Annulation de la pièce Djihad: l'auteur perplexe

L'homme de théâtre Ismaël Saidi s'explique mal pourquoi... (tirée du site djihadspectacle.com)

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L'homme de théâtre Ismaël Saidi s'explique mal pourquoi la vingtaine de représentations de sa pièce Djihad prévues l'automne prochain ont été annulées dans la foulée de l'attentat à la Grande mosquée de Québec.

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(Québec) L'homme de théâtre Ismaël Saidi s'explique mal pourquoi la vingtaine de représentations de sa pièce Djihad prévues l'automne prochain ont été annulées dans la foulée de l'attentat à la Grande mosquée de Québec. Surtout qu'il y a quelques mois à peine, le maire Régis Labeaume décrivait justement ce spectacle comme «le meilleur outil» contre la radicalisation.

Joint en Europe, l'auteur, metteur en scène et comédien belge d'origine marocaine demeurait perplexe devant les raisons qui lui ont été données pour justifier l'annulation. «Ça disait en gros qu'on ne voulait pas froisser les musulmans de la ville de Québec», résume Ismaël Saidi, qui avait répondu positivement à l'invitation du maire Labeaume après une participation à la conférence de l'UNESCO contre la radicalisation organisée fin octobre. Il a appris il y a quelques jours que sa pièce n'était plus la bienvenue dans un message que lui a fait parvenir la directrice du Carrefour international de théâtre, Dominique Violette, à qui la Ville avait confié la logistique du projet. 

«C'est la première fois que j'ai ce genre de réaction, reprend M. Saidi. J'ai répondu de manière polie, mais assez franche en disant que moi, je ne peux pas accepter ce genre de remarques. Je suis l'auteur de la pièce, je l'ai mise en scène, je joue dedans et je suis musulman pratiquant, aussi. Je ne peux pas accepter que vous pensiez à ma place, que vous pensiez que ça risque de froisser.»

«Justesse et finesse»

Décrite comme une tragi-comédie qui s'amuse avec les «clichés de toutes les religions», la pièce d'Ismaël Saidi raconte l'histoire de trois Bruxellois qui partent en Syrie. L'automne dernier, Régis Labeaume n'avait pas ménagé ses éloges après avoir assisté à Djihad : «Je trouve que c'est fabuleux, avait-il observé. C'était d'une justesse et d'une finesse dans les propos, dans la structure. Je ne vois pas de meilleur outil. J'aimerais voir s'il serait possible de faire des représentations ici, de faire le tour des écoles et de certains quartiers.»

Certaines écoles qui avaient manifesté un intérêt se sont semble-t-il désistées à la suite de la fusillade du 29 janvier. Une réaction qui a poussé l'administration Labeaume à revoir ses plans. «Ça n'enlève rien à la qualité de la pièce. C'est vraiment une affaire de perception et de timing», note l'attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin. «On trouve toujours que c'est une bonne idée. C'est juste que depuis, les circonstances ont changé. Les gens cherchent un peu leurs repères, actuellement. Attendons un peu», ajoute M. Nolin. 

Au Carrefour international de théâtre, on a précisé mardi soir que des dates avaient été réservées au nom de la Ville en vue d'une diffusion de Djihad l'automne prochain, mais qu'aucun engagement formel n'avait été pris. La décision de libérer ces dates a été confirmée après une réunion qui s'est tenue à l'hôtel de ville le 21 février. 

«La discussion [...] ne portait pas sur le fait de renoncer à parler de radicalisation à la suite de l'attentat à la mosquée de Sainte-Foy le 29 janvier dernier, bien au contraire, indique le communiqué. Toutefois, il est devenu essentiel pour la Ville de prendre le temps de bien évaluer si la présentation d'un spectacle comme Djihad, qui aborde le sujet en mettant en scène uniquement des personnages de la communauté musulmane en situation de radicalisation, était l'outil approprié.»

Ismaël Saidi ne ferme de son côté pas la porte à un retour si l'invitation se représente. «Nous, on a joué devant des musulmans, des non-musulmans, des imams, des rabbins, des athées... Enfin tout le monde! détaille-t-il. On a même joué à Paris devant des victimes du Bataclan. Des gens qui se sont fait tirer dessus, des gens qui ont perdu des proches dans la salle. Si ces gens-là n'ont pas été froissés, je pense que ça va.»




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