Alexandre Da Costa: passer le concert au défibrillateur

Le nouveau spectacle d'Alexandre Da Costa sera visuellement... (Laurence Labat)

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Le nouveau spectacle d'Alexandre Da Costa sera visuellement différent de ses concerts habituels, avec des projections, des éclairages et des narrations.

Laurence Labat

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(Québec) Après 20 ans à respecter scrupuleusement les us et coutumes des concerts de musique classique, Alexandre Da Costa a décidé de passer le modèle au défibrillateur et développer un autre type de spectacle, plus moderne et davantage ancré dans le XXIe siècle.

Son plus récent opus, Stradivarius à l'Opéra, où il reprend des airs d'opéra célèbres en compagnie de l'orchestre de Vienne, prendra une toute nouvelle dimension sur scène, avec des projections, des éclairages et des narrations.

La conception visuelle et la scénographie ont été confiées à la firme montréalaise Silent Partners (qui a travaillé avec Taylor Swift, Selena Gomez et P!NK, mais aussi avec l'Opéra de Montréal). Le violoniste s'est associé aux productions Jacques K. Primeau, qui coproduisent notamment Tout le monde en parle.

La première de ce concert «nouveau genre» aura lieu à Québec, au Palais Montcalm, vendredi. 

Q Que souhaitez-vous présenter au public avec Stradivarius à l'opéra?

R Une expérience complète, comme ce qu'on voit dans les concerts de musique pop ou de théâtre, avec du visuel, une structure et un rythme de spectacle. On veut que ce soit beau, intéressant, excitant, même s'il y a une profondeur musicale.

Q Qu'est-ce qui sera proposé, visuellement?

R On a choisi des tableaux. Il y aura des projections et des décors. Le programme s'y prête beaucoup, puisque l'opéra raconte des histoires. On passe de Carmen, qui évoque le feu, l'Espagne, la chaleur, aux Maîtres chanteurs de Nuremberg de Wagner, qui puise dans les légendes du Nord de l'Europe. Ça nous donne beaucoup de possibilités, donc on a fait des choix pour qu'il y ait un accord entre la musique qu'on entend et ce qu'on voit. Et je crois qu'on a réussi. 

Q Pourquoi aviez-vous envie, à ce point-ci de votre carrière, de trouver une nouvelle manière de faire des concerts?

R Pendant 20 ans, j'ai joué partout dans le monde des pièces pour violon très difficiles, mais je me suis rendu compte que même si mon répertoire est plutôt large, les mêmes pièces reviennent régulièrement. J'ai joué le concerto de Tchaïkovski 140 fois! C'est très beau, je ne dis pas que je ne veux pas le refaire un autre 140 fois, mais chaque fois que je m'y replonge pour pousser mon art plus loin, je me dis que ce serait bien d'avoir des projets différents, qui suscitent mon intérêt autrement. 

Q La musique classique vous imposait-elle un certain carcan?

R En musique classique, on se concentre uniquement sur la qualité musicale. On ne se demande pas quelle sera la mise en scène du concert. Elle est déjà préétablie : tout le monde s'habille pareil, on refait toujours la même petite danse au début et à la fin du concert. Là, la musique aura le même degré de professionnalisme, mais tout ce qu'il y aura autour sera aussi bien élaboré et pensé. 

Q Personnellement, aviez-vous besoin de plus de liberté?

R J'ai eu beaucoup de pression pour que tout soit toujours parfait, très contrôlé, très conservateur. Mon image était contrôlée jusqu'au moindre petit détail... la manière dont j'étais habillé, même la manière dont je souriais sur scène. Maintenant, j'ai envie de prendre mon art et de l'adapter pour des événements différents.

Q Était-ce ce que vous aviez en tête en acceptant de jouer l'hymne national avant une partie du Canadien sur la glace du Centre Bell?

R C'était la première fois qu'il y avait un violon pour jouer avant une partie professionnelle d'une ligue majeure. Jouer d'un instrument aussi sensible sur une glace, ce ne sont pas les meilleures conditions, mais ça va rejoindre des dizaines de milliers de spectateurs d'un coup et peut-être que sur le lot, certains auront envie de se mettre au violon.

Q Pour Stradivarius à l'Opéra, pourquoi vous êtes-vous tourné vers des collaborateurs québécois qui oeuvrent habituellement dans d'autres domaines?

R Ils sont habitués à gérer des arts de la scène de haut niveau et à exporter ce qu'on a à l'étranger. C'est vers ça qu'on se dirige avec ce spectacle. C'est la première fois dans ma carrière que j'ai à faire avec une équipe chevronnée qui met de l'avant des aspects autres que la musique. J'ai vraiment l'impression d'être enrobé dans une structure artistique professionnelle comme on en voit dans les grands spectacles où tout est intégré, comme ceux du Cirque du Soleil. Il y a une mentalité de créateur au Québec qu'il n'y a pas ailleurs au monde. Vienne est un endroit magnifique pour recréer ce qui se faisait de mieux dans le passé. Mais maintenant, pour le spectacle produit ici au Québec, on veut aller dans le futur. 

Q Ce virage est-il nécessaire, selon vous, pour renouveler le public des concerts de musique classique?

R Il faut préserver des traditions, mais il faut aussi être de notre temps. Il faut que même nous, les musiciens de classique, qui sont des gardiens du passé, acceptions d'évoluer si on veut toucher les gens plus jeunes ou à la recherche de nouveaux intérêts. 

Q Vous ne tournez toutefois pas complètement le dos au concert traditionnel, si on regarde vos prochains engagements...

R Je continuerai d'agir comme soliste invité avec les orchestres. L'an prochain, je jouerai avec les orchestres symphoniques de Montréal, Winnipeg et Edmonton, en plus d'aller en Autriche et en Espagne, mais à partir de maintenant, je garde aussi du temps pour les concepts comme celui de Stradivarius à l'opéra. À partir de maintenant, je crois que ce sera très difficile pour moi de penser à un concert de répertoire sans imaginer un concept complet autour.

Vous voulez y aller?

Qui : Alexandre Da Costa

Quoi : Stradivarius à l'opéra

Quand : vendredi 17 février, 20h

: Palais Montcalm

Billets : 58 $

Info : 418 641-6040




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