Paul Piché: 40 printemps dans le désordre

Paul Piché: «C'est certainement un cadeau de la... (La Presse, Ninon Pednault)

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Paul Piché: «C'est certainement un cadeau de la vie, pour moi, de faire quasiment partie du folklore. C'est quelque chose qui m'a échappé un moment donné. C'est curieux de penser que mes chansons sont reprises un peu partout».

La Presse, Ninon Pednault

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(Québec) Avant d'enregistrer son premier album, il y a maintenant 40 printemps, Paul Piché a fait des fouilles archéologiques sur l'île d'Orléans et à la Baie James. Puis il a planté des chansons, qui évoquent les feux de camp et la Saint-Jean, et qui se sont peu à peu enracinées dans notre bagage collectif.

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Paul Piché en 1978

Archives Le Soleil

Pour célébrer ses quatre décennies de carrière, il rêvait d'un grand spectacle rassembleur : «J'ai voulu mettre tout mon public ensemble, dans une grande salle, avec des invités, parce que quand tu veux faire la fête, tu ne veux pas faire ça tout seul». À Montréal, en mars, il avait convié Koriass, Safia Nolin, 2Frères et Éric Lapointe. À Québec, les deux derniers céderont leur place aux Trois Accords et à Vincent Vallières. 

Des invités plus jeunes que lui, qui viennent faire ses chansons à leur façon. «C'est Paul Piché aujourd'hui. Si j'étais arrivé [dans l'univers musical] aujourd'hui, j'aurais peut-être été un Koriass ou un Vincent Vallières», avance-t-il.

Son fils Léo, avec qui il a composé plusieurs chansons de son dernier album, De ce côté de la Terre, et sa fille Léna, 10 ans à peine, viendront aussi le rejoindre sur scène.

S'accrocher les pieds

Québec a une place privilégiée dans le parcours du chansonnier. «C'est là que ça a commencé pour moi. Je suis parti des Laurentides pour aller me promener un peu partout, et je me suis accroché les pieds à Québec. Il y avait vraiment moyen de faire du nouveau, pas juste en chanson, mais en théâtre, en blues et jazz», se souvient-il.

Il écrit ses premiers couplets sur l'île d'Orléans pendant un été qui s'étire et trouve son premier public à La boîte, sur la rue Saint-Jean.

Après ses études en anthropologie, il est allé fouiller à la Baie James, pendant deux ans. «On fouillait avec les Cris sur des territoires qui allaient être inondés. Ça a été une des périodes les plus marquantes de ma vie, une période charnière pour ma conscience de l'environnement et des différentes cultures. Quand tu passes deux mois dans un tipi au fin fond de nulle part, ça marque. L'archéologie m'a toujours manqué, j'adorais ça. Ça m'a appris la patience et la profondeur des choses.»

L'archéologue avait toujours sa guitare avec lui, et, de fil en aiguille, il a rangé sa truelle. Lorsqu'il fait la première partie d'un spectacle de Beau Dommage à Sainte-Thérèse, il retient l'attention de Robert Léger, qui lui offrira de réaliser son premier album, À qui appartient l'beau temps?, où on trouve les titres bien connus comme Heureux d'un printemps et Y'a pas grand-chose dans l'ciel à soir

«Il était à cette époque-là sur les freins à l'idée de faire une carrière, il était à l'apogée de son extrémisme politique et aller signer des contrats d'album avec des compagnies, il avait peur un peu de perdre de sa pureté, d'être récupéré par le système», raconte Léger sur le documentaire audio Autour du beau temps, réalisé à l'occasion du 35e anniversaire de l'album. «C'était un mélange de courage, de peur et de naïveté, répond Paul Piché. La peur venait de briser le rêve. Si ça ne marchait pas, je ne savais pas ce que j'allais faire après.»

Ça a marché et, 40 ans plus tard, on ne peut que constater que l'album a traversé le temps.

«On reste attaché aux premières chansons des artistes qui durent, que ce soit Gilles Vigneault ou les Rolling Stones. C'est normal, c'est comme ça qu'on les a connus, c'est la première rencontre, on s'en souvient toujours. Évidemment, ça prend d'autres moments marquants [dans une carrière], moi il y a eu Le chemin des incendies en 1988, avec des chansons comme J'appelle, et j'ai toujours fait des shows», constate Paul Piché. 

User ses semelles

En Paul Piché, il y a l'auteur-compositeur-interprète, mais il y a aussi le militant, qui réclame la souveraineté du Québec et qui défend la justice sociale et les causes environnementales. Il ne fait pourtant pas de la musique le principal véhicule de ses convictions politiques et sociales. «J'en exprime peut-être seulement le dixième dans mes chansons, note-t-il. Une chanson pour moi, c'est d'abord une émotion qu'on arrive à nommer, où on se reconnaît et on se retrouve. La solidarité humaine m'a toujours ému, et quand elle se manifeste ou qu'elle est remise en cause, c'est là que mes chansons deviennent engagées.»

Ses préoccupations écologiques le font user ses semelles dans les manifestations, mais la mère de toutes les causes demeure pour lui la question nationale. «J'aimerais qu'on aille au bout de cette idée-là d'être indépendant. Chaque fois qu'il y a eu des reculs sur ça, il y a eu des reculs sur tout le reste», plaide celui dont les succès font partie du catalogue officiel de la Fête nationale.

 «C'est certainement un cadeau de la vie, pour moi, de faire quasiment partie du folklore. C'est quelque chose qui m'a échappé un moment donné. C'est curieux de penser que mes chansons sont reprises un peu partout», observe-t-il.

 Sur ses 40 ans de carrière, il a toutefois connu des moments plus difficiles. En plein règne du disco, dans les années 80, il peine à faire jouer ses chansons par les radios. «Je n'étais pas le plus populaire. J'ai gagné un seul Félix dans ma carrière, alors que la plupart de mes collègues en ont quatre ou cinq chez eux. Je faisais mes chansons tranquillement, je n'étais pas très prolifique, mais j'ai misé sur la durée.»

Il a un nouvel album dans ses cartons et aura une nouvelle chanson, sans titre encore, à offrir aux spectateurs au Centre Vidéotron.

Vous voulez y aller?

  • Quoi: tournée 40 printemps
  • Qui: Paul Piché, avec Les Trois Accords, Safia Nolin, Koriass et Vincent Vallières
  • Où: Centre Vidéotron
  • Quand: samedi 20 mai, 20h
  • Billet: 55 $ à 80 $
  • Info: www.lecentre videotron.ca et www.ticketmaster.ca 




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