Martha à son zénith

Dès que Martha Wainwright ouvre la bouche pour... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Dès que Martha Wainwright ouvre la bouche pour chanter, elle incarne littéralement chacune de ses paroles.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / Ceux qui ont eu la chance de suivre Martha Wainwright depuis ses débuts vous le diront: c'est sans contredit l'un de ses meilleurs spectacles qu'elle a présenté jeudi, à Québec. Forte de son récent Goodnight City, la chanteuse a offert un tour de chant à la fois généreux, intense et varié.

Au fil des ans, jamais on a douté du grand talent de Martha Wainwright. Or trop souvent, il y avait de petits éléments qui empêchaient ses performances d'être pleinement mémorables, que ce soit en raison de la structure de ses concerts ou du caractère trop spontané de certaines livraisons, avec des temps morts ou des accrochages. Rien de tout ça, jeudi. C'est une Martha en pleine possession de son art qui s'est présentée dans un Palais Montcalm rempli jusqu'au dernier balcon, défendant un répertoire judicieusement choisi, avec une équipe de musiciens de premier ordre.

Elle a ouvert en douce, armée de sa seule six cordes avec Cheminant à la ville, une chanson de sa mère, feue Kate McGarrigle, et de sa tante Anna, après quoi elle a plongé dans son récent Goodnight City avec, coup sur coup, deux des meilleures pistes de l'album, Around The Bend et Traveller.

En transe

Martha ne fait jamais dans la demi-mesure. Dès quelle ouvre la bouche pour chanter, elle incarne littéralement chacune de ses paroles. Même si elle a sa guitare en bandoulière, son corps tout entier se tortille, comme pour canaliser les émotions et l'inspiration du moment. Les genoux lèvent les uns après les autres, quand elle n'est pas en train de marteler le rythme, sur ses talons hauts. Voilà qui faisait contraste avec ses interventions où, les mains dans les poches de ses pantalons, les yeux au sol, elle racontait, l'air presque timide, de sympathiques anecdotes.

Car oui, si elle était rigoureuse dans la livraison de son matériel et qu'elle n'hésitait pas à imbriquer certaines chansons les unes dans les autres, Martha a pris le temps de jaser, notamment pour confier comment son frérot Rufus lui a pondu très rapidement la très belle Francis, une pièce pour son garçon de trois ans - qui dormait d'ailleurs, dans sa loge.

C'est à un voyage très complet dans son répertoire que Martha a convié le public, remontant jusqu'à Year of The Dragon, la première pièce qu'elle a enregistrée sur The McGarrigle Hour. Elle a aussi défendu plusieurs compositions de son premier album, que les fans n'ont pas manqué de saluer et s'est permise un détour du côté de chez Piaf, avec de fabuleuses interprétations de La Foule et de L'accordéoniste, piano-voix. Chemin faisant, elle a su varier les plaisirs, proposant des titres en groupe, d'autres en duo, d'autres, encore seule. Le public, pour lequel elle a entonné la magnifique Proserpina, en rappel, a visiblement été comblé.

Bernice

Bernice s'est chargée d'ouvrir la soirée. Pas sûr que la troupe, menée par la Torontoise Robin Dann, qui assurait aussi les choeurs pour de Martha Wainwright, était un bon casting. La dream-pop exploratoire de la bande, avec ses orchestrations dénudées, sa rythmique électronique recherchée et ses mélodies tortueuses tranchait passablement avec l'univers de Martha. Cela dit, le matériel n'était pas dénué d'intérêt et gagnerait à être apprivoisé dans un autre contexte.




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