l'autre
L'un des traits distinctifs d'Hall & Oates, qui a peut-être été oublié au fil des ans, est à quel point le duo s'est renouvelé d'un album à l'autre, empruntant à différents styles sans perdre de vue ses racines soul. Les Américains n'ont jamais craint de s'éloigner des formules qui lui ont permis de s'illustrer, même si cela a pu impliquer des tensions avec les compagnies de disques ou une incompréhension du public. «Ça n'a jamais été facile, reconnaît Daryl Hall. On a eu nos hauts et nos bas, en ce qui a trait aux perceptions des gens, parce qu'on ne restait jamais au même endroit, on essayait plein de choses. Mais c'est dans notre nature créative, individuellement et collectivement.»

  • Nostlagique? Oui, mais...
L'unique concert de Daryl Hall et John Oates au Québec, le 21 juin au Centre Vidéotron, n'a pas pour but de présenter du nouveau matériel. C'est plutôt un voyage à travers le répertoire que le duo proposera. Cela dit, les vétérans s'efforcent d'y injecter une dose de nouveauté en revoyant les arrangements et même en déterrant des titres méconnus, comme Is It A Star, qui remonte à 1974. «Les bonnes chansons sont très ouvertes aux nouveaux arrangements, aux nouvelles idées, aux nouvelles façons de les présenter, croit Daryl Hall. Ce n'est rien de radical, mais ça nous garde intéressé et je crois que c'est intéressant pour le public aussi.»

  • Ces vidéoclips qu'on préfère oublier

Voilà quelque 45 ans que Daryl Hall et John Oates... (Archives Le Soleil) - image 2.0

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Archives Le Soleil

Durant les années 80, où le vidéoclip était roi, tout artiste qui espérait rejoindre les jeunes générations devait doubler ses chansons d'images. Daryl Hall et John Oates n'y ont pas échappé, se prêtant à des clips caricaturaux, où le grand maigrichon, aux coiffures extravagantes, côtoyait le petit moustachu aux habillements discutables. Tout ça dans des mises en scène parfois colorées ou abracadabrantes, qui ont mal vieilli. Aujourd'hui, Hall est le premier à admettre que ces vidéos n'ont pas bien servi le duo : «Je n'ai jamais aimé les vidéoclips, je n'ai jamais cru en ça. Je l'ai dit dans les années 80 à ceux qui m'en parlaient. Mais on devait les faire. C'était requis. Et je suis d'accord avec vous : ça ne nous a pas fait de bien. Je crois que ça altère les perceptions des gens, de ce que nous étions, ce que nous sommes et ç'a certainement dilué les chansons, qui devraient être écoutées, pas regardées.»

  • Travailler avec Fripp et Stewart
Daryl Hall a débuté une carrière solo pendant qu'il était au sein de Hall & Oates. Il a signé l'étonnant Sacred Songs (1980) avec Robert Fripp (King Crimson), malheureusement sorti de manière confidentielle, puis l'excellent Three Hearts In The Happy Ending Machine (1986), avec le hit Dreamtime, en compagnie de Dave Stewart (Eurythmics). Il n'a pas perdu de vue cette carrière solo, qui compte aussi trois autres parutions, puisqu'il achève un nouvel album. «Quand j'écris un album de Hall & Oates, c'est avec le continuum de John et moi, mais lorsque je suis en solo, je n'ai pas de restrictions, alors je traite ça comme une entité entièrement séparée et je fais ce que j'ai envie de faire à cette période. Ces jours-ci, par exemple, je fais une musique qui est très brute, de la musique américaine sudiste, avec du gospel, qui est très directe et intense au plan des textes. Ça reflète ce qui s'est passé dans ma vie durant les dernières années.»

  • Improviser à la voix
Daryl Hall n'a pas qu'une voix fluide et puissante, qui a bien vieilli - même s'il admet ne rien faire de particulier pour la garder en forme -, il l'utilise de manière unique en improvisant. Il n'est pas commun de voir un chanteur s'abandonner au plan vocal au point d'aller jusqu'à lancer des mots de manière instinctive, en demeurant cohérent. «Ça vient entièrement de mon passé, à Philadelphie, affirme-t-il. Tout ça vient du coeur. L'idée est de ne pas y penser et de laisser la voix s'envoler, exprimer ses sentiments directement. C'est le chant soul, voilà ce que c'est. Ce n'est pas restreint par quoi que ce soit, autrement que ce que je ressens. Je ne fais jamais quoi que ce soit deux fois de la même manière. J'ai appris ça de tous les chanteurs soul et gospel que j'écoutais quand j'étais jeune.»

  • Chromeo et les nouvelles générations
Hall & Oates a été découvert par les nouvelles générations, en partie grâce à l'émission Web Live from Daryl's House, diffusée depuis 10 ans, où Hall reçoit différents musiciens chez lui. En partie, aussi, par de jeunes artistes comme la formation québécoise Chromeo, qui n'a pas caché à quel point le duo l'avait influencé. Les Montréalais sont d'ailleurs allés jouer avec Hall à son émission, ce qui a donné lieu à une heureuse rencontre. «J'aime toujours collaborer avec les gens, car il y a des éléments de surprise dans l'interaction, une spontanéité qui survient. Et je crois que c'est l'essence de ce que l'on fait dans Daryl's House : on ne répète pas, on garde ça le plus frais, spontané et nouveau possible.»

  • Faire équipe avec Tears for Fears
Pour leur présente tournée, Daryl Hall et John Oates font équipe avec Tears For Fears. Ce sont les premiers qui ont eu l'idée de recruter Roland Orzabal et Curt Smith. Hall raconte : «On voulait faire une tournée et trouver une formation avec qui nous associer. L'agence avec laquelle je travaille était arrivée avec une série d'idées et de propositions, mais qui me plaisaient plus ou moins. Je ne sentais pas que c'était la bonne combinaison. Puis, je me suis rendu compte que Tears for Fears serait aussi en tournée, alors j'ai dit ''Pourquoi nous ne faisons pas ça avec eux?'' C'est une très bonne formation, ils ont fait de la musique intemporelle, très mélodique, de la musique susceptible de plaire à mon public. Alors c'était notre suggestion, nous sommes allés de l'avant avec ça et j'en suis très heureux, ça fonctionne très bien.»




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