Jean Rondeau complètement clavecin

Jean Rondeau... (Édouard Bressy)

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Jean Rondeau

Édouard Bressy

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(Québec) Il navigue entre le baroque et le jazz, il compose, il voyage, il enregistre, mais surtout, il joue du clavecin. À 25 ans, Jean Rondeau a déjà une belle carrière sur les rails.

Sacré Révélation soliste instrumental de l'année aux Victoires de la musique classique en 2015, 1er prix en clavecin du Festival de musique ancienne de Bruges en 2012, il a déjà trois disques - en deux ans - à son actif. Le plus récent, Dynastie, paru en février, regroupe des oeuvres écrites par Jean Sébastien Bach et ses fils.

Cette semaine, il jouera pour la première fois avec les Violons du Roy sous la direction de Bernard Labadie. Le Soleil a pu lui poser quelques questions dans les loges du Palais Montcalm, après sa première répétition avec l'ensemble.

Malgré sa barbe et sa chevelure en bataille qui ne manquent pas de susciter les réactions dans le monde souvent très convenu de la musique classique, le jeune claveciniste et pianiste de jazz respire la simplicité et la sincérité.

Q Comment est né votre amour du clavecin?

R J'en ai entendu à la radio quand j'avais 5 ans et j'ai été frappé par le son de cet instrument. Du coup, j'ai voulu faire ça. Je viens d'une famille ouverte à la musique, mais pas d'une famille de musiciens. Ils ont dû comprendre ce que ça signifiait pour moi lorsque je leur ai demandé de jouer de cet instrument et ils n'ont pas été fermés, heureusement.

Q Qu'est-ce qui a fait que cette envie précoce a persisté?

R Ça ne m'a jamais lâché. Quand on est enfant, c'est un amour assez irrationnel, et il reste irrationnel, mais plus on grandit et plus il est entretenu par les doutes qu'on peut avoir. J'essaie toujours de me remettre en question, et c'est ce qui fait que je continue.

Q Le clavecin vous a fait découvrir la musique baroque. Qu'est-ce qui vous plaît dans ce répertoire?

R Déjà, il est extrêmement large. Ça va du début du XVIe siècle à la fin du XVIIIe, on a des choses extrêmement différentes d'une époque à l'autre et d'un pays à l'autre. Le style a beaucoup évolué. Il y a aussi du répertoire au XXe siècle, donc il y a près de quatre siècles de répertoire de clavecin. Je trouve que c'est très difficile de s'en lasser.

Q Vous avez eu une formation très variée, en clavecin, mais également en basse continue, en orgue, en piano, en jazz et improvisation, en écriture et en direction de choeur et d'orchestre. Pourquoi avoir fait ce choix?

R Je trouve que c'est important d'avoir un travail complet, même si on se spécialise. Plus on touche à différents domaines, plus ça soulève des questions qu'autrement on n'aurait peut-être pas pu soulever. En piano, je fais de l'improvisation, qui est un concept fondamental en musique et qui aide à l'interprétation. On comprend peut-être mieux les compositeurs lorsqu'on écrit soi-même de la musique. Et la direction nous fait explorer les questions de musique d'ensemble, d'orchestration. L'idée n'est pas de s'égarer, mais dans le travail, je trouve que plus on aborde des sujets, plus on enrichit les questionnements. 

Q Quel type de musique composez-vous?

R Soit je fais des exercices assez spécifiques, soit j'écris de la musique dans un style difficile à définir. Je ne diffuse pas forcément ce que j'écris. Ça nourrit le travail visible, l'interprétation. 

Q Vous avez fait preuve d'audace dans vos choix d'enregistrement, en démarrant avec Bach pour votre premier disque et en y revenant avec le troisième. Qu'est-ce qui oriente vos choix?

R D'abord, ça part d'une envie instinctive, d'un élan. Puis se créent toutes les idées. Pour moi, un enregistrement a quelque chose d'architectural, c'est une construction. Pour Dynastie, j'avais envie d'enregistrer des concertos pour clavecin, donc c'était un peu difficile de passer à côté de la famille Bach. Ils nous permettent de voir que dans une période assez courte, il y a une évolution du style et de la forme qui est très impressionnante. C'est l'origine du concerto pour clavier, c'est un moment important dans l'histoire de la musique.

Q Vous avez créé deux groupes musicaux, l'ensemble baroque Nevermind et le quartet de jazz Note Forget. Qu'y trouvez-vous que vous ne trouvez pas dans votre carrière de soliste?

R J'aime beaucoup la notion du groupe en musique. On échange des idées, il y a quelque chose de démocratique, chacun apporte quelque chose. Ce sont de petites formations, toujours avec les mêmes personnes, donc ça permet de faire avancer le travail de manière plus intime.

Q Plusieurs médias, tant en France qu'à l'étranger, semblent avoir fait grand cas de votre allure. Comment vivez-vous avec l'étiquette de «bad boy excentrique du clavecin» qu'on vous appose parfois?

R Ça ne m'intéresse pas trop. Ce qui est dommage c'est parfois de perdre du temps à parler de ça alors qu'il y a tant de choses plus passionnantes à aborder. On est à un moment où l'image est très importante, mais à la rigueur, un musicien, on n'aurait pas besoin de savoir quelle tête il a. Je suis moi-même. Après, moi, j'essaie de travailler avec des photographes que j'aime bien, mais c'est seulement un jour par an. Les autres jours, je me concentre sur la musique.

Vous voulez y aller?

  • QuoiJean Rondeau et les héritiers de Bach
  • Quand: jeudi à 20h
  • : Salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm
  • Billet: Entre 53 $ et 66,01 $ (23 $ pour les 30 ans et moins)
  • Info: 418 643-8131 
* Le concert sera aussi présenté le vendredi 10 mars à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal




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