Le MNBAQ illustre Une symphonie alpestre: morceau d'immensité  

Le regard des spectateurs a pu glisser sur... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le regard des spectateurs a pu glisser sur les larges aplats de peinture de Kanaka de Marcelle Ferron au son du Rondo burlesque de Florent Schmitt.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) CRITIQUE / Quelle formidable épopée sensorielle que celle que nous a offert l'Orchestre symphonique de Québec pour clore sa saison. J'en suis sortie ressourcée, éblouie, les yeux encore remplis de peinture et de montagnes, et un peu grisée, comme après une longue marche par jour de grands vents.

La manière de Mario Villeneuve de filmer les oeuvres d'art contemporain du Musée des beaux-arts du Québec permet de les révéler sous un jour nouveau, insoupçonné, et de les rendre terriblement vivantes. Les angles et les mouvements de la caméra en font des paysages à la fois surréels et tangibles, aux détails fascinants. 

Les quatre oeuvres de la première moitié du concert ont été choisies par Fabien Gabel dans l'exposition De Ferron à BGL, puis jumelées à de courtes oeuvres musicales. Elles étaient présentées par Eve-Lyne Beaudry, conservatrice de l'art contemporain au MNBAQ, et par le chef. Intéressantes introductions, dont certains éléments nous restaient en tête lors de l'interprétation des pièces, mais qui auraient gagné à être plus resserrées. 

Les plongées musicales et picturales étaient éblouissantes. Nous avons glissé sur les larges aplats de peinture de Kanaka de Marcelle Ferron au son du Rondo burlesque de Florent Schmitt. 

Le mariage du relief extrêmement travaillé, sinueux et sombre de Suite nordique de René Derouin (qui était dans la salle) jumelé avec Les fleuves engloutis de Bechara El-Khoury nous a fait découvrir des territoires d'une intensité dramatique peu commune. La joyeuse vivacité de Pastorale d'été de Honegger nous a ensuite permis de savourer chaque crevasse sablonneuse de Midi, temps jaune de Jean McEwen. Un pur ravissement.

On salue l'audace du chef et de Jean Letarte, directeur de l'administration artistique de l'OSQ, d'avoir choisi G-Spot Tornado de Frank Zappa pour l'oeuvre Tornade de Paterson Ewen. L'énergie déployée pour cette pièce musicale, jouée par une poignée de musiciens, était telle que nos yeux ont toutefois délaissé l'écran pour ne rien manquer de l'évènement musical, porté par de solides percussionnistes, qui s'est terminé dans un grand élan qui a éjecté les interprètes de leur siège. 

Une symphonie alpestre de Strauss, accompagnée de paysages sublimés, pourvus d'effets lumineux saisissants, était une expérience narrative, mais d'une beauté et d'une immensité magnifiques. On comprend pourquoi le chef, dont tout le corps semblait traversé par une joie profonde, rêvait de diriger une telle épopée depuis qu'il est gamin. Si les vents ont été particulièrement précis et inspirés pendant cette pièce, on se souviendra surtout de cette incomparable cohésion qui a emporté la centaine de musiciens et les a fait briller comme jamais. Nous souhaitons vivement que l'OSQ remette ça. 

Les fleuves engloutis et Une symphonie alpestre seront présentés à nouveau jeudi à 10h30 au Grand théâtre de Québec.




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