Des Cowboys fringants depuis 20 ans

En 20 ans de tournées, Les Cowboys Fringants se sont forgé un soir à la fois... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) En 20 ans de tournées, Les Cowboys Fringants se sont forgé un soir à la fois une réputation de solides bêtes de scène et de redoutables maîtres du party qu'ils maintiennent encore à ce jour. Alors qu'ils ont reçu jeudi le prix RIDEAU Hommage soulignant leur apport «à la vitalité de l'industrie du spectacle», Le Soleil s'est invité dans les coulisses du Grand Théâtre pour revisiter avec Karl Tremblay, Marie-Annick Lépine, Jean-François Pauzé et Jérôme Dupras quelques moments marquants (ou plus ou moins reluisants!) de leurs deux décennies sur la route.

Le chanteur des Cowboys Fringants, Karl Tremblay, nous prévient d'emblée : «La plupart de nos shows sont weird.» N'empêche... Le groupe ne manque pas d'anecdotes colorées lorsqu'on lui demande de raconter des moments de scène qui sortent de l'ordinaire. 

Chutes involontaires... ou pas

Marie-Annick Lépine : «La dernière fois qu'on a joué au Théâtre Palace Arvida à Jonquière, Karl a fait une steppette et il est tombé en bas de la scène. En tassant le public avec ses deux bras pour ne faire mal à personne, il n'avait plus de main pour se protéger, donc il s'est ramassé le nez à terre. Il est remonté finir la toune avec le sang qui lui coulait dans la face. C'était spectaculaire... Mais il y a eu un petit froid, quand même!»

Les Cowboys Fringants en 2006... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Les Cowboys Fringants en 2006

Photothèque Le Soleil

Jean-François Pauzé : «Ç'a été un gros malaise... Suivi d'une euphorie quand il est remonté sur scène tout ensanglanté.»

Jérôme Dupras : «Karl s'est aussi lancé du deuxième étage Chez Maurice à Saint-Lazare. En fait, il s'est lancé de partout... Mais là, il s'était lancé du balcon dans la foule.»

Karl Tremblay : «J'étais plus svelte à l'époque, on s'entend... Mais cette fois-là, le propriétaire n'était pas très content. Parce que c'était dangereux et qu'il n'avait pas d'assurances pour ça.»

Marie-Annick : «Il aurait pu casser des bras... Mais dans le feu de l'action, on ne pense pas à ces détails-là!»

Les Cowboys Fringants en 2016... (Photothèque Le Soleil) - image 3.0

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Les Cowboys Fringants en 2016

Photothèque Le Soleil

Projectiles en tous genres

Au fil de sa carrière derrière le micro, le chanteur Karl Tremblay raconte avoir reçu deux canettes de bière en plein visage. Des canettes pleines, de surcroît. «Mais c'était de ma faute, nuance-t-il. J'ai demandé aux gens pourquoi ils avaient de la bière et pas moi. La première, c'était autour de 2003, dans un sous-sol d'église à Havre-Saint-Pierre. Les gens avaient des six-packs accrochés à leur ceinture. Je chantais et je l'ai reçue dans les dents. C'est arrivé encore cette année, je pense que c'était à Saint-Jérôme.»

Son comparse Jean-François Pauzé a quand même de quoi le relancer : «J'ai déjà reçu une sandale dans la face. Une bonne sandale en cuir. Ça surprend, quand même, devant 20 000 personnes dans un show de la Saint-Jean!» rigole-t-il.

Public sous influence... ou trop sautillant

«Une fois, à Alma, il y avait eu un gros arrivage de LSD dans la ville. Au moins la moitié du public en avait pris. On jouait devant une gang de semi-zombies», raconte Jérôme Dupras. «C'était une salle avec un plafond bas, ajoute Karl Tremblay. Les gens faisaient du body-surfing et ils se brûlaient sur les lumières. Complètement absurde!»

Pas trop loin de là, les Cowboys se rappellent avoir vu apparaître des poutres de métal pour soutenir le plafond de leur loge, située sous la salle. «À Jonquière, une fois, ils ont dû installer des poudres de métal dans la loge parce que ça sautait trop et qu'ils avaient peur que le plancher s'effondre», relate Jean-François Pauzé. «On est arrivé à l'entracte et on a vu ça... Disons que ce n'était pas trop rassurant!» renchérit Marie-Annick Lépine.

Jeu de Tetris dans la camionnette de papa

Les Cowboys Fringants ont eu leur baptême des planches tout juste sortis de l'adolescence... Et ils ont pu compter sur le soutien parental pour commencer à faire du millage. «Personne n'avait d'auto, mais les parents de Marie-Annick avaient une minivan qu'ils nous prêtaient, raconte le bassiste Jérôme Dupras. Pour remplir la camionnette, c'était comme un jeu de Tetris. Le père de Marie-Annick, c'est un prof de math, un cartésien. J'ai l'impression qu'il pensait à son modèle de valises pendant toute la matinée avant qu'on parte! Tout était imbriqué, on embarquait dans le camion et on partait! Et il fallait arriver tôt parce qu'on n'avait pas d'aide technique...»

Les superfans récompensés

Ils portent des surnoms comme «Toaster» ou «Dean». Et ils méritent la palme des spectateurs les plus assidus des Cowboys Fringants, ayant franchi la barre des 170 concerts. Si bien qu'ils n'ont plus besoin de dépenser un sou pour voir leur groupe préféré sur scène. 

«Ça nous a forcés à instaurer une politique. Quand quelqu'un voit plus de 150 concerts, il est sur la liste d'invités à vie», avance Jérôme Dupras. Une pratique que les Cowboys ont semble-t-il inculquée à d'autres... «On a un peu forcé la main à Mario Pelchat en Suisse, rigole Jean-François Pauzé. Une femme en était à son 200e concert de Mario Pelchat. On a dit : "Voyons donc Mario, qu'est-ce que tu fais!" Comme la fan était juste à côté, il s'est engagé à faire comme nous.»

Pour la petite histoire, ladite «Toaster» est une admiratrice nommée Marie-Ève et originaire de Trois-Rivières. Et c'est dans la capitale qu'elle a mérité son pseudonyme. «C'était à la salle Octave-Crémazie en 1999 ou en 2000, se rappelle Marie-Annick Lépine. Jérôme avait ramassé un grille-pain dans la rue. Pour faire une blague, on l'avait fait tirer. Il y a toutes sortes de choses qui se passent dans un show des Cowboys. Déjà à nos débuts, c'était comme ça.»

Parents en tournée

En devenant parents, les membres des Cowboys Fringants ont revu l'organisation et le rythme de leurs tournées... Mais ils n'ont jamais souhaité s'éloigner trop longtemps des planches. «C'est compliqué pour Karl et Marie-Annick parce qu'ils ont deux filles ensemble, note Jérôme Dupras. Mais je pense que notre identité, c'est qu'on est un groupe de scène. On aime faire des albums et de nouvelles chansons. Mais notre histoire d'amour avec le public, c'est vraiment construit autour de la scène. Oui, ç'a changé, on a fait des aménagements pour la famille, mais le désir de faire de la scène ensemble, c'est resté très fort.»

Les flops

Si la carrière scénique des Cowboys Fringants a été couronnée d'un indéniable succès, la formation n'a pas été à l'abri de quelques échecs. En voici une sélection décrite à grand renfort d'éclats de rire par les principaux intéressés. 

Jérôme Dupras : «Notre première tournée un peu organisée a été celle des cégeps, autour de 1998, 1999. On a malheureusement souvent joué sur l'heure du midi, dans la cafétéria, avec des gens qui  nous regardent d'un air désintéressé entre deux bouchées de poutine.»

Jean-François Pauzé : «C'était surtout intense pour l'heure du réveil. Dans ce temps-là, on se levait très tard. Pour un show à Sherbrooke ou Québec, fallait partir à 6h ou 7h, faire un soundcheck à 10h... Karl, à l'époque, je pense qu'il se levait à 16h pas mal tout le temps. Donc pour lui, faire un show le midi... Je pense qu'une fois, il n'avait même pas dormi.»

Marie-Annick Lépine : «On n'en a pas fait tant et heureusement, parce qu'on n'était vraiment pas bons. On était plus dans un rythme de vie de soir. Ça ne nous collait pas trop à la peau.»

Jérôme Dupras : «On avait fait la tournée Bud Rock en 1999 avec Noir Silence. C'était eux, la tête d'affiche. On devait faire 20 dates, ç'a finalement été deux dates. On est arrivé à Victoriaville et la salle était vide. On a assisté en direct au départ de deux membres du groupe.»

Marie-Annick Lépine : «Pour l'album Break syndical, on nous avait proposé d'aller faire une vitrine devant les diffuseurs du ROSEQ. Notre gérant nous avait dit que si ça allait bien, on aurait au-dessus de 18 shows l'été suivant dans cette tournée et que si ça n'allait pas bien, on en aurait neuf au minimum. Finalement, on en a eu zéro.»

Jérôme Dupras : «On venait de s'humilier et en revenant, on a pogné un ticket de 400 $.»

Karl Tremblay : «On reçoit le prix RIDEAU, mais on ne recevra jamais le prix ROSEQ!»

RIDEAU décerne ses prix

Outre l'hommage décerné aux Cowboys Fringants, plusieurs artistes et diffuseurs ont été récompensés jeudi soir en clôture de la 30e Bourse RIDEAU. Parmi les lauréats, le Théâtre du Gros Mécano, installé à Québec, a remporté un prix qui lui permettra de se produire lors de la prochaine FrancoFête en Acadie. Les auteurs-compositeurs-interprètes Alejandra Ribera (également récipiendaire d'une bourse soulignant l'audace de son projet) et Alexandre Désilets ont aussi retenu l'attention du jury et se verront respectivement offrir des vitrines au ROSEQ et aux FrancoFolies de Montréal. Thomas Hellman bénéficiera de soutien pour se produire en Europe francophone. Le directeur de Spect'Art Rimouski, Jacques Pineau, a de son côté reçu le prix RIDEAU Reconnaissance lors du gala animé par Sophie Faucher et Fred Savard.




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