Opéra-bouffe de fantaisie

La mezzo-soprano Julie Boulianne (Rosina) et le baryton... (Le Soleil, Jean Marie Villeneuve)

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La mezzo-soprano Julie Boulianne (Rosina) et le baryton Armando Noguera (Figaro) en compagnie de Yukie, l'ami canin.

Le Soleil, Jean Marie Villeneuve

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(Québec) Faut-il camper Le Barbier de Séville au XVIIe siècle ou actualiser la fable? Le metteur en scène Morris Panych a choisi une troisième option : raconter les amours de Rosina et du comte Almavira et les ruses de Figaro dans un décor surréaliste, qui semble fait de sucre en poudre et de bonbons, et dont les formes évoquent les créations de l'architecte Gaudi.

L'Opéra de Québec reprend une production du Pacific Opera Victoria du Barbier de Séville de Rossini, dirigée par le chef Timothy Vernon pour le côté musical et par Panych pour le côté théâtral. Le Soleil a rencontré le metteur en scène ainsi que le baryton Armando Noguera (Figaro) et la mezzo-soprano Julie Boulianne (Rosina). La salle de répétition était vaillamment défendue par Yukie, l'ami canin de Julie Boulianne, qui participe joyeusement à la frénésie des préparatifs.

«Ça faisait longtemps que je n'avais pas visité le rôle, et je me rends compte que je retrouve ce personnage avec un confort accru, constate la mezzo. Le Barbier est une oeuvre que Rossini a écrite lorsqu'il était assez jeune, je crois qu'il n'avait pas encore tout à fait bien compris l'essence de la voix, il écrivait bien, mais les voix se promènent beaucoup dans les extrêmes. C'est très exigeant vocalement, mais mon but, ce mois-ci, est de trouver du plaisir à jouer.»

Noguera croit lui aussi que les oeuvres de Rossini constituent «un répertoire à risque» où le jeu, la virtuosité du chant et les multiples tribulations des personnages exigent d'être dans un perpétuel état d'écoute. «Et à certains moments, il n'y a plus que le plaisir de la musique, et cette musique va nous faire danser, nous faire sauter, nous faire perdre la tête. C'est jubilatoire!» expose le baryton. 

Ici, le plaisir et la jubilation sont visiblement une affaire de groupe. «C'est vraiment un opéra d'ensemble, observe Julie Boulianne. Il y a des opéras où on peut davantage penser à soi et à son rôle, mais dans Le Barbier, il se passe tellement de choses qu'il faut vraiment rester en contact avec les autres tout le temps.»

Les deux interprètes ne faisaient pas partie de la distribution au Pacific Opera Victoria, mais ont déjà endossé leurs rôles respectifs à de nombreuses reprises. Figaro fut le tout premier rôle d'Armando, au Teatro Colón de Buenos Aires, alors qu'il avait 21 ans. Sa collègue a quant à elle interprété Rosina pour la première fois en 2007, en Israël. Un souvenir tout spécial, puisqu'il est associé à sa rencontre avec le ténor Antonio Figueroa, qui est devenu son conjoint. Ce dernier reprend le rôle du comte Almavira et lui chantera donc la pomme sur scène.

Oublier le chant

«Parfois les interprètes appréhendent de reprendre des rôles dans des productions déjà créées, mais dans ce cas-ci, ça se passe incroyablement bien, indique le metteur en scène Morris Panych. Nous avions déjà une bonne production, nous utilisons la captation vidéo comme s'il s'agissait une carte, parce que la scénographie et l'éclairage sont très spécifiques, puis les interprètes ajoutent leurs propres couleurs.»

Placer en seulement dix jours un opéra en quatre actes, même s'il y a déjà un canevas, s'apparente à un sprint créatif et Panych, qui a lui-même écrit plusieurs comédies grinçantes et qui est un auteur et un metteur en scène bien connu au Canada anglais, ne lésine pas sur la compréhension de l'histoire et les intentions des personnages. 

«Je leur dis souvent d'oublier le chant, de se concentrer sur l'histoire, parce que c'est ce qui m'intéresse. Il y a plusieurs enjeux sociopolitiques sérieux dans l'histoire de Beaumarchais, plusieurs attaques envers l'aristocratie. Les deux personnages les plus intelligents de la pièce sont un serviteur et une femme, ce qui est très intéressant pour l'époque.»

L'intrigue prend place dans un décor fait de courbes, de rampes, de sections cachées. «Nous voulions que ça reflète la lumière, que ça créer une impression d'irréalité, comme à l'intérieur d'un rêve. Nous nous sommes un peu inspirés de Gaudi, parce que l'histoire se déroule en Espagne, aussi parce que c'est charmant, simple et fantasque, note-t-il. Je trouve ça intéressant de plonger dans un monde qui n'existe pas, que l'on peut interpréter de plusieurs manières.»

Vous voulez y aller?

  • Quoi: Le Barbier de Séville
  • Qui: l'Opéra de Québec
  • Quand: 13 mai à 19h et les 16, 18 et 20 mai à 20h
  • : salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec
  • Billets: 52 $ à 145 $
Info: 418 643-8131 et operadequebec.com




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