Pan to gému: danse et compte

Nicolas Jobin évolue sur un plateau couvert de... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Nicolas Jobin évolue sur un plateau couvert de grains de riz évoquant tantôt la neige, tantôt la glace, tantôt les planches.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / Du sport au théâtre et de l'art à l'aréna. Loin d'être irréconciliables, les deux mondes se marient de joyeuse manière sous la loupe de Nicolas Jobin, qui propose avec Pan to gému une réjouissante réflexion sur la discipline, l'expression de soi et la masculinité.

Dans un univers hybride campé quelque part entre la patinoire et le théâtre traditionnel japonais, Pan to gému (qu'on peut traduire par : du pain et des jeux) raconte l'histoire d'un dénommé Michaël Bernier, ancien joueur de hockey semi-pro devenu danseur vedette de kabuki au Japon. Alors qu'il se prépare à revêtir ses habits féminins d'onnagata, il nous raconte son parcours audacieux et atypique. 

Dans la création de ce spectacle aussi ludique que réfléchi, Nicolas Jobin part de la prémisse que la maîtrise de certaines formes d'art demande une rigueur athlétique et que l'excellence dans un sport en appelle à une alchimie qui n'est pas étrangère à celle qui fait qu'un tableau, une oeuvre littéraire ou un air de jazz peut subjuguer. Pour lui, l'art et le sport détiennent un pouvoir d'attraction similaire et provoquent des réactions semblables. En mariant à parts égales ces deux langages, Pan to gému propose un heureux voyage.

Accompagné du complice Raphaël Posadas - qui prête vie à de furtifs personnages secondaires et à un délirant maître de cérémonie nippon - et de deux musiciens, Nicolas Jobin évolue sur un plateau couvert de grains de riz évoquant tantôt la neige, tantôt la glace qui se marque sous les coups de patins, tantôt les planches où se déploient les mouvements précis du danseur. Parce qu'entre les références qui résonneront aux oreilles friandes de La soirée du hockey et les mises en contextes sur la culture japonaise, c'est souvent le mouvement qui prime, ici. Et qui fascine, aussi. 

Ambiance sportive

Cette pièce en trois «périodes» délimitées par des coups de sifflet s'éloigne un peu du décorum attendu au théâtre pour installer une ambiance empruntée aux enceintes sportives : les spectateurs peuvent y boire une bière, grignoter du popcorn ou participer à un tirage moitié-moitié. 

Nicolas Jobin prend plaisir à jouer avec les codes, qu'il utilise à son avantage... Comme dans cette entrevue impromptue comme on en voit à la sortie de la glace au hockey, quand un joueur analyse parfois maladroitement les bons coups et les accrocs. Voilà un sympathique exercice d'autodérision de la part d'un artiste qui, comme il le mentionne dans le programme, «écrit sans avoir appris à écrire» et «joue sans avoir appris à jouer». 

Au-delà du côté amusant du métissage, il se dégage de Pan to gému une véritable réflexion sur le poids culturel porté par ces institutions qui captivent le peuple et un très grand respect pour leurs symboles et leurs traditions. Que ça vienne avec un jock-strap et un bâton de hockey ou avec une perruque et un kimono. 

Pan to gému est présenté à Premier Acte jusqu'à samedi. 




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